‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 803 sur 842 · Conseiller de la légation de Prusse · texte numérisé non relu

Conseiller de la légation de Prusse

présentants étaient peu satisfaits de l'empressement avec lequel le président avait publié les pièces relatives à la négociation de Gand et l'accusaient de l'avoir fait dans le but d'empêcher qu'elle n'ait un heureux résultat. Ils ne regardaient pas les termes proposés par les commissaires anglais comme aussi inadmissibles que le prétendaient les partisans du sieur Madison (1).

Le budget doit avoir aussi augmenté le mécontentement général en éclairant la nation sur le mauvais état des finances. Quelques lettres particulières disent qu'en conséquence de cette disposition de l'esprit public, le président aurait craint de rompre trop tôt la négociation et envoyé par le Fingal des instructions plus pacifiques que celles qu'il avait préparées aussitôt après la réception des dépêches de ses plénipotentiaires à Gand.

1209. Paris, 19 décembre 1814 (F. 6. 5161 ad 3565).

ALFIERI DI SOSTEGNO (2) à MAISTRE {intercepta du 30 décembre).

Etat de la France. Sagesse de Louis XVIII. Éloge de sa politique. La prétendue conspiration contre le roL Etat de l'Espagne L'Italie. Gênes.

Ce pays-ci, comme tous les autres, a besoin de repos et son souverain doit par sa conduite inspirer la plus grande confiance pour espérer que rien ne sera négligé par lui, pour l'assurer à la France et à l'Europe à la fois. Mais les Princes, qui se sont immortalisés en le replaçant sur son trône, ne doivent pas laisser l'ouvrage imparfait, ni oublier que c'est leur cause qu'ils ont servie en le rendant à la France, et ils devraient chercher à l'entourer de cette considération qui affermisse toujours plus le pouvoir qu'il leur a plu de lui laisser, et tout en ôtant à la France tous les moyens d'être jamais tentée de recommencer à faire du mal, lui ménager pourtant le moyen de jouer le rôle que la nature lui a départi et dont elle doit

1. Madison (James) (1758-1836), Président des Etats-Unis de 1809 à 1817. 11 eut pour successeur à la Maison Blanche son secrétaire d'Etat, Monroe.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 767

avoir le bon esprit de se contenter. 11 paraît qu'elle vient d'en donner une preuve dans ce moment, où, au lieu de leur demander à obtenir un accroissement de territoire proportionné à celui que les autres Grandes Puissances paraissent vouloir se donner, elle a préféré user de son influence pour protéger la cause des princes malheureux et pour éviter, s'il sera possible, une tache, comme il paraît que seraient des spoliations de ce genre, aux souverains envers lesquels Louis XVIll est lié par le devoir de la reconnaissance.

Dans ce pays-ci, comme ailleurs, il y a beaucoup de mécontents ; mais chaque jour on fait quelques pas vers une plus grande tranquillité, et si le Congrès avait un résultat heureux, s'il ne laissait plus aucune perspective de points de ralliement aux esprits turbulents, il ne faudrait pas longtemps pour voir renaître partout Tordre. La prétendue conspiration pour enlever le Roi n'a pas eu lieu. Des personnes zélées ont voulu un peu inconsidérément se faire un mérite en prenant des mesures surabondantes qui annonçaient des dangers qui ne devraient jamais être avoués, même s'ils existaient.

La pauvre Espagne est toujours dans un triste état. Bien des personnes, qui se tiennent derrière la toile, paraissent pousser le Roi à des mesures inconvenantes. On cherche toujours à l'exaspérer contre la France. On confond ce que celleci a été et ce qu'elle est et doit être. Gevallos paraît avoir été mis en avant pour être l'instrument des vues des personnes qui n'aiment pas se montrer à découvert et qui ont entre les mains les moyens de le perdre toutes les fois qu'il ne marchera pas sur la ligne qu'on lui a tracée.

Oubliant ce que Wellington avait fait pour ce pays, on est arrivé à mettre en arrestation l'Espagnol dans lequel il avait le plus confiance (1). Il a pourtant été remis en liberté. Les Moines paraissent y jouer toujours un grand rôle. Louis XVIII, en apprenant que le roi avait procédé à l'arrestation de son ministre, a dit : « Ce que fait là mon frère et cousin est bien peu royal. »

La paix de la France avec l'Espagne aura de la peine à se

1. Le général Alava. Cf. Jaucourt à Talleyrand, Paris, 7 décembre 1814.

Le général Alava a été mis en liberté. Il le doit àla crainte d'une émeute. » 3f. Letters a,nd desptUches of lord Castlereagh.Sir Henry Wellesley à lord îastlereagh, Madrid, 24 novembre. Tome X, page 208.

rétablir. On a l'air de chercher noise à^-tout moment au lieu d'agir d'après les intérêts communs.

La pauvre Italie a besoin de la fin du Congrès et d'une décision de son sort, quel qu'il puisse être.

Les Génois ne seront pas touchés de leur sort et je les plains parce qu'on les a un peu trompés.

1210. Vienne, 1" janvier 1815 (F. 6 3895 ad 1810).

Bordereau et rapport journalier du 1" janvier 1815.

11 lui signale les chiffons de Dalberg et un intercepta de Castlereagh informant ïalleyrand, Hardenberg et Nesselrode de la conclusion le 24 décembre de la paix avec les Etats-Unis (1).

1211. Vienne, 31 décembre 1814 (F. 6. 3895 et 3565).

HAGER à l'EMPEREUR

Passage du roi de Wurtemberg à Linz.

Rapport sur le passage incognito du roi de Wurtemberg à Linz le 27 au soir. Sa suite y a raconté que, tout comme le grand-duc de Bade, le roi n'avait pas lieu d'être autrement j satisfait des résultats de son séjour à Vienne.

1212. Vienne, 31 décembre 1814 (F. 6. 3895 ad 3565).

0 © à HAGER

Les conseillers influents d'Alexandre. Les dîners et réceptions de Gagern. j Le mot du prince de Ligne sur OuvarofF.

L'empereur Alexandre cause longuement et souvent avec le •

1. Traité de paix de Gand entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d'Amérique, signé le 24 décembre 1814. J

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 769

Palatin : mais seuls Humboldt, Gzartoryski, Stein et Capo d'Istria ont de Tinfluence sur lui.

Les grands dîners et les réceptions de Gagern font beaucoup jaser. On se demande qui paye ces grosses dépenses.

Le prince de Ligne, en voyant le général Ouvarofî qui accompagne toujours l'empereur Alexandre, l'appelait I'Etrangleur à cause de sa participation au meurtre de Paul I".

.... à HAGER

stagnation des gi-andes afTaires à cause de l'attitude de la Russie et de la Prusse. — On va aborder les questions de Saxe et de Pologne.

Les affaires générales de l'Europe, celles de Gênes (1) et de la Suisse (2) exceptées, languissent à cause de l'attitude de la Russie et de la Prusse, relativement à la Saxe et à la Pologne, qu'on est cependant décidé à couler à fond, et les quatre plénipotentiaires Hardenberg, Metternich, Razoumoffsky et Castlereagh (3) vont enfin s'aboucher à ce propos. Du résultat de ces conférences dépendra le sort de l'Europe et du Congrès.

[l. Cf. d'ANGEBERG, Protocole de la séance du 14 décembre des Plénipoten-

|lires des Huit, Page 527. Ibidem, Adhésion de la Sardaigne (17 décembre

14), Page 536 et Protestation du gouvernement provisoire de Gênes (28 dé-

ibre 1814), Pages 569-570.

Cf. d'ANGEBERG, Septième protocole du Comité des afTaires de Suisse.

|ance du 15 décembre et notes présentées par la Légation suisse, 528-531. suvième protocole du comité. Séance du 19 décembre. Mémoires et notes, kges 544-553.

[a. Cf. d'ANGEBERG, conférences du 29 décembre 1814 et du 30 décembre 1814

^s Plénipotentiaires des Quatre. Notes, projets et contre-projets, Pages S8-1874.

1214. Vienne, 2 janvier 1815 (F. 496.209 ad 2.)

Borderean et rapport joui-nalier du 2 janvier 1815.

Visites faites à Marie-Louise et rendues par elle. Mode d'expédition des lettres de Schônbrunn.

Visites faites par la famille impériale à Marie-Louise le 31 décembre. iiUe reçoit également celles de Dalberg et d« prince Eugène, qui reste chez elle pendant une heure et demie. Marie-Louise a rendu les visites aux membres de la famille impériale, chez lesquels elle a également envoyé le roi de Rome.

Neipperg a dîné chez elle le 31 et on a parlé à table de l'incendie chez Razoumoffsky (1).

Marie-Louise fait porter ses lettres en ville et les expédie, ainsi que celles de M. de Bausset,par un homme à cheval, un Français avec lequel il n'y a rien à faire. On le fera suivre à partir de la ligne (2) afin de savoir où il va. Jusqu'à la ligne, il marche à une allure si rapide qu'il est impossible de le suivre en vitesse.

1215. Vienne, 31 décembre 1814 (F. 496.209 ad. 2).

.... à HAGER

Surveillance de Talleyrand.

Gagem et Vernègues ont rendu visite dans la matinée du 30 à Talleyrand, qui a conféré de f à 2 heures avec La Tour du Pin et Noailles. Le prince de Metternich, venu chez lui à 3 heures, est resté avec lui jusque vers 5 heures.

1. Le palais de Razoumoffsky avait été en partie détruit par un incendia pendant la nuit précédente.

Page 1