XVIII AVANT-PROPOS
rimportant service à la tête duquel le baron Hager se trouvait depuis sept ans.
Quelque remarquable, quelque complète que fût à cette époque Torganisation de ces services, il importe avant tout de remarquer qu'ils étaient encore de date assez récente.
Les luttes presque continuelles que la grande Impératrice eut à soutenir et les graves événements qui se déroulèrent au cours de son règne n'avaient en effet pas permis à Marie- Thérèse de consacrer à la Police l'attention et les soins qu*en des temps moins agités elle n'aurait assurément pas manqué de lui donner.
11 n'en fut pas de même pour son successeur et la transformation, ou pour mieux dire, la création des services de la police, et surtout de la police politique, occupa, au contraire, uue assez large place dans le programme des réformes que Joseph H introduisit dans son Empire. Frappé par les lacunes et par les nombreux et sérieux inconvénients que présentait le fonctionnement rudimentaire d'organes presque entièrement indépendants les uns des autres, opérant chacun pour son compte, sans règles fixes, souvent au gré des caprices et des fantaisies des grands personnages placés momentanément à la tête de l'administration des différentes provinces de la Monarchie, l'Empereur résolut, en le centralisant entre les mains d'un seul chef, de donner plus de cohésion à on service aussi essentiel, de lui imprimer l'unité d'action et de direction qui lui faisait défaut et sans laquelle il ne pouvait produire rien d'utile.
Dès les premiers mois de 1782, Joseph II avait en conséquence jeté les bases de cette organisation en appelant le comte Pergen,àce moment gouverneur de la Basse-Autriche, un fonctionnaire vieilli sous le harnais, rompu aux affaires, un homme d'Etat dans lequel il avait, à juste titre, placé toute sa confiance, aux fonctions nouvellement créées à son intention de Ministre d Etat pour les affaires intérieures.
Quatre ans plus tard, en 1786, l'Empereur faisait un pas de plus dans cette voie et procédait à l'organisation, dans les différentes capitales de la Monarchie, d'un Service secret^ dont il réglait lui-môme le fonctionnement dans des Inslrac-
AVAST-PHOPOS XIX
tions confidenlielles adressées aux gouverneurs des provinces et que Pergen avait rédigées sur son ordre (1).
Joseph II ne s'en tint du reste pas là et peu de jours seulement avant sa mort (20 février 1790) il avait eu à cœur de déterminer d'une façon plus nette et plus précise les attributions du ministre, ainsi que la nature et l'étendue de ses relations avec les dépositaires de l'autorité impériale dans les différents pays de la Gouroimc.
Aussi, presque au lendemain de l'avcnemcnt de Léopold II, Pergen, encore sous l'impression des volontés et des désirs de Joseph U, peut-être aussi parce qu'il avait le pressentiment des difficultés qu'il allait rencontrer, adressait-il au nouveau souverain un rapport, en date du 2 mars 17!)0, dans lequel il lui exposait le caractère que dans ces dernières années l'empereur défunt avait jugé à propos do donner au département à la tétc duquel il l'avait placé.
La brièveté de son règne empêcha seule Léopold il de détraire l'œuvre que son frère venait d'entreprendre et avait même à peine ébauchée. Heureusement pour Pergen et surtout pour l'Autriche, l'Empereur François n'eut rien de plus pressé que de réagir contre les mesures que son père avait prises en mars 1791, mesures qui ne tendaient à rien moins qu'à paralyser, qu'à annihiler même presque complètement l'action du ministre, et qui avaient à tel point diminué ses pouvoirs et ses attributions que celui-ci avait répondu à la publication du Rescrit de Léopold en lui envoyant sa démission.
La retraite de Pergen ne fut du reste que de courte durée. Moins d'un an après son avènement, François H créait définitivement la Polizei Hofslelle et replaçait à sa tête, en qualité de Président, le comte Pergen (2) auquel il conférait do plus le titre d'Oberster Polizei Minister.
Ce fut, dès lors, un vrai Ministère de la Police, quoique
l.Cf. OeiUrrtiehUche Bandieli>a, juillet 1911, l. XXVIll, 1" livraison. [A. FouBnm. £atMr Joitph II and der Giheime Ditntt (p. 31-37).l Itcproduction iFi utefuo de cclt« lustruclion confidentiello que l'auUur de cet inUreoMal vUde ■ tirée des dosiiers dei Mlgemtine Polàti Acien (Archives du ministère de rinlérieiir [. «t R.)
S. Il «OTB peut-être iuUrcïsant de relever à ce prupus qu'il n'y eut, de 1 19;