Vienne, 29 septembre 1814 (F. 2. 4188 ad
Anonyme à la PRINCESSK JABLONOWSKA (à Paris) sous le
couvert -iu GÉNÉRAL POZZO DI BORGO
(Intercepta en français).
Quel sera le sort de la Pologne ?... En route pour Varsovie, la correspondanle s'est arrêtée à Munich et y a vu le prince Eugène.
1. Bien que cette lettre, interceptée par la Polizei Hofstelle, n'ait été envoyée à l'Empereur que dans le bordereau du 8 ou du 9 octobre, j'ai cru devoir la publier ici et la placer parmi les pièces de même date.
La princesse Jablonowska^à laquelle cette lettre est adressée, est plus que probablement celle dont Pozzo di Borgo parle dans sa dépêche n" 66 de Paris 7/19 janvier 1816 à Nesselrode à propos de la « réunion des Anglais révolutionnaires à Paris » et dont le chef était le général Sir Robert VVilson, l'ancien attaché militaire au quartier général russe en 1H12 et qui fut condamné à trois mois de prison pour «voir aidé à l'évasion de La Valette. « Un général Sierakowski, lithuanien qui a servi Bonaparte, écrit à ce propos Pozzo di Borgo à Nesselrode, et qui suivait maintenant une princesse Jablonowska surannée, tenant réunion de gens suspects à Paris, a été également arrêté comme complice du général Wilson, du capitaine Hutchinson et de Michel Bruce. »
Il s'agirait dans ce cas ici de la princesse Jablonow8ka,née Walewska, mariée en 1793 au prince Stanislas-Paul Jablonowski, issu du premier mariage du prince Antoine (1732-1799) avec la comtesse Tecla Czaplic (Cf. Galla\iiesi, Cartegio Confatonieri, tome 1, notes 275 et 311). On n'a du reste que l'embarras du choix puisqu'on dehors de la princesse Jablonowska, née Szepticka on trouve encore la princesse Caroline, née Woyna (1786-1840), femme du prince Louis qui quelques mois plus tard en mai 1815 allait réprésenterl' Autriche à Vienne, mais qui ne devait pas être à ce moment à Paris, ou bien encore la princesse Thérèse, née Lubomirska (17901845) mariée depuis mai 1811 au prince Maximilien (1785-1856) conseiller aulique au service de Russie, grand Mattre de la Cour de Pologne et membre du Conseil d'Etat de Pologne.
LES PIlâLllIINA,IREa ET LES AJOURNEMENTS DU CONGHës 167
Tous les souverains sont déjà assemblés ici et décident des destinées des Etats. Quelle sera celle de la Pologne ? C'est ce que tout le monde ignore et dont on ne sera instruit qu'au dénouement de ce qui est en cours. J'ai eu occasion de voir des personnes qui savent à peu près tout ce qui se passe. Il paraît qu'on en parle plus qu'on ne le désire.
De toutes mes faibles combinaisons, je n'ai que le désagrément d'en douter plus jamais. Si cette lettre vous parvient sans être ouverte, je voua en écrirai plus détaillé de Varsovie dont je prends la route aujourd'hui. Je n'ose conlier à celle-ci même quelques petites choses intéressantes, qui, toutes insignifiantes et innocentes qu'elles sont, pourraient peut-être vous nuire.
Je me suis arrêtée trois jours à Munich pendant lesquels le prince Eugène est venu me voir. C'est uniquement pour lui que je m'y suis arrêtée. Il m'a donné un souvenir précieux et charmant.
Je m'y suis trouvée à un bal masqué que le roi de Bavière donnait ;i l'Impératrice de Russie. J'ai vu tous ces souverains et princes de très près sans être vue d'eux.
anc, 1" octobre 1B14 (f. 1. 339&. ad 3SeS).
HAGER à L'EMPERIÎUR
Bordereau et rapport journalier.
', 30 septembre ISll (F. 1. 339S ad 3!>e5). Nota à HAGER.
11 enregistre l'indisposition subite de Schwarzenberg et l'arrivée prochaine de Pozzo di Borgo (1). 'On attend aussi sous peu le prince Radziwill (2) marié à une princesse de Prusse et devenu,
I, Pozio di Borgo, «mb«»Mdeur de Ruuie i Paris, «ppelé k Vienne par l'Empereur Alexandre, ne quitU Pari» que le b octobre.
ï. Had/iwill lAnloino-Henn prince d'Olyka.diic deNicsvicz.comtede Mir) (1775-1833) avait épousé Frédérique-Dorothiïe-Louiie- Philippine, fille unique dit priiice Ferdinand de PrutM. Il AU en ISlï lieulcuanl du roi (Stattbiller) dans le diiclié de Posoa.Sct deux AU Guillaume et Qo^uslaw épousèrent deui soeurs MatbiUc et Léonline Clary.
grâce à Czartoryski, le partisan de la résurrection de la Pologne. La princesse Léopoldine Liechtenstein est de toutes les dames de la société qu'il a vues jusqu'ici celle qui plait le plus à Alexandre. On dit à ce propos qu'il se montre bien russe, car il aime les femmes à la glace.