Vienne, 9 juiHct 1814 (F. 1. ad
B'RAUN à L..., (à Darmstadt) {intercepta en française) (Analyse).
Mauvais effet produit par la remise du C'ongrès et les changements d'itiaéraire d'Alexandre et de Metternich. On craint que le Congrès n'ait pas Keu On parle d'une déclaration préalable des cours du Nord. Importance du «éjour de Metternich à Paris.
Il commence par lui faire part de la surprise causée par la remise de l'ouverture du Congrès au 1*' octobre, par le retard apporté par Alexandre à sa venue à Vienne, par Le crochet que
LES PRiUMNAIDES FF LES AJODBIJSHEHTfi DU CONGRÈS 19
le prince ée Mettemîoh a fait eo allsnt de Londres à Paiisj-et enfin et snrtout da mauvais effet produit par «es nouvelles.
< On était d'aooord qae la cordiaUté et l'abandon n'ammaratent pas les iétes, mais personne ma se serait douté qu'elles seraient remises jusqu'au mois d'octobre. On peut donc si^' poser qu'elles n'auront jamais lieu et qœ le Congrès lui-même ponrraH bien ne plus se tenir à Vienne. On aurait dû sauver les apparences en prenant le chemin le plus direct pour se rendre à Saint-Pétersbourg. Maïs si, comme le bruit en couri, on passe par Karlsruhe, Stuttgart et fierllo, on a l'air d'inuilter et en même temps de préparer des menéesqui ne peuvent être indifférentes à la Cour de Vieone.
Aussi parle-t-on déjà d'une déclaratios des Cours du Nord qui contiendrait les principes qui doivent servir de base A l'acte qui mettra la dernière main & la paix générale. Cet acte, en décidant i l'avance les questions des plus importante», réduirait à peu de chose les travaux du Congrès qui dans cette ST^position pourra ne plus se tenir à Vienne.
Je crois savoir que tout tend à un rapprochement, d'ailleurs difficile à amener, entre la France et l'Autriobe. Les résultat* en seront bien dooteux si les puissances du Nord réussissaient à attirer dans leur parti les cours allemandes. Ces circonstances donnent un grand intérêt au séjour du prince de Mettenridi à Paris. Il fait supposer son retour pour arriver plus tard que les fetrilles de Vienne ne l'annoiioent. »
>. Vienne, iO guUlel 18Ur(F.l. ad 3Mi).
flEGARDT à ENGESTRCEM (1) {intercepta en français) (Aaalyse.).
Uaiulîen del'ann^c autrichiannc sur le pied do guerre et mesures de pr£ciatiOD en Galicie. Les risuttots dn ru Froidis sèment enlre les Empereura. Les ■ITiires de Saie eL de Pologne. Les rapports cnLre ia Prusse et l'Autriche.
L'Empereor a tenu cette semaine un conseil auquel le
1. Engealrtera {Laurent, oomte d') (nU-itM) e:qiiditio4inaire aux Ardùvea nitki ^37 t-mi j ■acréLaire du Cabinet du .raiaialre des AJIairas Atrai^ires (m4) chargé d'alTaires à Vienne il77S-lTS8) miuùtFe pi^potentiaire i Var-
prince de Schwarzenberg assista. Il fut résolu qu'en attendant toute Tarmée resterait sur le pied de guerre, que les recrues et les vélites ne seront pas licenciés et que 30.000 hommes marcheront en Galicie pour renforcer les troupes qui y sont rassemblées et dont le nombre, selon quelques avis, va être augmenté jusqu'à 100.000 hommes. L'Empereur s*est aussi exprimé aux députés hongrois que le temps de désarmer n'était pas encore venu. De leur côté, les Russes concentrent de nombreuses forces dans le duché de Varsovie et ils ont déjà une armée considérable à Cracovie.
€ Bien qu'on aime à se persuader que les différends entre l'Autriche et la Russie seront terminés à l'amiable, ces démonstrations inquiètent le public et la chose prend effectivement un aspect sérieux... La brouillerie entre les deux Empereurs' a éclaté, paraît-il, 5 la suite d'une note péremptoire et conçue en termes énergiques présentée à Londres par le prince de Metternich (1) sur les affaires générales de l'Europe et en particulier au sujet de la Saxe. Je crois que l'Empereur d'Autriche s'intéresse vivement au roi de Saxe, surtout depuis que le prince Antoine de Saxe est venu à Baden avec son épouse, sœur de TEmpereur, implorer sa protection et se plaignant qu'il manquait de pain. J'ai ouï dire que la Cour de Vienne fait entrevoir que, s'il fallait, pour contenter tous les partis, partager la Saxe et que s'il s'agissait de rétablir un royaume de Pologne, il serait juste de le donner en dédommagement au roi de Saxe, ce qui satisferait les Polonais.
« Il répugne à la Cour de Vienne que le duché de Varsovie soit érigé en royaume en faveur de l'Empereur Alexandre ou du grand-duc Constantin, ou même du roi de Saxe, Elle craint que la perte de la Galicie Méridionale n'en résulte peut-être tôt ou tard.
« Les officiers russes ne dissimulent pas que dans peu ils s'attendent à avoir affaire aux Autrichiens. Ils leur en veulent et témoignent beaucoup d'assurance de les battre. Ils vantent
sovie, puis peu après rappelé à Stockholm et nommé chancelier de la Cour, ministre à Londres (1793-1795), à Berlin (1798-1804 , président de la Chancellerie (1809) et peu après ministre des AfTaires étrangères. Fait baron le 29 juin 1809 et comte en 1816, il se retira définitivement des affaires en 1819 et alla finir ses jours dans ses terres en Pologne.
1. Cf. Gentz à Karadja, Vienne, 21 juin 1814 {Dépêche inédile aux hoipodan de VaUchie, tome I^ page 80 et suivantes).
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au contraire les Prussiens et comptent sur eux comme des alliés inséparables.
€ La Prusse parait convoiter la meilleure partie de la Saxe et elle est en dispute avec rAutriche sur la possession définitive de Mayence.
€ On n'est pas plus d'accord sur l'Italie que sur l'Allemagne et la Pologne. »
Mécontentement et troubles à Milan.
€ Les Russes disent que leur souverain a pris de Thumeur de ce que TEmpereur d'Autriche n'a pas fait de visite à l'Impératrice de Russie en allant de Paris à Vienne et ne Ta pas invitée à venir ici. »
Vienne, 13 juillet 1814.