Vienne, 3 octobre 1814 (F. 1. 4087 ad
Nota à HAGER (en français).
Appréciations sur le congrès et l'attitude des difTérentes puissances.
Nouvelles d'Italie.
Voici ce qu'on débite et qui ne fait pas un bon eiTet. On est bien loin de s'entendre, encore moins de s'être entendu, sur les grandes questions à résoudre. La Russie commence à bouder. Elle veut la Pologne. L'Europe ne peut pas la lui accorder.
La France voit mal volontiers les Pays-Bas réunis à la Hollande. Talleyrand travaille pour revenir sur ses pas pour cette cession.
Le Danemark demande une indemnisation.
La Prusse veut la Saxe.
Castlereagh a présenté une note dans laquelle il fait entendre que l'Angleterre ne peut pas permettre que la Pologne entière devienne ou reste russe (1).
1. Mémorandum de lord Castlereagh au sujet des traités relatifs au duché de Varsovie. Cf. d'AnoBSBRO, 265-270. Vienne, 4 octobre 1814.
Le Pape ne cédera jamais les Légations.
L'Espagne ne démord pas de son royaume d*Etrurie ou d'un équivalent et du retour à sa famille de celui de Naples. Campochiaro fait courir une note pour prouver que Murat est roi de Naples aussi légitime que tous les autres souverains qui Tout reconnu et qu'il est de l'intérêt de tous de le conserver (1),
Beauharnais, quoique Français, prétend à un état en Allemagne. Cela fait frémir tous les Allemands qui céderaient toute l'Italie plutôt qu'un pouce de terrain à ce Français napoléoniste en terre allemande.
Les affaires sont embrouillées, n'avancent pas (2) et malgré tout ce qu'on a fait, dit et promis, la guerre est bien loin d'être impossible, comme on croyait avant l'ouverture du Congrès qui selon les uns n'a pas encore commencé et selon les autres ne peut pas avancer, vu la contradiction et Topposition des idées, des prétentions et des intérêts de tant de puissances. Je crois que tout est vrai pour les principes et peut-être tout est faux ce qu'on dit des faits, mais voilà ce qui court la ville et les maisons.
Le Pape a permis à une société anglaise de faire fondre en bronze deux chevaux comme ceux de Monte-Cavallo. La Commission en fut donnée à Canova. Cette opération coûtera 60.000 livres sterling et le monument sera transféré à Londres et placé en honneur de Wellington dans cette capitale.