‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 538 sur 816 · Cf. d'ANOBBBRO 361. La séance des Huit du Si octobre · texte numérisé non relu

Cf. d'ANOBBBRO 361. La séance des Huit du Si octobre

siens, anglais et autrichiens se soumettent vis^-vis du Codgrès, est la connaissance qu'ils veulent donner à toute TEurope de leurs arrangements respectifs en demandant sa sanction, mais sans que cela oblige aucune des autres puissances à sanctionner implicitement ces mêmes arrangements.

La diiïérence des opinions vient de ce que les plénipotentiaires français entendent le mot Congrès dans son acception ordinaire, et que les ministres des autres puissances ne veulent pas s'en tenir à cette notion connue, mais le considèrent simplement comme une réunion de toutes les puissances sur un même point afin de faciUter leurs arrangements.

Les puissances signataires se fondent sur le traité de Paris qui exclut la France de toute voix délibérative dans les arrangements a faire par les alliés quant à la distribution des pays conquis, tandis que la France, qui ne peut y être indifférente» cherche à prendre toute la connaissance à laquelle elle croit avoir droit par sa place parmi les puissances de l'Europe. Voilà ce qui constitue le fond de la question que le prince de Talleyrand cherche à gagner en faisant adopter des formes qui y ramènent toujours, en dépit du traité de Paris et en dépit de premières décisions du conseil préparatoire. On ne saurait se dissimuler Tembarras où l'on se trouve pour sortir de cette question.

D'un côté Tliurope, qu'on a appelée à un Congrès et à laquelle on a récemment annoncé son ouverture, a droit à le voir commencer, et l'Europe ne conçoit Tidée d'un Congrès que comme une Assemblée où tous les intérêts seront discutés et sanctionnés, d'autant plus qu'il n'en est aucun qui n'afTecte le bien-être de toutes les autres puissances. C'est ce sentiment qui est vivement soutenu par la France. D'un autre côté, la Russie et surtout l'Angleterre, de même que la Prusse et l'Autriche ne veulent pas soumettre leurs arrangements aux délibérations des autres puissances. Il faut donc chercher des faux-fuyants, en attendant que les puissances, étant d'accord sur leurs grands intérêts, puissent en donner à connaître le résultat, et faire ainsi de la première séance du Congrès la dernière.

Dans la dernière séance du Conseil préparatoire aucune décision n'a été prise (i) Lord Castlereagh, pour calmer la dis-

1. Cf. d'ANOBBBRo 361. Protocole de la séance du SI octobre 1814.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 477

cussion, a observé qu'il valait mieux rejeter à la fin du Congrès tout ce qui tendait à le définir et tâcher d'arriver au but qu'on s'était proposé par la réunion actuelle des plénipotentiaires^ en mettant tout de suite en activité les différents comités, en les composant toujours des puissances intéressées. Lord Castlereagh pensait qu'on n'avait besoin pour cela d'aucim examen théo rétique sic) sur les attributions du Congrès général et du Conseil préparatoire. Il observa que, sans aucune discussion, il s'était déjà formé deux comités, celui des affaires de Pologne (?) et celui de la Constitution de l'Allemagne et qu'il n'y avait donc qu'à former de mâme la commission pour la Suisse et celle pour l'Italie.

Le prince de Metternich se déclara volontiers du même avis, mais observa que, quant à l'Italie, la multiplicité de ses différents intérêts exigerait peut-être plusieurs comités séparés.

Comme aucun des autres plénipotentiaires des huit puissances n'était prêt à s'expliquer sur cette dernière considération, la séance fut levée sans qu'aucune décision formelle ne fût prise, ni aucun jour fixé pour la prochaine réunion du Conseil préparatoire (1). En attendant, on s'occupe confidentiellement de la manière de former les commissions qui doivent traiter les affaires d'Italie, mais cet objets tenant à une décision majeure relative au Royaume de Naples, ne sera probablement de sitôt réglée.

MA VROJEN Y au Prince de MOLDAVIE (inlercepia) (en français).

La Polo^e et la note de Castlereagh. Sympathies de Castlereagh pour la Prusse. L'occupation provisoire de la Saxe. Repnin.

Jusqu'ici on n'a traité au Congrès que la question de la Pologne.

Lord Castlereagh a combattu dans une note Tidée du rétablissement d'une Pologne (2) indépendante.

1. Cf. Talleyrand au Roi. Vienne, 6 novembre» n* 10 et les ambassadeurs du Roi au Congprès du Département, dépêche n* 11 Jbû.

2. Cf. d'Anobbbro, I, 350. Lettre de l'Empereur Alexandre à lord Castle. reagh en réponse à sa lettre du 14 octobre (Vienne, 30 octobre) avec mémorandum annexé et Ibidem, 893-394. Lettre de lord Castlereagh à rEmper«ur

478 AUTOUR DU C05GBÈ8 DE VlEN^iE

Quant aux affaires d'Allemagne, ce plénipotentiaire partit y prendre un intérêt moins direct et il semble plutôt favoriser l'agrandissement de la Prusse, le croyant nécessaire à sa cause d'ajouter à la force de cette puissance pour la mettre à même de résister conjointement avec l'Autriche, d'un cAté à l'extension de la Russie, de Tautre à une invasion de la part de la France.

L'occupation provisoire de la Saxe par les Prussiens aura lieu incessamment. Il est déjà parti d'ici plusieurs employés chargés de ladministration civÛe. Il a été déclaré à la Prusse que cette occupation ne devrait porter aucun préjudice à la décision déGnitive du sort de la Saxe...

On croit que le prince Repnin, qui jusqulci était gouverneur en Saxe, aura le gouvernement de la Crimée à la place du duc de Richelieu, qui se trouve aussi à Vienne.

Page 1