‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 514 sur 816 · Vienne, 3 novembre 1814 (F. 3. 4475 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 3 novembre 1814 (F. 3. 4475 ad

MAVROJENI au Princo de MOLDAVIE {Intercepta) (en français). Envoi de la déclaration. Gonaidératioas sur la aitualion. Attitude de la France.

Ci-joint par estafette la déclaration qui vient de paraître et qui confirme que les grandes questions n'ont pu être portées jusqu'ici au point de maturité pour commencer le Congrès (1).

La vérification des pleins pouvoirs n'est qu'une formalité qui aurait pu se faire il y a longtemps.

Les plénipotentiaires, qui en sont chargés, ont été tirés au sort et ce sont ceux d'Angleterre, de Russie et de Prusse, Ils constateront seulement Tauthenticité des documents qui leur seront présentés par les Ministres des différentes Puissances^ sans énoncer lesquels de ces ministres seront admissibles ou

1. Cf. a'Anobbbro, dêl'HX Annexe B au premier protocole de la Cosiéronce du 30 octobre 1814. Projet de Déclaration, etc., etc., et deuxiéine protocole de la Conférence du 31 octobre.

l'ouverture Di: congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 455

non. De cette manière l'ouverture du Congrès est renvoyée à un terme peut-être même assez éloigné.

L'obstacle principal de ce renvoi vient de la Russie qui persiste à vouloir garder la presque totalité du duché de Varsovie et à former un Royaume de Pologne. Cette idée est vivement combattue par l'Autriche et TAngleterre, et si toutes les tractations, qui ont été faites pour se rapprocher sur ce point, restaient sans succèSy le Congrès pourrait bien ne commencer jamais et il pourrait en résulter un état de statu quo de l'Europe très fâcheux pour les pays dont le sort est laissé indéterminé, nommément la Saxe, les provinces de la rive gauche du Rhin et celles de l'Italie conquises sur la France.

Les plénipotentiaires français s'opposent également à l'agrandissement de la Russie, et l'ordre de mettre 100.000 hommes sur pied a été donné depuis peu en France. Cependant la France est d'avis, que c'est d'abord à l'Autriche de se prononcer contre les prétentions russes, cette puissance étant la plus intéressée à ce qu'elles ne se réalisent pas.

L'état actuel des choses est un état de crise qui peut tourner en bien ou mal et sur l'issue duquel il est impossible de rien déterminer en ce moment.

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