‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 513 sur 816 · Vienne, 2 novembre 1814 (P. 3. 4209 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 2 novembre 1814 (P. 3. 4209 ad

Rapport à HAGER (en français).

Renseignements fournis par les conseillers des légations d'Espagne et de Portugal. Ouverture du Congrès le 8. La France, la Hollande, la Prusse. Remaniements de la carte d'Allemagne. Dangers résultant de l'agrandissement de la Prusse. L'Autriche, la Russie, la Pologne, le Pape, Murât, les Légations.

On a décidé d'ouvrir le Congrès le 3, de renfermer la France dans les limites du traité de Paris, d^attribuer à la maison d'Orange les Pays-Bas, à la Prusse les places de Majeace et de Cologne, les duchés de Berg et de Juliers et la principale partie de la Saxe.

La Prusse sera tellement forte qu'avec le temps elle pourra devenir funeste à TAJlemagne et notamment à T Autriche. Ces deux maisons ont pu, dans le malheur, faire taire leurs rivalités, mais elles se réveilleront dans la prospérité et ensanglanteront encore les champs de l'Allemagne .

L'Autriche, outre ses possessions d'Italie, aura la Brisgovie (sic)j une partie de la Souabe et Kehl, moyennant des arrangements avec la Bavière, à laquelle on cédera le duché de Bade, dont le souverain a fait un contrat avantageux et ira finir ses jours à Paris, au Palais-Royal.

1. Filangieri ne partit que le 6 novembre (cf. Dépêche de Metternich à Mier du 6 novembre dans Commanoant Wbil, Joàehim Murai, La, dernière ànné% du règne, 11, 9.

Filangieri (Carlo-Ce8are)il784-lS67). Passé au service do la France le 17 juin ISOO, rentré au service de Naples, devenu aide de camp général de Joachim, le 26 avril 1814, grièvement blessé au combat du Panaro, il continua à servir les Bourbons jusqu'en 1823. Réintégré en 1831, il commanda en chef le corpg expéditionnaire de Sicile en 1848, bombarda Messine, pacifia l'tle et reçut le tilre de duc de Taormina. Mis à la retraite le 12 février 1855, il fut en 1859 après la bataille de Magenta, appelé par François II k remplir pendant peu de temps, les fonctions de président du Conseil des Ministres. Mort à Portici le 14 octobre 1867.

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jeure partie du duché de Varsovie. Sa Majesté s*est même servie de la phrase catégorique : € Je le veux ! qu'on vienne m'en déposséder ! »

Dans une autre occasion, Sa Majesté répliqua au Prince de Talleyrand qui observait que le Roi de Saxe n'abdiquerait pas : « Qu est-ce que cela fait ? Il ne sera pas le premier Roi de Pologne mort en Russie. i^

Qu'on juge d'après ces données confuses combien il faut de prudence, de tact et de fermeté pour conduire les négociations de manière à satisfaire les différents partis et à réunir leurs suffrages.

La cour de Vienne a fait publier dans les gazettes d*ici les remarques que fait le Moniteur du 22 octobre sur Tesprit de sagesse et de modération qui doit animer les Puissances assemblées au Congrès.

On cite un propos du prince de Talleyrand qui prouverait que la France trouve outrées les prétentions de quelques puissances. Il aurait dit : « Je crois quon fait jusqu'ici plutôt « la guerre aux succès de Bonaparte qu'à ses principes. »

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