‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 751 sur 816 · Voir plus loin, pièce n · texte numérisé non relu

Voir plus loin, pièce n

2. Cf. d'ANGBBBRG,p. 444-445 et Talleyrand au Roi. Dépêche n* 16. Vienne, 1814, p. 179.

OSO AUTOUB OU 00ÎIGHÉ8 DE VIENNE

1000. Vienne, 7 décembre 1814 (F. 5. 4M6 ad SMS).

... à HAGER (en français).

La Prusse ne veut pas sortir de la Saxe avant qu'on ne lui ait rendu ce qu'on lui a enlevé en Pologne, Mais les Polonais gémissent du rétablissement du partage de 1793.

On veut se débarrasser de Murât que T Autriche soutient à cause de son traité avec lui, et aussi parce qu'elle le préfère aux Bourbons.

Alexandre a affirmé au comte de Noailles qu'on se séparerait les meilleurs amis du monde.

1001. Vienne, 7 décembre 1814 (P. t. 4648 ad 3565 .

... à HAGER (en français).

Lea soupers du g^rand-duc de Bade et du prince héritier de Hesse-Darmstadt. Le prince Eugène.

Le grand-duc de Bade a distingué maintenant une iBlle au service du baron Gaertner, à laquelle il fait de beaux cadeaux. Elle parait être également du goût du prince héritier de Hesse- Darmstadt et les deux princes se servent du logement du grand écujer du grand- duc, le baron Geusau pour festoyer chez lui avec cette (ille.

Le grand-duc y aurait même fait quelques excès de table et de boisson qui lui ont valu l'indisposition dont il souffre depuis le 4.

M"** Morel a été aussi conviée de temps en temps à ces soupers fins.

Quant au prince Eugène, il a fait ce soir une longue visite à la danseuse Ernée (1).

1. Probablement M** Petit- Aimée, la maîtresse à ce moment du comte Trauttmansdorff.

l'ouverture du congrès. — LÀ SAXE ET LA POLOGNE 651

1002. Vienne, 7 décembre 1814 (F. 5. 4648 ad 3^5).

... à HAGER (en français).

Les causes de la disgrAce de Razoumoffsky, d'après Willie.

Craintes de complications .

Etant en tête à tête avec le Conseiller d'Etat de Willie, j'ai tâché de pénétrer les motifs du mécontentement d'Alexandre à l'égard de Razoumoffsky. Il me laissa entendre que RazoumofiTskj avait trop pris sur lui dans les affaires de Pologne,

11 me dit aussi qu'il craignait de voir les cartes se brouiller, parce qu'il était convaincu que pour le moment il se formait des alliances secrètes des uns contre les autres et que son Empereur ne pouvait pas s'humilier au point de manquer partout de parole ; qu'il se trouvait déjà en défaut vis-à-vis des Polonais et qu'il courait également le risque de manquer aux Suisses auxquels, par les suggestions de La Harpe, qui tient extrêmement pour ses compatriotes, il promit soutien et protection.

1003. Paris, 15-27 novembre 1814 (F. 6. 4648 ad 3564).

BOUTIAGUINE à NESSELRODE (1) {intercepta) (en françai8).

L'arrestation de lord Oxford

Hier, lord Oxford a été arrêté par les gendarmes à une poste de Paris. 11 se rendait à Naples pour y rejoindre sa femme, après avoir passé quelque temps ici. On lui a enlevé ses papiers et différentes lettres qu'il avait pour Naples. On lui a déclaré ensuite qu'il pourrait continuer sa route, mais il a préféré revenir en ville. On prétend que cette mesure a été prise à rinsu du Roi.

1. Cf. Polovtsoff. Dépêche w* 112, page 117 où cette pièce se trouve reproduite textuellement et Correspondance de Jàncourt avec Tatleyr^nd, p.96-91. Jaucourt à Talleyrand. Paris, 27 novembre 1814.

65i AUTOUR ou CONGRÈS DE VIENNE

1004. Paris, 28 novembre 1814 (F. 5. 4648 ad 3565).

GOLTZ à HARDENBERG {intercepta) {en français).

lastructions données à Laval. L'audience de Vincent. La mission de Jules de Polignac. Narbonnc. Deux brochures à sensation.

Il parait que le priaoe de Laval (1) est instruit à ne pas passer la frontière d'Espagne avant réception d'ordres ultérieurs de la Cour.

Le général Vincent (2), ayant enfin reçu ses lettres de créance en bonne forme, aura demain avant l'audience du corps diplomatique l'honneur de se présenter à Sa Majesté.

Le comte Jules de Polignac (3), désigné ministre de France à la Cour de Munich, vient de partir pour Rome, chargé d'une commission extraordinaire relative aux affaires d'Eglise.

11 doit revenir à Paris avant de se rendre à Munich, d'où on attend encore un ministre de Bavière.

Le comte de Narbonne (&), nommé ministre en Sicile, va partir sous peu de jours.

Je joins deux nouvelles brochures (5) qui font ici beaucoup de sensation. La petite est du comte de Golovkine. Elles ne manqueront pas de faire beaucoup de bien. On est à la (île depuis ce matin pour avoir celle de M. de Chateaubriand.

1. Cf. Jaucouht, p. 77 et 84. Le prince de Laval était parti do Paris le 16 novembre.

2. Cf. JAUcouRr,p. 103. Dépéc.'ie du 30 novembre à Talleyrand à propos de la remise de ces lettres de créance le 29. « Le baron de Vincent a remis hier sa lettre de créance très singuliiTcmcnt tournée. Il me semble que M. de Metternicii est en a^sez mauvaise disposition pour lui. »

3. Polignac «Auguste-Jules, comte, puis prince de 17H0-1847) compromis dans l'affaire Cadoudal, condamné à deux ans d'emprisonnement, mais retenu cependant jusqu'en 1814, il s'évada en janvier 1814 du château de Saumur en compa§^ie de sou frère aîné et rejoignit Monsieur à Vesoul. Nommé lors de la première Restauration maréchal de camp, commissaire extraordinaire à Toulouse, puis ministre près le Su:nt-Siège et pair de France le 17 avril 1815, créé prince romain parle Pape en 1820; ambassadeur à Londres en 1823, il devint en 1829 ministre des AiTaires étrangères et président du Conseil. Arrêté près de Granville,le 15 août 1830, après le départ de Charles X et transféré à Vincennes, condamné par la Ciiambre des Pairs à la détention perpétuelle et A la mort civile, amnistié en 1836, il se retira en Angleterre et revint mourir à Paris en 1847. (Cf. pour détails de sa mission à Home, Jaucourt, Dépêche à Talleyrand du 19 novembre 1814 Jaucourt, Correspondance, pages 87-88.)

4. Narbonnc-Pelet (Uaymond-Jacques-Marie, comte, puis duc de) (1771- 1855), chargé d'affaires à Naples (18151821), pair de France (1815),duc (1817), ministre d'Etat et membre du Conseil privé (1822).

5. Titres des brochures: Un étranger aux Français ei Réflexions politiques ur quelques écrits du jour.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 653 1005. Vienne, 30 novembre 1814 (F. 5. 4642 ad 3565).

PIQUOT à ? {intercepta) (en français) (chifTon).

Les conférences du Comité des affaires suisses et l'admission de la France. La note des plénipotentiaires allemands remise à Miinster. L'opinion de

Munster.

Les conférences, qui regardent la Suisse, continuent toujours et la dernière a eu lieu le 24. Outre ce que j'ai eu l'honneur de mander sur les demandes faites par les Ministres de la Q)nfédération Helvétique au comité des puissances intervenantes pour rétablissement et la sanction de la Constitution de cet État, je dois encore ajouter que M. de Reinhard, ancien Landamann et chef de la députation suisse près du Congrès, a témoigné qu'outre la reconnaissance que ses commettants ressentaient pour l'intérêt et la bienveillance des hautes Puissances accordées à la Suisse, ils désireraient bien vivement que toutes celles, qui formaient le Congrès actuel, reconnaissent également la neutralité et d'indépendance de sa patrie.

D'un autre côté, j'ai appris que le prince de Talleyrand a sollicité, au nom de la France, l'admission au comité qui délibère sur les affaires suisses ; et, quoique, d'après le traité de Paris, cette puissance n'ait le droit d'y intervenir que lorsqu'on serait déjà définitivement tombé d'accord à cet égard, on a cependant pris la résolution de répondre affirmativement au prince de Talleyrand, en l'invitant de nommer un plénipotentiaire (1) qui assisterait aux délibérations concernant les laffaires de la Suisse.

Quant à celles de Pologne, on m'assure de bonne part qu'à la suite d'une longue conférence qui eut lieu ces jours derniers entre l'Empereur Alexandre et le prince Hardenberg (2), il y avait quelque espoir que les choses s'arrangeraient bientôt entre les grandes puissances en vertu de l'intimité qui règne entre elles. Des personnes croyent même qu'il est question d'une restitution d'une partie de la Saxe au roi Frédéric Auguste, qui conserverait le cercle de Leipzig et quelques arrondissements considérables.

J'ai encore appris que le comité des plénipotentiaires des

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