Vienne, 16 octobre 1814 (P. 3. 4264 ad
Nota à HAGER (en français).
L'opinion de Capo d'Islria sur Castlereagh, Murât, Naples et l'Autriche. Les craintes de l'Autriche. Les projets de Murât. L'avenir troublé et l'état actuel de l'Italie. Un mot de Pozzo di Borgo sur Napoléon.
Castlereagh n'est (d'après Capo distria) qu'un homme habile pour parler à la Chambre, mais en somme de peu de moyens et qui ne connaît que l'Angleterre. Les autres membres du ministère ne valent pas plus.
Si Murât (toujours d'après Capo d'Istria) reste à Naples, c'est que l'Autriche le veut et, si elle le veut, ce n'est pas par caprice, mais par un faux raisonnement. Elle craint les Bourbons et croit qu'en conservant Murât à Naples elle s'assure la
possession tranquille du reste de Tltalie. Tout homme qui connaît ce pays, Murât, la situation actuelle de l'Europe et les opinions qui Tagitent, sait combien ce raisonnement est faux. Murât promettra tout, mais il attendra le moment, préparera ses moyens, et puis il dira aux Italiens : Me voicij chassons les Allemands et soyons Italiens.
Italie ! Italie/ ce sera le cri d^un bout à Tautre, et bientfrt la grande affaire sera faite que les Bourbons n'auraient jamais, ni pensé, ni voulu, ni su faire si on leur rendait leurs Etats dans la Péninsule. Est-il possible que l'Italie, gouvernée sévèrement par les Allemands à l'Allemande et faiblement gouvernée par le Pape, organisée à la Française au Midi par Murât, puisse rester longtemps dans un pareil état ? Je crois la chose sans remède, et je plains Tltalie, car elle aura une grande secousse à supporter, tandis qu'en rendant Naples à Ferdinand, celui ci n'aurait cherché qu'à rester tranquille chez lui.
Capo d'Istria ajouta : < On se trompe fort si Ton croit que « ritalie est tranquille et contente. Il y avait une seule manière € de la calmer. Un gouvernement raisonnable et libéral, au « moins dans les formes, un Roi sans ambition à Naples, « alors ritalie se serait calmée peu à peu. Laissez faire Murât, € et vous verrez ce qui arrivera. »
Je vous répète ce que Pozzo di Borgo disait ce soir : « Le grand Coquin est par terre à Vile d*Elbe. Le grand point est gagné. Moquons-nous du reste et laissons faire, »