‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 181 sur 816 · Vienne, 29 septembre 1814 (F. 1.3894 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 29 septembre 1814 (F. 1.3894 ad

Rapport à HAGER (en français)

Sur La Harpe. — Appréciations du prince de Ligne sur La Harpe, sur les Suisses, sur les intentions et les appétits de la Prusse, sur les craintes que lui inspirent les visées de la Prusse.

Au nombre des étrangers qui furent hier 28 chez le prince de Ligne se trouvaient Talleyrand, La Harpe, le duc de Weimar, Humboldt, et plus de vingt autres personnes. Voici comment le prince s'exprima sur La Harpe :

Après avoir exposé comment il fit sa connaissanee à Pétersbourg et ce qu'il avait dit alors à Tlmpératrice, il ajouta : «Combien je fus surpris de voir donner une mission à La Harpe pour l'Angleterre et être porteur d'une lettre écrite dans ces derniers temps par TEmpereur de Russie à un Suisse, ami de La Harpe. A présent, La Harpe présente tous ses compatriotes à PEmpereur, les protège et il sera bien difficile de se défaire d'eux. Ils disent ouvertement qu'ils craignent l'Autriche, qu'il ne faut pas se jeter à l'Autriche... Et pourquoi cela, ces messieurs en seront-ils plus savants s'ils ne portent plus le bonnet républicain?

€ Quant aux affaires présentes, soyons vrais. On ne sait rien encore ou ce qu'on sait de plus vrai, c'est que la Prusse est toujours de grand appétit et qu'elle emploie même sa force comme dans la dernière affaire de Namur (1). L'Empire n'aurat-il qu'un chef, ou l)ien verrons-nous l'Allemagne partagée en deux grands départements : Celui du midi et du nord? En prononçant ce dernier, on conçoit d'abord qu'il sera question du roi de Prusse. Le bon prince, il se plaçait à Teplitz sur mon lit. Il laisse même tout faire à ses ministres parmi lesquels règne absolument l'esprit de Frédéric. »

Le rapport se termine par ces mots : « Le prince de Ligne, comme il conste de cette conversation, craint beaucoup les menées de la Prusse. »

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