‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 399 sur 816 · Vienne, 23 oct. 1814 (F. 2. 4129 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 23 oct. 1814 (F. 2. 4129 ad

Nota à HAGER (en français).

Confusion générale et nouvelles contradictoires du Congères. La carte de visite du grand-duc Constantin et ce qu'il souhaite à Murât. Ses visites chez la Bagration. Les amours du prince Charles de Bavière avec la princesse. Questions que la Princesse lui a posées à propos d'Alexandre et de Metternich.

Jamais on n'a pu dire comme à présent : € Toi capita^ tôt senstis, » On ne sait plus que croire et à qui croire. Tantôt c'est la Russie qui cède, tantôt c'est nous qui cédons en tout* Tantôt nous sommes fermes, l'Europe est avec nous, et le roi de Saxe est sauvé et la Pologne n'est pas russe en totalité. Tantôt Murât est sententié (stc), puis tantôt il est plus que jamais sûr de régner. Après avoir entendu tout cela, on ne sait que dire, que penser. Le fait est que l'on ne sait rien^ et

on peut dire au moins que, si Ton négocie, le secret est bien gardé^ car à chaque heure tout change ; ce qui prouve que rien ne repose sur des notions sûres.

Parmi ces avis en Tair, je relève celui du grand-duc-Constantin, parce que son rang peut lui donner une certaine importance. Avant-hier, il s'est fait graver une planche :

€ Le Grand-Duc Constantin...

Varsovie. »

Le vide portera le titre qu*on lui donnera, et il laissa Tordre de lui envoyer la plaque à Varsovie. En parlant de Murât, il a dit : « Pour celui-là, j'espère qu'il la dansera. »

Le grand-duc va tous les soirs à 10 heures chez la princesse Bagration. Il y reste trois heures en petit comité et il parle, parle toujours. C'est lui seul qui parle. Avant-hier, il s'en donna sur les Anglais qu'il déteste.

Le jeune prince Charles de Bavière va aussi très assidû« ment chez la princesse Bagration, dont il est amoureux en vrai jeune homme. On se moque de lui, et c'est dommage.

Hier, en entrant chez elle, la princesse me dit : « Dites-moi un peu, qu'à fait Metternich à l'Empereur qui ne peut le souffirir. »

— € Quel Empereur ? dis-je. »

— « Le nôtre. »

— « Apparemment, il n'a pas cru devoir se prêter à tout ce qu'il exigeait de lui. Metternich est ministre. Alexandre est souverain. Le premier n'est pas le maître d'accorder, et les souverains n'aiment pas les refus. »

Ici, une autre personne est entrée et la conversation a pris fin.

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