Londres, 4 octobre 1814 (F. 2. 4244 ad
D'AGLIÉ à SAINT-MARSAN (à Vienne) (în/ercc/)(a) (en français).
Les démarches de d'Allié auprès de Castlereagh au sujet de la cession de la Savoie. Les explications de Castlcreagh. Les confidences de Miinster. Projet d'échange de la Savoie contre quelques portions du Comté de Nice sur la droite du Var.
Dès le mois de juin, je reçus ordre du roi de représenter à ce gouvernement, de la manière la plus forte, combien Sa Majesté est affligée du démembrement qui venait d'être fait de la Savoie, et de tâcher de pénétrer s'il y avait quelque possibilité de revenir sur ce qui avait été établi à cet égard par le traité de Paris (1).
Je m'acquittai de ces ordres auprès de Castlereagh qui me parla sur le sujet avec la plus grande franchise. Il me témoigna d'abord que le Ministère anglais regrettait sincèrement que Sa Majesté fut obligée à faire ce sacrifice,"d'autant plus qu'on voyait qu'il était beaucoup plus considérable par ses conséquences qu'on ne l'avait cru d'abord. 11 me dit que le roi de France avait témoigné de la répugnance à consentir à cet article du traité, mais qu'5 la fin, il avait été obligé d'y donner son consentement ; que les vues des Alliés, en accordant un agrandissement à la France, auraient été de concilier au roi une popularité dans l'armée, dont l'orgueil aurait été blessé si Sa Majesté n'avait pu garder aucune portion des conquêtes que la France avait faites. 11 me dit aussi que, comme il avait été impossible d'ajouter quelque chose aux agrandissements accordés à la France du côté des Pays-Bas, on avait été obligé de