‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 203 sur 816 · Vienne, 30 septembre 1814 (F. 1. 3895 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 30 septembre 1814 (F. 1. 3895 ad

Nota à HAGER (en français).

Le Prince de Li^e et Talleyrand.

Le prince de Ligne a dit à Talleyrand : € Vous jouez à présent un bien grand rôle, vous êtes roi de France et Louis XVIII doit danser comme vous le voulez, sans quoi il s'en trouverait mal. >

Talleyrand répondit : « Prince, il y a sept ans que j'étais soupçonné par Bonaparte. »

€ Quoi, s'écria le prince vivement, sept ans seulement... et moi il y a vingt ans que je vous soupçonne. »

1. N'importe contre qui, l'Autriche fera marcher sept hommes, mon roi sera le huitième.

2. Klebelsberg (Jean-Népomucème, comte) (1772-1841), lieutenant en 1789, capitaine en 1793 au corps-franc des hussards de Wûrmser, major en 1797, colonel au régiment Uhlans Archiduc Charles, g^énéral major en 1809, feldmaréchal lieutenant en 1813, g^énéral de cavalerie en 1831. Chevalier de l'ordre de Marie-Thérèse après Wagram.

LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMENTS DU CONGRÈS 183 222. Vienne, !•' octobre 1814 (F. 1. 3>95 ad 3565).

SGHMIDT à HAGER

Alexandre. M"»» Morcl. Causes de la visite de Temipereur à Schwarzenberg, L'escalier dérobé et les visites secrètes des Polonais à Alexandre.

L'empereur Alexandre se propose d'aller à Bude, puis de revenir à Vienne et de se rendre ensuite en Italie avec l'Impératrice, parce qu'il pense qu'on en aura assez vite fini avec les affaires du Congrès.

Sa favorite serait une certaine M"* Morel (1), qui habite à la Wieden (2) et à laquelle le banquier Pries verse tous les mois 5.000 florins.

La visite faite par Alexandre au prince de Schwarzenberg a fait grand bruit. Le prince avait demandé une audience qui avait été fixée à deux heures, mais Alexandre le prévint en venant chez lui à dix heures du matin. Comme pour la plupart du temps et surtout en Angleterre Alexandre a fait des avances à l'Opposition ; on en a conclu que tel a été encore le but de sa visite à Schwarzenberg, qu'on dit très mécontent et qui se plaint fort du parti du feldzeugmestre Duka (3).

L'escalier dérobé des appartements d'Alexandre conduit non pas à l'une des cours, mais aux trois chambres du premier étage donnant sur le grand escalier et qu'occupe un des aides de camp de ce souverain. Il est probable que c'est par là que pénètrent chez l'Empereur les Polonais qu'il désire voir en secret.

1. C'était là une erreur, M"» Morel était la favorite, non pas d'Alexandre, mais du grand-duc de Bade, comme le prouveront du reste nombre de bulletins qui ne laisseront subsister aucun doute sur cette question. Au rapport de Hager était joint le rapport suivant en date du 30 septembre 1814. « More (Rosalie, née Gany), née à Ofen, 22 ans, femme d'un propriétaire de Lyon, vient de Paris, habite Wiederiy 264, aurait été pendant deux mois souffrante â Carlsruhe. Elle dit qu'elle va à Ofen chez sa mère, femme d'un capitaine de hussards de Szckler et chez laquelle se trouve déjà son fils ftgé de 5 ans. Elle attend son mari qui doit arriver vers le 15 et qui aurait été commissaire des guerres français.

2. Un des anciens faubourgs de Vienne, aujourd'hui le IV* arrondissement.

3. Très en faveur auprès de l'Empereur François, Duka était depuis pas mai de temps déjà un adversaire déclaré de Schwarzenberg et de Radetzky, son chef d'état-niajor pendant la campagne de 1814. 11 publia plut tard en 1819 un résumé en trois volumes du congrès de Vienne depuis son ouverture jusqu'au traité de 1815.

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