VIU PRÉFACE
resianum. Destiné comme son frère à la carrière des armes, il entra en 1783 au régiment de cuirassiers Garamelli (aujourd'hui, régiment de Dragons n* 2, comte Paar). Un accident grave, une mauvaise chute de cheval, l'obligea peu de temps après à quitter Tarmée et à passer dans l'Administration.
C'est ainsi qu'on trouve Tancicn lieutenant de cavalerie pourvu dès 1786 d'un emploi de commissaire de cercle {Kreis com?nissfir). Neuf ans plus tard, en 1795, il est déjà capitaine de cercle (Kreis Haiiptmann)kTrsiiskirchcn et chargé comme tel de l'administration du territoire désisrné sous le nom de Unter dem Wiener Walde. Nommé conseiller de Gouvernement et appelé en 1802 à faire partie de la commission qu'on venait de former à Vienne pour assurer les subsistances, promu quelques mois après, le 28 avril 1803, conseiller aulique, il entrait presque en même temps à VOherate Polizei iind Censur Hofstelle (Ministère de la Police et de la Censure), dont il devint le Vice-Président vers le milieu de Tannée 1807 et le Président en mars 1812.
Partout, dans les différents postes que le baron Hager avait occupés depuis son entrée dans l'Administration, il avait brillamment marqué la trace de son passage. Presque dès le début de sa carrière de fonctionnaire, il avait eu la bonne fortune, uniquement due à son mérite et à son intelligence, d'appeler sur lui l'attention de Joseph II, très frappé parla justesse et la profondeur des idées émises par le jeune commissaire de cercle dans un travail, qu'il fournit au moment où on s'occupait de rétablissement d'un plan nouveau de répartition des impôts. Plus tard, dans un tout autre rayon d'action, à deux reprises pendant qu'il exerçait les fonctions de capitaine de cercle en 1797 et en 1800, il eut à assurer le cantonnement et les subsistances d'une grosse partie de l'armée autrichienne, à présider à la levée et à l'organisation des volontaires et de l'insurrection hongroise, à diriger et à surveiller les travaux de défense qu'on avait décidé de faire exécuter sur le Semmering et dans le Wiener Wald. En 1806, après la paix de Presbourg, l'Empereur François le chargea en qualité de commissaire extraordinaire d'une mission temporaire dans les territoires, qu'il avait administrés
précédemment et qui venaient d'être durement éprouves par le passage, les mouvements et le séjour des troupes, les réquisitions de toute espèce, les charges et les horreurs de la guerre. En 1809, ce fut i lui qu'en sa qualité de Vicc-Frésideat de la Polizei-Hofstelte on confia le soin d'agir sur l'opinion publique et ce fut grftce à l'inQuence qu'il sut exercer sur les esprits que tes populations, auxquelles il réussît à faire comprendre la nécessité d'une pareille mesure, accueillirent, presque avec enthousiasme, les décrets qui ordonnèrent la levée et la formation de la Lam/iceky.
Instruit, intelligent, doué d'un esprit aux vues larges, d'une extraordinaire activité et d'une rare capacité do travail, modérant et adoucissant dans la limite du possible les rigueurs souvent excessives et irritantes, presque toujours brutales, de la Censure, llagcr, grftce à l'urbanité qu'il sut déployer dans l'exercice de ses délicates fonctions, grftce au tact qui ne lui lit que bien rarement défaut (même lorsqu'il lui fallut faire exécuter des mesures contre lesquelles il avait vainement protesté), parvint à se concilier les sympathies générales, à s'assurer même l'estime de la plupart des personnages amenés à Vienne par le Congrès. Bien peu parmi ces derniers eurent l'occasion de formuler des plaintes contre la surveillance à laquelle ils se savaient tous soumis, et qui, malgré la prudence et la discrétion qu'on avait recommandées et imposées au personnel chargé de s'en acquitter, ne fut pourtant ni moinsattentive.ni moins 8errée,ni surtout moins fructueuse.
Chambellan de l'Empereur du 1" octobre 1797 et conseiller intime en février 1809, malade, fatigué, usé par le travail et par la tension continuelle de toutes ses facultés,ob]igé par son état de santé de se démettre de ses fonctions dans les premiers jours de l'année 1816 et d'aller chercher dans un climat plus doux la réparation des forces qu'il avait dépensées au service de son pays, Hagcr reçut de son Empereur le 20 juin 1816 un éclatant témoignage de sa satisfaction, une récompense aussi rare que précieuse, la Grand-Croix de l'Ordre de Léopold. 11 n'en devait pas jouir bien longtemps cl moins de six semaines plus tard, le 31 juillet, il mourait à Stra, à une dizaine de kilomètres de Padoue.