Vienne, 19 octobre 1814 iF. 2. 4487 ad
PIQUOT (Conseiller de légation prussien) à X... (à Weimar)
(Iniercepta) (en français) (analyse).
Envoi de la copie d'une lettre relative à un incident survenu en Suisse. Lenteur de la marche des affaires. La Saxe, les Prussiens et les Russes.
Des gens de Fribourg, accusés de complot contre le Gouvernement arrêtés à Berne, ont été trouvés porteurs de passeports autrichiens.
1. stassart (Joseph- Auguste Goswin, baron de) (1780-1854). Né à Malincs, il étudia le droit A Paris. Auditeur au Conseil d'Etat (1804). Intendant dans le Tyrol (1805), puis dans la Prusse Orientale et à Berlin, en remplacement de Bil^non (1808). Rentré en France et d'abord sous-préfet d'Oran§^e, puis préfet de Vaucluse (1809) et des Bouches de la Meuse (1813). Revenu à Paris après l'occupation de ce département par les Alliés, il fut attaché au service de Joseph. 11 se rendit ensuite en Autriche où il devint Chambellan de l'Empereur François. Revenu en Belfçique en février 1815, il ofTrit ses services à Napoléon qui l'envoya auprès de l'Empereur d'Autriche porteur d'une lettre autographe (Correspondance j t. XVIII, 21753, Paris, 1" avril 1815), mais il ne put dépasser lAïu. Revenu à Paris, il fut nommé Maître des Requêtes au Conseil d'Etat. Il fui ensuite, d'abord député aux Etats Généraux des Pays-Bas (1K21-1830;, puis membre du Congrès National de Belgique (1830), gouverneur des provinces de Namur (1830) et du Brabant (1834-1839), membre du Sénat Belge (1831-isi7) et enfin président de cette assemblée.
2. Guillaume 1*' (1772-1843) fils du stathouder perpétuel Guillaume V de Nassau. Il abandonna la Hollande envahie par les Français (1795) et n'y revint
Piquot ajoute : « Les affaires du Congrès avancent lentement, mais cependant on a tout lieu d'espérer que tout sera prêt pour la date de son ouverture et qu'alors tout tendra à un terme définitif. »
L'agent fait connaître en outre que Piquot vient d'annoncer confidentiellement à un de ses amis que les Russes évacuent la Saxe qui va être occupée par les Prussiens.
LCEWENHIELM (1) à son frère (à Stockholm) (IntercepU).
Le Congrès et les causes de la déclaration. Ce qu'il prévoit. L'Empereur et l'impératrice d'Autriche. Le Roi de Danemark. Les g^affes de Bildt avec les Rois de Bavière et de Danemark.
Pour te donner une petite précision diplomatique, à laquelle tu as droit comme frère de diplomate et diplomate toi-même, je te dirai que jusqu'à présent le Congrès ne s'est point assemblé en forme. Tu auras vu peut-être une déclaration dans toutes les gazettes de TEurope qui le proroge jusqu'au l*' novembre (2). Cette déclaration, dont je suis coupable, pour un huitième ou un dixième peut-être, est un modèle d'incohérence et de fausse logique. Mais c'est ainsi qu'il le fallait pour éviter de toucher à d'autres questions délicates par une simple déclaration préalable. On ne l'a pas signée pour éviter toutes questions de rang et de préférence jusqu'au moment terrible où il faudra les vider.
Dieu veuille que les membres du Congrès ne fassent pas alors comme les pères du Concile de Nicée, qui décidèrent la question de la Trinité à grands coups de poings. Pour moi,
qu'en 1813. Prince d'Orange, il porta le titre de prince souverain des Provinces Unies jusqu'au moment où il fut déclaré roi des Pays-Bas. La Belgique lui échappa en 1830.
1. Lœwenhiclm (Gustavc-Charles-Frédéric) (1771-1856), était aux côtés de Gustave III, lorsque ce prince fut assassiné en 1792. Fait prisonnier dans la guerre de Finlande (1808), aide de camp de Bernadette, il quitta en 1814 Tarmée pour entrer dans la diplomatie et fut ensuite ambassadeur à Paris jusqu'à sa mort.