‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 537 sur 816 · Vienne^ 5 novembre 1814 (F. 3. 4558 ad · texte numérisé non relu

Vienne^ 5 novembre 1814 (F. 3. 4558 ad

LCEWENHIELM à ENGESTRÔM (intercepta) (en français).

Le congrès défini par Metternich et Castlereagh. Protestation de la France et de l'Espagne. Difficultés qui en résultent et causes de ces embarras.

Le prince de Metternich et lord Castlereagh ont manifesté leur opinion que le Congrès n'est à considérer que comme une réunion de toutes les puissances de TEurope en un môme lieu, non pas pour multiplier les difficultés des combinaisons politiques, mais pour les faciliter, abréger les distances qui séparent les Etats et par conséquent rendre les communications promptes et décisives, et qu'ils ne voyent, dans le Congrès, aucun autre but, ni rien qui constitue une Assemblée qui, comme telle, aurait un droit délibératif sur aucune question particulière.

Les plénipotentiaires de France et celui de TEspagne ont formellement et vivement protesté contre cette conception. Ils ont demandé alors ce qu'était ce Congrès, puisqu'on n'y voyait aucun but dans son assemblée générale et ont trouvé une contradiction manifeste entre Tappel fait dans le traité de Paris pour la formation du Congrès et la déclaration antérieure du 8 octobre pour son ouverture le 1" novembre.

Il est, selon ce qu'il me paraît, impossible de sortir de ces difficultés avec les honneurs d'une logique ordinaire. Le mal vient de ce qu'on a imprudemment à Paris proclamé le Congrès en lui donnant le nom, sans réfléchir alors aux difficultés que cela aurait dans la pratique.

Je ne puis nier que les plénipotentiaires français ne puissent avoir pour eux le principe des anciens Congrès et celui qui semble découler de la nature même d'une pareille réunion de plénipotentiaires. Mais d'un autre côté, les grandes puissances, savoir le comte de Nesselrode pour la Russie et le baron de Humboldt pour la Prusse, ont déclaré dans notre dernière séance (1) qu'ils ne comptaient pas soumettre leurs arrangements au jugement d'aucune assemblée quelconque, ni celle du conseil préparatoire, ni celle du Congrès en général. La seule démarche, à laquelle les plénipotentiaires russes, prus-

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