‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 808 sur 842 · Chambellan du Roi de Saxe · texte numérisé non relu

Chambellan du Roi de Saxe

1331. Vienne, 3 janvier 1815 (F. 496. 209 ad 2).

.... à HAGER

Une lettre de l'Empereur à Marie-Louise. M^" de Montesquieu et le roi de Rome. Narischkine, Jomini, La Harpe, Reinhard.

Dans le courrier d'Elbe arrivé par Livourne et Parme à Marie-Loaise, Napoléon lui reprochait vivement son inconstance et son attitude à son égard et était très jaloux de Neipperg. Elle a depuis reçu le 1" janvier à 11 heures un autre courrier de Parme ; mais on ignore encore, et on tâchera de savoir ce soir ou demain, s'il contenait les lettres de Napoléon.

M"® de Montesquieu a dit à un de ses intimes en parlant du roi de Rome : « Je crains pour cet enfant qu'on le détourne de son Père. Pour la Mère, on y a déjà réussi. On a déjà ravi à ce pauvre homme... »

Narischkine (1) part jeudi pour Venise.

Jomini travaille beaucoup par ordre d'Alexandre à un projet sur l'Italie.

La Harpe vient souvent et reste longtemps chez lui à ce propos, Reinhard est très lié avec eux et confère souvent avec eux.

1232. Vienne, 3 janvier 1815 (F. 496. 211 ad 2).

D^ BOLLMANN (2) au général de LA FAYETTE (à Paris). Sous couvert à M""® Reinhard [Inlercepla) (en français).

Ses plans financiers pour l'Autriche. Son opinion sur les questions de Saxe et de Pologne et sur l'attitude des Puissances.

Le succès de mes vues particulières tient à la tournure que

1. Narischkine (Ivan- Alexandrowitch), grand maître des cérémonies de la Cour de Russie.

2. Du même jour encore deux autres lettres interceptées de Bollmannjl l'une au professeur Haufî à Vienne, l'autre à M"' Reinhard à Paris que j'ai; cru inutile de reproduire, parce qu'elles n'ont pas trait aux grands événements du moment, mais à des affaires personnelles.

Bollmann (Eric-Juste), né en 1765 à Hoya (Hanovre), mort en 1831 à Kingston (Jamaïque), Venu comme médecin à Paris eu 1792, il se chargea de con-

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 781

prendront les affaires politiques. J'ai été très industrieux depuis que je suis ici et mon travail principal a été un traité sur les finances de ce pays-ci, dans lequel j'ai proposé un plan de se débarrasser du papier déprécié qui fut la seule circulation actuelle de la monarchie autrichienne et de le remplacer par un bon papier-monnaie par le moyen d'une banque nationale d'Autriche dont j'ai tracé l'organisation. Ce plan a été tout à fait approuvé du Ministre et des principaux membres du Conseil, de sorte qu'il en est résulté plusieurs entrevues avec le Ministre et plusieurs démarches préparatoires à l'exécution que j'ai faites conformément à son désir. Mais son exécution dépendra finalement du résultat des travaux du Congrès, résultat auquel tiennent tant de choses I

Je me suis fait valoir aussi (si vous voulez excuser l'expression), de plusieurs autres manières et j'ai préparé plusieurs affaires importantes. Aucune ne peut être décidée avant la décision de la grande où tous les yeux sont portés.

Cette grande affaire en est venue au point que la paix ou la guerre doit être décidée dans la quinzaine. Ni l'une, ni l'autre ne le^sont en ce moment. La Prusse ne paraît pas vouloir relâcher la Saxe. L'Autriche, la Bavière, la France, l'Angleterre s'y opposent. La Russie la soutient.

On attend quelque chose de la paix avec l'Amérique, que nous connaissons depuis avant-hier, comme mettant l'Angleterre dans le cas de pouvoir se prononcer davantage. Cependant la guerre parait être, plutôt que la paix, l'intérêt de la Prusse et de la Russie qui se sentent sur leurs adversaires, surtout la Prusse, une supériorité décidée dans le moral, c'està-dire les talents, l'enthousiasme, l'énergie, etc., etc. Les jeunes gens en Prusse ont pris le goût, la soif de la guerre, l'habitude de la guerre. Ce sont tous des têtes chaudes. Les Russses

duire Narbonne en Angleterre où il se lia avec un certain nombre d'émigrés, tels que Talleyrand, Jaucourt, Lally-Tolendal et M™" de Staël et s'enthousiasma pour La Fayette qu'il essaya vainement de faire échapper d'Olmiitz. Arrêté à son tour par les Autrichiens et condamné au bannissement, il se rendit en Amérique où se trouvaient déjà deux de ses frères. Lancé dans de grandes affaires, il revint en 1814 en Europe et après un court séjour à Paris, se rendit à Vienne, mais sans y attendre la solution des affaires qu'il proposa au gouvernement autrichien, il retourna en Amérique pour y chercher sa famille et la conduire en Angleterre où d'importantes affaires réclamaient sa présence. Bollmann entretint jusqu'à ses derniers jours des relations et une correspondance suivie avec M"* de Staël.

ont pris Thabitude des climats doux et du pillage. Les Autrichiens ne me paraissent guère être sortis de leur engourdissement naturel. La France s'en moquerait ; l'Angleterre voit que cela lui coûterait des sommes prodigieuses. EUle aurait à solder toute Tarmée autrichienne, outre la sienne.

Ainsi le dénouement me paraît encore fort douteux. Je puis me tromper, mais je crois que l'Autriche cédera plutôt que la Prusse.

(à la page XX)

18 Février 1793

Rapport du Comte Pergen sur l'ancienne police (diplomatique) secrète

{Analyse)

Pergen a déjà clans de précédents rapports rendu compte de la façon dont le service était compris et mené par la Polizei Oberdirection et fait ressortir la nécessité de placer toute la police de la monarchie sous une direction unique. Il fait maintenant remarquer à l'Empereur que, en dehors des services qu'en fait il doit laisser connaître au public, il en est d'autres qui avaient été très appréciés par Vemperear Joseph 11^ qu'on a eu tort de négliger et de laisser péricliter depuis sa mort et qu'on a seulement commencé à réorganiser dans les derniers temps.

« C'est ainsi qu'on s'est procuré des agents de confiance (Vertraute Personen), qu'on a placés dans les ambassades des Cours, auxquelles on connaissait, ou auxquelles on prêtait des projets et des intentions hostiles à la monarchie, tant afin de découvrir leurs relations secrètes avec les autres ambassades que celles nouées avec les personnes au service de Sa Majesté. Le cabinet secret de Sa Majesté, qui est en rapport constant avec cette police secrète, n'ignore pas et sait apprécier les services qu'elle lui a rendus. »

Pergen se propose en conséquence de « chercher à se procurer de nouveaux moyens destinés à remplacer les anciens qui sont déjà très usés ».

Pour développer et faciliter le fonctionnement de cet organisme,

il croit qu'il serait bon d'y préparer et d'y intéresser le public « en lui exposant à grands traits le but et l'utilité de ce service, mais en entourant toutefois cette communication de toutes les précautions possibles ».

En marge la décision de V Empereur François en date du i2 mars 1795

Parler de ce projet à VObersler Landrichler, Comte von Stambach et s'entendre avec lui.

(à la page XXI)

21 Mars 1804

Rapport du Ministre de la police Sumera-w sur rorganisation du service de la police secrète.

[Analyse)

Après avoir conféré avec le Conseiller aulique von Stahl, il a constaté que « le service de la surveillance des légations étrangères et de leurs relations n'existe pour ainsi dire plus et qu'en tout cas son rayon d'action est excessivement restreint, puisque ce service n'est plus actuellement assuré que par le Hofsekrelàr Ratoliska et quelques rares fonctionnaires et agents fort mal payés,

« Tout le service secret proprement dit ne coûte en effet que 7 à 8.000 florins, somme inférieure à celle qu'une puissance de troisième ordre dépenserait à cet effet. »

Sumeraw^ fait remarquer que «l'état de l'Europe oblige pourtant l'Autriche à savoir ce qui se passe, non seulement à l'étranger, mais à l'intérieur de la Monarchie et surtout dans les murs de la capitale, centre de la vie politique ».

Il faut donc réorganiser ce service et mettre les fonctionnaires et les agents à même de remplir leur mission. Il expose par suite à l'Empereur qu'il a à cet effet « confié au conseiller aulique von Stahl la direction exclusive de la police secrète d'Etat. C'est ce

fonctionnaire qui correspondra et continuera à correspondre verbalement avec le cabinet secret de Sa Majesté et avec la Chancellerie secrète de Cour et d'Etat.

u Je lui ai adjoint, ajoute-t-il, pour ce qui a trait au recrutement et à la direction des Confidents, \q /?o/5ecre^ârRatoliska,qui est attaché à ce service depuis dix-huit ans. Mais depuis la mort du secrétaire Bonwart, il est impossible à Ratoliska de suffire seul à la tâche et il convient de lui adjoindre des collaborateurs sûrs et capables plus tard de le suppléer. Mon choix s'est porté sur le commissaire de police Schosulan et sur le commissaire de police Charles Braulik, de la police de Prague. Schosulan, qui parle plusieurs langues et a déjà rempli des missions délicates, sera plus particulièrement chargé du service relatif aux légations étrangères et aux affaires de l'intérieur. Je compte lui adjoindre Braulik qui, lui aussi, pos-ède plusieurs langues étrangères et est, comme ui, habile et plein de tact.

« Je donnerai en outre de l'avancement à certains fonctionnaires. Mais cela ne suffît pas pour assurer le service politique. Il faudra en même temps découvrir et s'attacher des personnes bien placées qui seront en état et en position de fréquenter la haute Société et d'avoir accès partout où vont et où fréquentent les ministres étrangers, tels que les salons d'Arnstein, de Geymûller (l),de la baronne d'Eichelberg et de la fameuse M"^ Ripp. Il faudra forcément augmenter sensiblement les crédits affectésjusqu'ici au service secret.»

Il parle en conséquence de l'avancement et de l'augmentation de traitement qu'il désire donner à Ratoliska, qu'il propose de nommer Kaiserlicher Rath et dont il projette de porter à 2.000 florins les appointements qui, après dix-huit ans de service à la police et vingt-huit ans de service à l'Etat, sont restés depuis 1795 fixés à 1.500 florins II propose que ce traitement soit payé par les fonds des Camerali, à cause de l'affectation nouvelle qu'il va recevoir et de la difficulté qu'il y aurait à le faire figurer sur les Étals de la Polizei Oberdirection et de la Polizei Hofslelle.

1. « Madame Geymûller, lit-on dans les Souvenirs de la baronne du Mon- TOT (page 79 avait eu l'ambition de faire de ses salons le point de réunion des étrangers, des voyageurs de distinction, des hommes marquants de toutes conditions Elle avait essayé re rapprochement entre la haute noblesse et la seconde. Elle avait beaucoup trop présumé. Les femmes titrées

n'y firent qu'une courte apparition L'antipathie entre les deux sociétés

est un mal incurable. La morgue et le dédain de la première doivent être bien réellement haïssables pour la seconde, dans laquelle se trouvent des hommes et des femmes d'esprit très distingués »

786 AUTOUR DU COMGRilS DE VIENNE

Pour Schosuian, ii lui sembk utile de le faire passer de 600 à 800 florins, de même po«r Braulik et de faire supporter ces dépenses au compte des Camerali.

Il serait en même temps utile de faire figurer sur les mêmes comptes le traitement ou au moins l'aug^mentation de traitement du conseiller aulique baron Hager, passé de 3.000 à 4.000 florins. Par suite de l'affectation du conseiller aulique von Stahl au service de la police secrète et diplomatique d'Etat, le baron Hager est en effet chargé de la correspondance avec les services de police de la cour et des provinces, avec la Polizei Oberdireclion^ avec le service de la censure, sans parler de toutes les missions dont il s'acquitte encore en outre.

Sumeraw demande que, plus encore qu'elle ne le fait actuelle* ment, la Chancellerie de Cour et d'Etat lui signale les objets et les individus sur lesquels elle désire être renseignée.

Il insiste sur l'utilité de l'existence et de la création des Loges{i), sur l'indication des déplacements des agents et des émissaires des étrangers, afin de pouvoir mieux les surveiller et les suivre dès Icht arrivée à Vienne.

Réponse et Décision impériale.

{Analyse)

Approbation pour Stahl et Ilager et pour la création de nouvelles Loges,

1. n s^agit de Loges pour les lettres <iu'il désire voir établir et dont quelques-unes existent déjà à Constance, Innsbruck, Augsbourg, Venisei Trîeate, Graz, Bude, Lemberg, Cracovîe, Linz, (cabinets noirs dont fl vent développer l'organisation.

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