Vienne, 29 septembre 1814 (F. 1. 3894 ad
HOPFEN à HAGER.
Rapport fourni par le professeur de français Méline (Agent au service de , Hopfen),sur le prince Régent, Murât, Bernadotte, le roi de Bavière.
« En donnant hier matin ma leçon à M. Hafner, anglais, je lui demandai pourquoi son Prince Régent ne venait pas à Vienne comme les autres monarques. Il me répondit que les lois de la Nation ne le permettaient pas et que d'ailleurs il était bien aise qu'il ne fût pas ici. Ensuite nous entrâmes dans le discours sur Murât et pourquoi il ne venait pas à Vienne. Il me dit : 4c Oh 1 pour celui-ci, son compte est déjà fait et il n'est pas nécessaire qu'il se fasse voir. »
Etant allé dans une boutique, j'entrai en conversation avec un maître d'hôtel flamand et nous parlâmes de bien des choses et entre autres, je lui demandai s'il ne savait pas l'arrivée de Bernadotte. Il me répondit qu'il ne venait plus et que cela avait causé bien de la peine à ses anciens amis. Je lui dis alors : € Est-ce qu'il en a encore à Vienne, des amis ?» Il me répondit : «Oh ! oui, l'autre jour, à la même table où nous sommes»
il y avait quatre Français qui en parlaient avec bien d'attention, ne sachant pas que je parlais le français comme eux, et ils s'en contaient de grandes choses, ce qui me fît croire que c'étaient encore des amis de Bernadette. Je ne leur dis rien, car je ne veux faire de mal à personne. >
Je lui demandai s'il ne les connaissait pas et il me répondit que non.
Me trouvant hier au soir en compagnie de personnages de distinction, je fis tomber le discours sur le roi de Bavière, et un d'entre eux me dit qu'il avait l'air d'un boucher. En note de la main de Hager.
Prière de tâcher de Irouver ces Français et de faire leur connaissance .