‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 29 sur 816 · Vienne, 12 juillet 1814 (F. 1. ad · texte numérisé non relu

Vienne, 12 juillet 1814 (F. 1. ad

PIQUOT à GOLTZ (iniercepla en français) (Analyse).

Bruit sans fondement du départ de Murât de Naples. La reprise du pouvoir pair Ferdinand IV. L'Autriche à la recherche d'une compensation pour le roi de Saxe.

Il ne lui parlera de la Suisse qu'après avoir vu le chargé d'affaires helvétique avec qui il doit conférer le lendemain. Il enregistre le bruit du départ de Murât de Naples et de l'intervention de l'Angleterre en faveur de Ferdinand IV qui a repris les rênes du Gouvernement en Sicile (1)...

< Le courrier autrichien a dû avoir été expédié à Berlin par rapport aux affaires de Saxe et y porter les propositions à faire au roi. On m'affirme que la Cour de Vienne désirerait maintenant voir le roi de Saxe troaver une indemnisation de son Royaume dans la possession des Légations de Bologne et de Ferrare (2). . . Je ne manquerai pas de suivre cet objet important . )►

1. Ferdinand IV avait en clTet repris le pouvoir le 4 juillet (Cf. G» Wbil. JoMchim Mar&t. U dernière année de règne (mai 18U-mai 1815), tome I, pages 196-197).

2. Hrhs, Hof nndStàats Archiv. Hardenbcrg à Metternich. Paris, 7 juillet.

• Je souhaite vivement que le roi de Saxe soit bien placé et cela n est fai- « sable qu'en Italie en lui donnant les trois Légations. Vous aurez en lui un

• allié dont vous pourrez toujours tirer parti. En bonne politique vous dc- « vrez préférer cet éUblissement pour lui à tout autre dans le Nord de TAl- « lemagne où il serait moins sous votre inûuence. Le Pape n est pas un « obstacle... »

9ï AUTOUR DU GOKGBàS DE VISKNE

Vienne, ll^juillet 1814.

28^ Vienne, 13 juillet 1814 (F. 1. ad 3565).

BERNSTORFF au MINISTÈRE DANOIS (m/erce/)/a en français)

Les causes de la remise du Congrès au 10 septembre. Les embarras do Met iernich et de lord Castlereagh. La Pologne et la frontière de Galicie. Difiicultés de la situation de l'Autriche. L'opinion publique à Vienne et les nouvelles répandues en ville par le Gouvernement.

Les informations les plus exactes que j'ai ébé à même de recueillir servent à confirmer la partie la plus essentielle des notions que j'ai eu Thonneur de soumettre à Votre Excellence dans mon précédent rapport.

11 est très vrai que le prince de Metternich s'est trouvé dans les plus grands embarras pour ne pas avoir obtenu de la part de lord Castlereagh tout l'appui sur lequel il avait compté. 11 se plaignit de ce que le ministre anglais, aux dispositions d'uquel il rend du reste toujours la même justice, n'a que faiblement appuyé ses démarches et réclamations) et il attribue la nécessité, où il s'est trouvé de proposer Tajournement du Congrès^ à la difficulté inattendue que lord Castlereagh a fait de quitter l'Angleterre assez promptement pour pouToir être* rendu à Vienne, au terme fixé pour l'ouverture des négociations. II parait du reste, d'après les dernières nouvelles de Londres, qu'avant le départ des souverains les esprits se sont de toute part un peu radoucis. On a fini par convenir, à ce qu'on m'assure, que les plénipotentiaires des souverains alliés se trouveraient réunis à Vienne au pins tard le 10 septembre et ^Empereur de Russie a promis d y être rendu en- Ire le 20 et te W dti même mois. On doute cependant toujours que cette promesse se réalisera à moins qu'on, ne trouve jus^ que là moyen d'en écarter les principaux points de vexation.

On continue à regarder la question de la frontière de Pologne du côté de la Galicie comme la plus difficile à résoudre. Quelle que soit cependant l'importance que la Cour d'ici attache à Taequisition de Cracovie, les personnes les plus à portée d'apprécier- ses dispositions et d'approfondir ses vues semblent s'accorder dans l'opinion qu'elle cédera sur ce point plutôt que de braver les dernières extrémités et elle finira par abandonner toutes les prétentions qu'elle ne réussira pas à faire

LES PRÉLIUIflÀIRES ET LES AJOURNEUEHTS DU CONGRÈS 23

valoir au. moyeni de l'inteirventioa de l'Angleterre. L'hiuneur pacifique àe TËmpereur, le caractère de son ministre^ auquel on coonaîL plus de souplesse que de vigilance, la désoi^anisation de l'armée et la pénurie des floanccs, tout semble con.courir à donner du poids à cette opinion.

En attendant, le cabinet de Vienne met tous ses soins à dérober ses embarras et sea alarmes à la connaissance du public et à pallier l'alTront qu'il vient d'essuyer. C'est h cetle lin qu'on continue à faire entendre qu'il se manifeste en Russie même une opinion très prononcée contre l'idée d'un rétablissement d'un Royaume de Pologne, que des représentations très fortes là-dessus ont été adressées à l'Empereur Alexandre et qu'en effet ce Souverain a été vivement pressé par les premières autorités de soa Empire d'accélérer son retour en Russie, où la prolongation de son absence a fait accroître et multiplier de plus en plus les inconvénients les plus graves.

29, Vicime, 13 juillet tSli (P. 1. ad 3SS5).

COMTESSE DE RliCHBERG (1) ou COMTE DE GŒRTZ [intercepta en français).

On ne doute pas dans le public que le Congrès ne se réunisse. On tire en suspens la réunion des Souverains. Cependant tous les préparatifs pour les fêtes se continuent...

Je sens, mon père, combien vous devez souffrir de ce nouvel incident qui menace le sort de notre pauvre Allemagne.il était sans doute à prévoir. On ne pouvait supporter ici la trop grande étendue de frontière et d'influence de la Russie. On ne pouvait voir non plus avec indiffécence le trop grand agrandissament de la Prusse et Mayence entre ses mains est un objet de grande attention. On voyait d'ailleurs avec une peine inÛni^ Te sort dé la Saxe.

1. Femme du Comte Aloîs français Xavier de Hcclibci'n;. Ministre de Bavière au CoagriB, Qllo du Comte de Gccrtz, conseiller intime du rui de Sutc. qui l'envoya i Vienne au mois de septembre. {Cr. Pallaim. Corresiiondanct inédite de T»ttej/r»nd et de Loait XVIL ^ole, page 3.)

On dit que de grands armements se font en Bavière. De grandes forces réunies pourraient peut-être éviter de grands maux. Tel est Tespoir général. Puissent-ils ne pas nous tromper.

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