Vienne, I" octobre 1811 (P. I. 38» ad 35SS
SCH... à HAGER(en français).
Cauies de l'animositè d'ADitelt contT« l'Aulrich«. Intértt qu'il y aurait i, se te concilier. Les Polonais et Ciarloryski. Le roi de Prusse et l'Aulriche.
Un mot de Knescbuclt.
Parmi les personnes animées d'un esprit tout à fait contraire aux vuesde l'Autriche on doit compter principalementM.d'Anstett, conseiller d'Etat et agent diplomatique de Russie. Cet homme que le comte de Wùrmser (2) a su gagner en 1810 pour les intérêts de notre Cour, qui, effectivement, a rendu des services essentiels k l'Autriche lorsqu'il s'agît de céder à la Russie en vertu du dernier traité de Vienne une partie de la Galicie renfermant 400.000 âmes, est dans ce moment très aigri et animé de sentiments très opposés à l'Autriche. C'est, d'après ce que m'a confié M, de Kudriaffsky (3), ami intime d'Anstett, l'elîel de son ressentiment d'avoir été frustré dans son attente de recevoir de notre Souverain la croix de Commandeur de l'ordre de Saint-Etienne, On m'a dit que Sa Majesté a voulu lui donner dans la dernière campagne la petite croix de Léopold, mais qu'il l'avait refusée.
J'ai l'honneur d'assurer Votre Excellence que M. d'Anstett est un personnage très intéressant et de beaucoup d'influence chez l'Empereur Alexandre et en même temps très considéré de tous les Ministres Russes. Il s'était flatté d'avoir, par ses
1. Kien ne confirme et ne rend mfme vraisemblable cette singulière indication qu'on trouve cependant dans un certain nombre de rapports.
3. VVûrmiK^r (comte de), ancien Gouverneur de la Galicie. Lui et Belleglrde nisocièrcnt avec Anstatt le traité de délimitation de la Calioie.
3. Kodriaftsky (comte de). Conseiller russe qui serait aussi l'auteur de Mtmoîres politique*.
services rendus, le droit de s'attendre à une distinction aussi signalée et crut se voir jeter dans la foule de tant d'étrangers sans beaucoup de mérite qui furent décorés de la petite croix de Léopold. Peut-être est-il encore temps de se réconcilier cet homme qui, par son influence et sa profonde connaissance de nos intérêts peut, dans ce moment, devenir aussi utile que nuisible.
J'ai eu occasion de voir quelques personnes de la suite du roi de Prusse. Si ce monarque est animé du même esprit que ceux qui Tentourent, nous ne pouvons que nous féliciter. Un général prussien, je crois qu'il s'appelle Knesebeck, s'est écrié : Wenn niir sieben Oesterreicher marschieren^ es sei gegen wen es wolle^ so ist mein Kœnig der achte (1). Le comte Klebelsberg (2) en fut aussi témoin.
Les Polonais sont enchantés de l'arrivée du prince Adam Czartoryski.