ANNEXE III
(aux pages XX ©t XXI)
2 FÉvMEi 1806
Rapport da Sum©ra-w sur la police sôcrète de Cour.
(Rapport basé surtout sur celui du Si mars i 804 et sur le fait que Sumeraw s'est préalablement entendu avec le comte Stadioji.)
(Analyse)
« Pour que ce service puisse être |:éellement ulile, il faut, comme cela se faisait du temps de l'Empereur Joseph II, que son chef soit journellement et exactement tenu au courant de tout ce qu'on sait et apprend au ministère des Affaires Étrangères, ainsi que des lettres et des dépêches qu'on intercepte, afin que de son côté il puisse agir utilement et diriger plus sûrement ses recherches. Il faut d'autre part que la Chancellerie de Cour et d'Etat agisse de La même façon. »
Le rapport insiste sur les soins particuliers qu'on appointera au recrutement et au choix des nouveaux Confidents, aux instructions dont on les munira. « On s'appliquera surtout à en trouver dans les hautes classes de la Société et parmi les personnes auxquelles leur naissance, leur situation, leurs relations donnent accès partout et qui pénètrent non seulement dans les salons tels que ceux d'Arnstein, Geymuller, Eichelberg et de M""" Ripp, mais aussi dans ceux de l'aristocratie et les ambassades.
« J'en ai déjà dressé une liste et je vais petit à petit et prudemment entrer en relations avec ces personnes, dès que Sa Majesté aura approuvé la liste que je lui soumettrai. »
Le rapport insiste encore et tout particulièrement sur la création et l'augmentation des Loges, « dont le fonctionnement rendra d'autant plus de services que, plus que jamais à raison des circonstances politiques, on a besoin d'avoir connaissance des correspondances diplomatiques et politiques de et avec l'étranger.
« En raison des modifications apportées au territoire de l'empire ^t de la perte des loges de Constance, d'Innsbruck, d'Augsbourg fl de Venise, il importe d'en créer à Linz et à Salzbourg, d'agranlir celles de Trieste et de Prague et d'en établir à Graz et à Brûnn
et d'être par conséquent autorisé à en parler au comte Stadion . >
Passant ensuite au fonctionnement du cabinet noir et du bureau de déchiffrement, « où après avoir déchiffré et intercepté les lettres venant de l'étranger on transmettait les résultats du travail au Conseiller d'Etat von Stahl », le rapport demande que ce service soit généralisé et étendu et propose d'y affecter, en outre des déchiffreurs, Ratoliska et ses collaborateurs.
Le rapport envisage ensuite certaines modifications dans le personnel et certains avancements qui seront amenés par le départ de Stahl et soumet un état de propositions à l'empereur.
Revenant encore une fois sur le déchiffrement et le cabinet noir, le rapport insiste sur une organisation spéciale qui lui paraît imposée par la saisie des lettres que les Ministres étrangers se font adresser chez leurs banquiers, de celles qu'ils expédient par l'intermédiare de personnes de confiance qui les portent à plusieurs postes de Vienne, « à l'aide aussi des Bavarois et des Wurtembergeois qui retournent chez eux et qui se chargent de ces lettres d'accord avec les légations de ces royaumes ».
Le rapport envisage ensuite certaines mesures qui semblent urgentes, conseille « de faire appel au patriotisne des banquiers, auxquels on promettra le silence le plus absolu » et se termine par un résumé des instructions qu'il convient de donner partout aux agents des postes et des douanes.
(à la page XX)
27 Février 1806
Décision impériale et réponse au rapport du 2 février,
{Analyse)
Avoir dans toutes les légations un ou plusieurs confidents soldés rendant compte des événements de chaque jour.
Disposer pour les questions plus importantes de personnes bien placées, ayant accès partout et qui ne seront connues que du seul chef de la police. On les recrutera et on les attachera moins à
l'aide de rémunérations en argent que grâce à la connaissance de leur état moral et de leur situation personnelle- Observations sur les procédés à employer pour la surveillance des fonctionnaires.
Recruter de suite le personnel à placer dans les légations et dans les lieux où se réunissent et où logent les personnages politiques et les étrangers de distinction. Avoir en outre un personnel disponible à tout moment et prêt à être placé chez de pareils personnages. Mettre tout en œuvre afm de découvrir les moyens employés pour faire passer ou recevoir les correspondances politiques et secrètes.
Me demander mon autorisation quand il s'agira de saisir des diépêches venant par courrier.
L'Empereur approuve les mesures proposées pour les loges et p ourla visite aux lignes et aux frontières.
(à la page XX)
5 Août 1808
Hager.^Rapport à l'Empereur.
Note sur la réorganisation de la K. K. Polizei Hofstelle [Analyse)
Après avoir commencé par remercier l'Empereur de l'avancement, que sur sa demande il a donné à deux de ses subordonnés Braulik (nommé Hofsekrelar) et Jahl (nommé Hofkonzipist), il lui soumet un certain nombre de mesures qu'il lui paraît nécessaire de prendre sans plus tarder-
Il commence par exposer à l'Empereur qu'il compte se réserver la conduite et la direction des affaires, qu'il avait déjà dans ses attributions comme conseiller aulique,et laisser àRatoliska le service diplomatique. dont ce fonctionnaire s'acquitte à merveille D'accord avec ce dernier, il se propose de procéder à une réorganisation de ce service, « de donner une extension nouvelle et une allure spéciale à la branche très importante, et trop négligée jusqu'ici, des surveillances, mais en évitant avec soin l'emploi de certains pro-
cédés qui ont à ses yeux le grave inconvénient d'avoir trop d'analogie avec les enquêtes de police ».
Il soumet ensuite à l'approbation deTEmpereur l'affectation qu'il voudrait faire de ses quatre Hofsekretâre (Ohms, Armbruster, â Braulik et Forster) et lui expose un projet de répartition du tra- S vail entre eux en ayant soin de lui faire connaître en outre le personnel subalterne qu'il adjoint à chacun d'eux et qu'il prend tout entier dans les cadres déjà existaiits. ft
Il demandait ensuite l'autorisation d'adopter définitivement un nouveau mode d'enregistrement et d'analyse des pièces qu'il avait introduit à titre d'essai dans ses services, et exposait ses idées stir f l'organisation du bureau de la Presse et de rédaction des articles destinés aux journaux officiels et officieux, ainsi que sur le fonc- ; tionnement de la Censure des journaux et des théâtres. S
Des observations qu'il venait de soumettre résultait pour lui la 1 nécessité de « modifier complètement le fonctionnement et les attributions de la Polizei Oberdirection, dont le concours est indispensable à la Polizei Hofstelle et qui est provisoirement confiée au conseiller de gouvernement Sibar (1), excellent fonctionnaire, mais qui ne saurait mener un service aussi lourd et aussi important », et il concluait en demandant à l'Empereur d'appeler à ces fonctions le Kreishanptmann von Schiller.
Passant ensuite à l'exposé d'une série de mesures (déjà prises par lui et qu^il soumettait à l'approbation impériale) relatives à la Fremdencominission (commission spécialement chargée des étrangers), au Bureau militaire, à la révision des comptes à laquelle il avait dû procéder dans l'espoir d'arriver à connaître les agents et les Vertraute (confidents) employés par la Polizei Oberdirection et par la Polizei Hofstelle, mais qui ne lui avait fourni sous ce rapport que des renseignements fort insuffisants :
« La Polizei Hofstelle, ajoutait-il, après toutes les péripéties qu'elle a eu à traverser après la mort du fameux Regieruiigwstlh von Lerchenheim et les bévues faites par Hackel et le Hofsekretâr Schwindt, n'avait plus, à l'exception de quelques coiTespondants hongrois, aucun confident sur place ici. Rien n'avait été fait en ;; vue de recruter les confidents pris dans les Hautes Classes de la
1. Cf. Oesterreichischer Beoba.chter du 7 août 1815, n» 219-1194. Par décret %
de Heidelberg, en date du 21 juin, l'Empereur conférait au conseiller aulique ' Siber, devenu à ce moment Polizei Oberdireetor, en reconnaissance de 45 ans
de bons et loyaux services, la petite croix de Tordre de Saint-Etienne. i,
société, dont l'Empereur avait autorisé et demandé, il y a deux ans déjà, l'adjonction à la Polizei Hofstelle. Les quelques con^rfeafs, existant actuellement, sont les uns des amis personnels de l'ancien Polizei Oberdirector, qui ne voulaient pas être connus, les autres, des gens de classa, de conditions et d'éducation inférieures et dont on ne peut espérer aucune information sérieuse, aucune action utile. »
Hager déplorait d'autant plus vivement le manque de semblables organes que, « c'était, disait-il, pour cette raison qu'il lui avait été impossible de remonter, comme l'Empereur le voulait, jusqu'aux causes de la hausse du change. La situation e^t d'autant plus difficile que l'Empereur vient de lui prendre ses deux meilleurs Vertraute^ dont l'un, Schwarzleitner, a été envoyé par l'Empereur en mission financière à l'étranger et que d'autre part les années qu'il (Hager) a passées, d'abord dans l'armée, puis dans l'administration en province, ont nui aux relations qu'il va lui falloir se créer à nouveau à Vienne afin de pouvoir y trouver les personnes de confiance dont il a besoin. »
Il termine son rapport en résumant les demandes principales qu'il soumet à l'approbation de l'Empereur et qu'il croit indispensables en vue du bon fonctioanemsut et de la réorganisation du service.
Le rapport de Hager fut presque immédiatement approuvé par l'Empereur qui nomma Schiller, Ober Polizei Director, lui accorda le caractère de conseiller aulique, fixa son traitement à 6.000 florins, assura Hager de toute sa coniiance et l'invita à lui faire connaître toutes les modifications qu'il croirait nécessaires au bien du service.
ANNEXE VI (à la page XXIV)
Résumé et relevé des dépenses de la « Polizei Hofstelle » (1).
{ Crédits. . . 36.756 florins Année 1812. . . \
l Dépenses . . 33.420 —