‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 494 sur 816 · Vienne, 30 octobre 1814 (P. 3. 4183 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 30 octobre 1814 (P. 3. 4183 ad

Rapport à HAGER (en français).

La Tour du Pin Gouvernet. — M"« de la Tour du Pin. L'Ambassade française mal vue à Vienne.

A Toccasion de la petite partie de chasse donnée à Hietzing par le comte François Paliïy, j'ai fait parler les gens de la maison de Tlmpératrice Marie-Louise. Us m'ont dit que La Tour du Pin était le beau-frère dû général Bertrand (2) qui est à rîle d'Elbe avec Bonaparte. A peine de retour à Vienne, je cherchai le baron de Fierlant, cousin de M. de Liedekerke, gendre de La Tour du Pin, Il m'a confirmé ce que j'avais appris et m^a dit que toute la Société Belge ne comprenait pas comment Talleyrand avait fait choix de La Tour du Pin pour le placer à Vienne. 11 a ajouté que la femme de La Tour du Pin y viendrait bientôt et que c'était une personne très intriguante.

Le baron de Fierlant (3) m'a dit que les Français de l'Ambassade sont très mal vus à Vienne et le seront encore davantage quand M"* de la Tour du Pin y sera.

1. Cf. potir plus de délails G. LABOucHèRB, Pierre-Céiàr Labonchère dans la Revue d'Histoire Diplomatique. N* 3, 1913 et n^ 1, 1914.

2. Le général Bertrand avait en effet épousé Fanny Dillon, fille du Général Arthur Dillon guillotiné en 1794 et sœur cadette de la Marquise de la Tour du Pin Gouvernet. Cf. F. Masson, Napoléon à Sainte- Hé lé ne et Marquisb db LA Tour du Pin, Journal d'une femme de cinqu&nle&m.

3. Fierlant (Antonin, baron de), fils de Goswin, Anne-Marie Félix de Fierlant (président du Grand Conseil deMalines^puis président du Conseil d'Appel de Bruxelles, et ensuite chef président du Conseil Privé des Pays-Bas, de juin 1793 à l'invasion française) et de Marie-Thérèse, fille de Patrice comte de Nény. MM. de Fierlant et de Nény fnrent des soutiens dévoués et opiniâtres de la politique autrichienne des Pays-Bas. Leur fils et petit-fils fut probablement attiré à Vienne par le sentiment de loyalisme qui y retint nombre de Belges au commencement du xiz* siècle. Antonin de Fierlant hérita du titre de baron en 1820 à la mort de son oncle Jean- François-Joseph de Fierlant, conseiller honoraire de la Cour des Comptes du royaume des

LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMEiNTS DU CONGRÈS 433 619. Vienne, 29 octobre 1814 (F. 3. 4178 ad 3565).

B... à HAGER

Anstclt et l'état de la question do Pologne.

« Mon maître, m*a dit Anstett, auquel je demandais s'il était vrai qu'on se fût mis d'accord sur la question de la Pologne, est plus entêté que jamais et cherche à se retrancher derrière des arguments plus spécieux les uns que les autres, même avec moi et bien qu'il sache que je suis resté inébranlablement fidèle à mes idées. Le plus singulier en tout ceci, c'est que lorsqu'il se sent par trop pressé par les autres, c'est moi qu'il appelle à la rescousse. C'est dimanche passé (le 23) qu'il s'est pour la dernière fois entretenu avec moi. 11 avait Tair de vouloir à la fois et se réconcilier avec moi et me convertir. Il a été assez dur et assez amer et m'a dit entre autres choses : « Quand on a autant de talent que vous, on s'applique à travailler de toutes ses forces dans le sens voulu par son souverain, ou si l'on ne peut s'y résoudre, on donne sa démission et on se met en règle avec sa conscience en faisant son devoir et en conseillant à son souverain ce qu'on croit lui être réellement utile.» Cela dit, il m'accabla de nouveau de besogne et depuis qu'il est parti pour la Hongrie, j'ai déjà dû lui envoyer deux courriers. »

Moi : € Mais vous m'avez dit qu'il vous avait retiré toutes les affaires relatives à la Pologne pour les confier au prince Czartoryski. »

Lui : 4c Rien ne doit vous surprendre de la part d'im caractère aussi changeant, surtout quand il se sent acculé. 11 n'a pas une confiance illimitée dans la façon dont Czartoryski s'acquitte de la besogne. Moi, il me connaît et lors de la dernière audience qu'il me donna, il me dit que je connaissais les affaires bien mieux que les autres. Voilà ce que sont les grands de la terre. »

Pays-Bas, créé baron avec réversibilité sur la tête de son neveu par le roi Guillaume. Le baron Antonio de Fierlant n'occupa aucun emploi public et mourut à Vienne le 1*' mars 1830. il était parent des Liedekerke par les Néoy. La marquise Desandrouin, grand'mère maternelle de M. de Liedekerke, était la fille atnéedu comte de Nény et la sœur de M** de Fierlant (Renseignement dû à l'obligeance de M. le Comte de Villermont).

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