‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 686 sur 816 · Vienne, 26 novembre 1814 (F. 4. 4549 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 26 novembre 1814 (F. 4. 4549 ad

ee à HAGER

Les Prussiens et la note du Beobachter. Les Médiatisés. L'opinion du pvblic viennois sur les principaux hommes d'Etat du Congrès. La Sainte-Catherine.

Les Prussiens ne sont que médiocrement satisfaits de l'article du Beobachter du 24. D'après eux cette note aurait pour

1. Cf. Talleyrand. Dépêche n* 12. Vienne, 17 novembre, page 133 : ■ La cir* culaire du prince Kepnin a été le signal que la Bavière attendait pour déclarer qu'elle ne souscrirait à aucun arrangement et n'entrerait dans «vome ligue allemande que la conservation du royaume de Saxe n'eût été ppèidoM»ment assurée... « Cf. Ibidem. Dépêche n» 13. Vienne, 25 novembre (page 148) « On a môme déjà fait un plan de campagne à la chancellerie de guerre, lie prince de Wrede en a fait un de son côté. L'Autriche, la Bavière et autres

COO AUTOUR DU C05GEÈS DE XÏESJSE

efTet de faire croire aax Médiatisés qu'eux aussi, les maisou de Nassau,Darmstadt, Hesse-Cassel, Anhalt, Reuss, Meckkmbourg, etc. 9 etc., ne tarderont pas à siéger au Congrès. Ces princes ne se gênent pas pour dire : € Nous aussi, nous avons fourni nos contingents aux souverains alliés ; nous avons signé des conventions d'alliance, tout comme la Bavière,le Wurtemberg, et Bade. Nous avons, nous aussi, le droit de siéger au Congrès, de réclamer une indenmité et le remboursement de nos dépenses. »

Les Français continuent à déblatérer tout haut contre les Russes et contre Alexandre. Ils vont jusqu'à dire que loin de s'agrandir, la Russie devrait au contraire restituer quelquesunes de ses acquisitions.

Talleyrand, Humboldt et Stein sont considérés dans le public comme des hommes éminents, tandis qu'on n'a qu'une assez piètre idée des talents de Razoumoffskv, de Nesseliode et de Stackelberg.

Le monde élégant s'est retrouvé le soir chez la Bagration pour la Sainte-Catherine (le 25). Malgré cela, la princesse Jablono^vska, le prince royal de Wurtemberg, le cardinal Consalvi, Wredc, le prince de Nassau, le jeune prince de Reuss^ le commandeur RufTo et pas mal d'Anglais ont passé la soirée chez Castlereagh.

Le même jour, le prince Rosenberg a donné, en l'honneur de saKatinka Buchwieser, un dîner auquel avaient été conviés Petite Aimée (2) avec le grand écuyer, le comte Trauttmansdorff et le comte Rechberg avec sa danseuse de Munich. La mère Buchwieser a dit ces jours-ci : « Ma fille a fait une bêtise en se mettant avec le prince Rosenberg. Elle aurait dû rester avec le prince Ghika (3;. 11 payait mieux. »

Elals Allemands feraient marcher 32.000 horairies... » Et un peu plus loin, page 150 : « Les afTaires de l'Allemagne sont suspendues par le refus de la Bavière et du Wurtemberg, de prendre part aux délibérations jusqu'à ce que le sor t de la Saxe soit fixé. •

I.Le prince héréditaire Henri XIX de Reuss-Greitz. né pn 1790et qui épousa une princesse de Hohan-Kochefort, ou le prince héréditaire de Reuss-Schleitz Henri LXII, né en 1785.

2. La Buchwieser était une danseuse du ballet de Vienne. Petite Aimée, était une des danseuses venues de Paris.

3. Il s'agit ou de Grégoire Ghika qui devint prince de Valachie en 1821 ou de son frère cadet Alexandre.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 601

902* Vienne, 26 novembre 1814 (F. 4. 4549 ad 3565.

©© HAGER (en français).

L'Angleterre et son attitude par rapport à l'agrandissement de la Prusse. Cause de ses ménagements envers cette puissance. Un mot du Trince de Ligne.

J'ai parlé hier avec l'anglais Park et l'ai questionné sur les sentiments de ses compatriotes relativement à la Prusse. Il m'a dit : « Quand TAngleterre a consenti à Tagrandissement de la « Prusse, elle n'a pas supposé que la Prusse embrasserait le « parti de la Russie contre les intérêts de l'Allemagne. Mais « cela ne trouble pas beaucoup les Anglais. Tout bien cousine dé ré, ils feront bien comprendre raison aux Prussiens, qu'il « s'agissait de s'opposera l'agrandissement de la Russie. Quant < à l'Allemagne, si elle veut se brouiller par rapport à la « Prusse et se liguer même avec la France pour cela, les An- « glais ne s'en mêleront pas et resteront spectateurs pour ne « pas froisser la Prusse, qui peut être la plus utile à l'Angle- « terre sur. le Continent. Car les animosités entre nations ne € seront pas éteintes. Le Français sera toujours le rival de « l'Anglais, le Prussien, de TAutrichien, le Russe, du Turc. « D'après cela, le Prussien est plus à craindre pour la France « que les autres Puissances et la position, que l'Angleterre a « donnée à la Prusse, la met en état de soutenir les Anglais « contre les Français. Ce qui pour ma patrie est le principal. »

Le Prince de Ligne a dit hier : « J'ai bien peur que cela ne € finira pas dans un jeu de piquet, et si l'Angleterre ferme sa « bourse aux Prussiens et aux Russes, on peut prédire qui € gagnera. »

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