‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 332 sur 816 · Vienne, 16 octobre 1814 (P. 2. 4264 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 16 octobre 1814 (P. 2. 4264 ad

©e à HAGER

Les concessions que Castlereagh aurait arrachées à la Russie Considérations sur la conférence du 14 et sur les affaires allemandes.

Hier, on avait Tair de croire qu'on restituerait à T Autriche la Galicie occidentale, à la Prusse une partie de ses anciennes possessions polonaises et que la Russie se décidait à céder sur les instances de lord Castlereagh. S'il en est ainsi, le roi de Saxe, quoique fortement amputé, pourra continuer à exister, et on aura épargné à l'Europe la honte d'avoir anéanti et dépossédé la dynastie saxonne.

Pour ce qui est de la conférence du Congrès d'avant-hier 14(1), voici ce que j 'ai pu en savoir : Elle a duré de une heure à quatre heures. Elle a eu pour objet l'organisation intérieure d'un nouveau système fédératif des gouvernements allemands. On y a vaguement parlé d'un simulacre (sic) d'empereur héréditaire allemand ou d'un chef suprême de la Confédération. Mais le projet n'a été accepté qn ad référendum.

Voici d'ailleurs ce que j'ai entendu dire de ce projet : Avant 1792- et pendant tout le temps des guerres de la Révolution française jusqu'en 1805-1800^ la couronne du Saint- Empire romain a été un véritable fardeau pour l'Autriche. Pourquoi en 1814 et au prollt de qui TAutriche accepteraitelle un semblant d'Empire héréditaire et le protectorat perpétuel de la Confédération de l'Allemagne, de cette Confédé-

1. Cf. D'Angbbbro, 289. Protocole de la premijrc séance du Comité des Affaires allemandes.

310 AUTOUR DU CONGRÈS DE VlENTfE

ration dans laquelle les différents Etats se jalouseront natureUementy d'abord entre eux, puis intrigueront contre TAutriche, et enfin et surtout contre le chef de la Confédération qui n'aura ni les moyens, ni les pouvoirs indispensables pour se faire écouter et obéir ? Quel appui les petits Etats pourront-ils trouver dans un chef qui n'a en réalité aucune prérogative, aucun moyen d'imposer sa volonté ? Pour TAutriche la dignité impériale n'est qu'une question de vanité, de prestige, une source de grosses dépenses et de continuels embarras.

La conception d'une Confédération allemande ne saurait se concilier avec Texistence d'un Empire allemand héréditaire. La coterie Stadion est naturellement très hostile à ce projet et serait désolée de voir Metternich assurer à la Maison d'Autriche la couronne héréditaire de TEmpire allemand, dont le comte Stadion a si légèrement dépossédé notre cour. Les mêmes personnes qui déblatéraient encore le 13 contre Metternich, qui lui reprochaient de ne rien faire pour restituer la couronne impériale à la Maison d'Autriche, ces mêmes personnes, depuis qu'elles ont connaissance de ce qui s'est passé lors de la conférence du 14, déclarent aujourdhui que ce serait une véritable calamité pour l'Autriche si son Empereur devenait VEmpereur héréditaire d'Allemagne.

Page 1