Vienne, 14 octobre 1814 (P. 2. 4241 ad
Nota à HAGER (en français) (Analyse).
Espoirs et projets des Polonais. Lubomirski et Talleyrand. Opinion d'Anstett
sur la Pologne.
Rapport sur les moyens de toute espèce employés par les Polonais et sur les espérances qu'ils fondent sur la France.
1. Chargé de la direction de la police en Saxe aussitôt après Leipzig et placé auprès de Hepnin, Miltitz était un ardent partisan de la Prusse au service de laquelle il ne tarda pas à entrer.
L'agent rend compte qu'il a été reçu par le prince Eugène qui s'étonne de ce qu'on n'ait pas encore songé à pourvoir d'un emploi ce dit agent, qu'il avait cependant lui-même gardé en place, rien que sur le vu des notes qui lui avaient été données par les Autrichiens.
Le prince Eugène croit que le Congrès fera quelque chose pour lui. Il est encore convaincu actuellement que, sans les événements de Milan, il aurait obtenu toute autre chose pour l'Italie.
L'agent a été de là chez Aldini qui, en parlant de Napoléon, lui a afGrmé que, sans l'intervention de Bassano, Napoléon aurait signé la paix à Dresde et qu'il avait déjà la plume à la main pour le faire.
Aldini croit qu'à cause des réclamations de l'Espagne pour Parme et Plaisance, on donnera à Marie-Louise les trois Légations.
368 Vienne, 14 octobre 1814 (P. 2. 4251 ad S565).
Rah'ort à IIAGER (en français).
Nouvelles diverses. Caslelerea^h passe les afTaires de la Hollande à Lord Gathcart. Munster et l'Italie. La Prusse, la Russie, l'Autriche et la Pologne Alexandre et la princesse Bagration.
Lord Castlereagh, manquant de temps, a confié les afTaires de Hollande à Lord Cathcart (1) qui s'en occupe sérieusement.
Le comte Munster trouve juste et naturel que les Italiens désirent former un seul Etat, chose impossible cependant dans l'état actuel de l'Europe . Ils devraient pour le moment se contenter de former une Confédération de tous les Etats de la Péninsule.
Les Prussiens craignent au fond beaucoup de voir les Russes s'agrandir en Pologne et sont loin d'être satisfaits de lattitude, jalouse à leur égard, de l'Autriche.
1. Cathcart (William Shaw, comte, vicomte de Cathcart et Grecnock (1775- 1843), servit dans l'armée de 1796 à 1812, époque à laquelle il fut appelé à remplir les fonctions d'ambassadeur en Russie. Il suivit le quartier général des souverains jusqu'à leur entrée à Paris. L'un des plénipotentiaires au Congrès de Vienne, il vint une seconde fois à Paris après Waterloo et retourna à la paix à Pétersbourg où il représenta l'Angleterre pendant plusieurs années.
Hier (13 octobre), après le bal de la Cour, Alexandre est venu, à 11 heures, tout seul en fiacre chez la princesse Bagration, qui, par parenthèse, voit deux fois par jour, matin et soir, le grand-duc Constantin. Alexandre y est resté jusqu'à 2 heures du matin.
Je ne sais pas autre choses parce que tous ces jours-ci je n*ai pu aller chez la Princesse, et quand j'y vais, j'y trouve toujours du monde, et surtout des Russes qui parlent ordinairement leur langue que je ne comprends pas.