Spiegel, général autrichien
2. Cf. Pour la constitution delà Commission mixte dans C' Weil. JoacAim Murât, la dernière année de règne, 515 et 524-527. Bellegarde à Hager, 6 décembre 1814 (Acten der Polizei Hofstelle. F. 568, 4713) et 27 décembre 1814 {R. Archivio di Staio Milan) {Atti Segreti).
3. Je n'ai donc pas jusqu'à cette heure joui en quoi qne ce soit du péché.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 733 1155. Saint-Pétersbourg, 17-18 décembre 1814 (F. 6. 4902 ad 3565).
Anonyme à la Princesse BAGRATION (Intercepta) (en français).
Le correspondant se ralie au jugement du prince de Ligne sur le Congrès. Alexandre aurait dû, au lieu de négocier, imposer ses volontés à l'Europe.
Je suis entièrement de votre avis et encore plus : « Que tout ce dont on est forcé de s'apercevoir, on aurait bien pu se donner la peine de le prévoir d'avance. » Il est étonnant qu'avec autant d'esprit, de connaissance, de lumière et d'expérience, on ne se rappelle jamais que le passé (sic) et on ne veuille pas pressentir l'avenir. Que le Ciel fasse que cette nouvelle réunion des Géants de la terre ne renouvelle pas l'exemple de la Tour destinée à escalader le Ciel !
Je me tiens à l'avis de votre prince octogénaire (1), dont l'esprit jeune et juste a tracé en grand peintre le portrait du fameux Congrès de Vienne, en disant qu'il danse et ne marche pas. Combien je regrette que notre auguste et magnanime Empereur, le plus puissant, non seulement par sa puissance, mais plus encore par ses sentiments et sa grande âme, qui a tant fait pour le bonheur de l'Europe, n'ait pas voulu, au lieu de le négocier, le commander lui-même. Cela était certainement mieux et le plus sûr.
Travaillons maintenant à faire entendre aux sourds, à rendre philanthropes les élèves de Mars, muets les canons et à mettre d'accord les dissidents. La Providence, qui souvent d'une main invisible et cachée mène les événements de ce bas monde, le hasard ou la peur, qui commanda naguère la réunion et la bonne harmonie de tant de braves, peuvent encore nous accorder des succès inespérés. Mais il faudra y recourir pour tâcher de bien terminer ce qui a été mal commencé. Mais Basta ! je craindrais de trop dire.
1. Le prince de Ligne, qui venait de mourir presque au moment môme où l'on écrivait cette lettre à la princesse Bagration,
1156. Vienne, 27 décembre 1814 (F. 6. 5138 ad 3565).
HAGER à l'EMPEREUR
Bordereau et rapport journalier du 27 décembre 1814.
A signaler parmi les intercepta :
Stein au comte Solms-Laubach (Envoi d'un manuscrit : Ansichtenûber die gegenwœrtige Verfassung der Rheinzœllé).
Stein à Vallmoden (Envoi du manuscrit : Notions sur la campagne des Alliés contre le maréchal Davout).
Stackelberg à Nesselrode (2 paquets de papiers).
Gastlereagh à Hardenberg (Il demande par ordre du Prince Régent une audience au roi de Prusse).
Gastlereagh à Nesselrode (Même demande pour l'Empereur de Russie).
Gastlereagh à Lœw^enhielm (Il lui envoie sur sa demande copie des articles secrets du Traité de Chaumont ainsi que du relevé des dépenses faites par l'Angleterre en 1814 pour la guerre contre la France).
Hager signale en outre à l'Empereur Texistence d'une correspondance très suivie entre Gagern et lord Clancartj.
1157. Vienne, 26 décembre 1814 (F. 6. al 3565).
.... à HAGER
Surveillance de Sc'.iœnbrunn (1).
Neipperg et Gornacchia ont été tous deux ce matin chez Marie-Louise.
Bausset demande la permission d'engager un domestique de plus pour le prince de Parme (roi de Rome). Marie-Louise lui déclare qu'elle ne l'y autorisera que lorsque son sort sera fixé et lorsqu'elle saura quand elle partira de Schœnbrunn.
1. La surveillance de Marie- Louise a été remplacée par celle de Schœnbrun, ce qui revient du reste absolument au même.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 735
1158. Vienne, 26 décembre 1814 (F. 6. ad 3565).
Nota à HAGER (en français).
Bruit relatif à la création d'un nouveau royaume d'Italie. L'harmonie rétablie entre les deux empereurs.
On parle vaguement d'un nouveau royaume d'Italie et d'en faire l'échange avec la Bavière proprement dite. L'Autriche contre-balancerait ainsi la Prusse, si celle-ci obtient la Saxe.
Razoumoffsky dit à qui veut Tentendre que la meilleure harmonie règne entre les deux empereurs pour le bien-être général de l'Europe. Du reste, il est tout aussi taciturne sur les détails que les autres Ministres.
WEYLAND à HAGER
L'arrogance des Prussiens. Il leur faut la Saxe et les provinces i-hcnanes. Les Prussiens (1) ont repris leur ton arrogant et cassant. Ils déclarent que la Saxe leur est due et que le salut de l'Allemagne exige qu'ils aient les Provinces Rhénanes.
1160. Vienne, 26 décembre 1814 (F. 6. ad 3465).
0 0 à HAGER
L'arbre de Noël chez Arnstein. Une soirée chez Gastlereagh. Le Prince Eugène et le Prince royal de Bavière. Ce que les Hollandais y ont dit de la Prusse.
Grande réunion avant-hier chez Arnstein pour l'arbre de Noël. On y voyait Hardenberg, Jordan, Hoffmann (2), le prince
1. Cf. ïalleyrand au Roi, Vienne, 4 janvier 1815, Dépêche n" 19, Pallain. correspondance inédite, etc., etc. Page 210 ; d'ANOBBERO, 1869-1874. Conférence du 30 décembre 1814. Projet de Convention proposé par les plénipoîntiaires de Russie. Sohel, l'Europe et la Révalntion française. Tome Vlll,
îges 404-411.
1. Hoffmann (Jean-Godefroy) (1765-1847), professeur d'économie politique à Lœnigsberg, conseiller d'Etat (1808), assista au traité de Paris et au congrès le Vienne et suivit le prince de Hardenberg dans plusieurs missions diplolatiques. Auteur de la brochure : Preussen und Sachsen.
Radziwill, Bartholdi, tous les parents baptisés et circoncis des maîtres de la maison, et chacun des invités reçut un cadeau pris sur l'arbre... Hardenberg s'est beaucoup amusé, mais Humboldt n'y était pas...
Hier soir, beaucoup de monde chez Gastlereagh. Je cite les personnages les plus marquants : Le prince Eugène, tout à fait avant dans Tintimité de ladj Gastlereagh ; le prince royal de Bavière avec Washington (1). Le prince a un organe des plus désagréables. Depuis son arrivée à Vienne, il prend des leçons de grec. Je l'ai entendu hier parler l'anglais et Titalien et on ne s'est pas privé de se moquer de lui derrière son dos. Les belles Anglaises surtout s'en donnaient à cœur joie. Le prince royal semble faire grand cas du prince Eugène qu'il appelle à tout instant : Che7' beau- frère.
Le Cher beau-frère a énormément d'esprit, de connaissances. Il a grand air, est beau et élégant, ce qui explique facilement la grande influence qu'il exerce sur les princes, les ministres et les dames, qui ne se gardent pas assez, mais surtout sur l'Empereur Alexandre.
Il y avait encore chez Gastlereagh le cardinal Gonsalvi, les deux Bernstorff, lord Stewart, Stratford Canning (2), Gagern, Persoon, le secrétaire de la légation de Hollande, le comte Munster, plusieurs Italiens, Binder, Floret, la Princesse Jablonowska, quelques Portugais et Espagnols.
Les Hollandais y ont dit que la Prusse ne considérerait pas la Saxe une compensation suffisante pour la perte de la Pologne prussienne et qu'elle réclamerait en outre Liège, Luxembourg et des indemnités sur la rive gauche du Rhin, et que ces prétentions retarderaient forcément la solution de la question de la Belgique.