‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 756 sur 816 · Fils du Président de Bienne · texte numérisé non relu

Fils du Président de Bienne

2. Cf. d'ANOBBBRO. Cinquième Protocole des affaires du Comité des affaires de Suisse, 10 décembre 1814 (Pages 511-518) et sixième Protocole (Pages 531- 525.)

3. Andlau Birseck (Conrad-Charles-Frédéric, comte d') (1766-1839). Quatrième fils de Conrad d' Andlau, làndvogt du Prince-évéque de fiftle pour les districts de Birseck et de Balbine de Staal. Chassé de France par la Révolution, il chercha un poste dans l'Autriche antérieure, devint conseiller du Gou-

Reste à voir la fin qui dépend de la façon dont se réglera la situation intérieure de la Suisse. En tout cas notre action a été utile.

L'Autriche veut garder la Valteline à cause des communications entre l'Italie et le Tyrol et donnerait en échange à la Suisse le Ghablais jusqu'à l'Arve, Constance et une partie de la principauté de Vaduz sur la frontière des Grisons et accorderait une rectification de la frontière du Rhin, du côté d'Eglisau.

1053. Vienne, 14 décembre 1814 (F. 6.4032 ad 3655).

GENTZ (1) au Prince de VALACHIE {intercepta) (en français).

Les affaires de Naples. Murât et son désir de voir Napoléon transporté plus loin. Le Roi de Prusse et Marie-Louise. La grande-duchesse Catherine et le prince royal de Wurtemberg.

Il n'a plus été question de Naples. Les ministres de France et d'Espagne ne savent plus comment aborder cette affaire, depuis que le prince de Metternich a déclaré un jour dans une conférence qu'il ne la regardait pas comme un objet de discussion au Congrès (2).

Les Français ont fait circuler des bruits alarmants sur une lettre écrite par le roi de Naples à l'Impératrice Marie-Louise (3) et dans laquelle, d'après eux, il lui avait « promis de venger un jour tous ses torts ».

Mais le fait est que cette lettre ne contient pas un mot qui puisse justifier ces bruits; qu'elle ne respire que la plus pro-

vemement à Fribourg et quand le Brisgau fut incorporé à Bade, il entra au service badois.Enl809 et 1810, il représenta le grand-duché à Paris. En 1814, il fut chargé du gouvernement de la Franche-Comté avec résidence à Vesoul, mais échangea bientôt ce poste contre celui de gouverneur de l'évéché de Bàle, qu'il garda jusqu'à l'incorporation de ce territoire à la Confédération helvétique. 11 revint alors à Fribourg, où il mourut à l'ftge de 73 ans.

1. J'ai cru devoir reproduire ici cette dépêche, bien qu'elle n'ait été interceptée qu'incomplètement et bien qu'elle ait été publiée en allemand par Klinkowstrôm (Cf. Oetterreich's Theilntthme an den Befreiungs Kriegen, p. 473-474), d'abord parce que toute la première partie de cette dépêche ne figure pas dans ce livre, ensuite parce que le texte allemand diffère asseï sensiblement du texte français de la dépêche interceptée.

2. Talleyrand au Roi. Vienne, 6 novembre (dépêche n» 10) {PAi^uaiy. Correspondance inédite, pAOl).

3. Cf. Talleyrand au Roi. Vienne, 30 novembre (Dépêche n* 14). Ibidem p. 166. '

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fonde reconnaissance du roi de Naples pour les preuves de loyauté et de bienveillance que l'Empereur d'Autriche lui a données et qu'elle n'a d'autre tort que celui de s'exprimer avec indifférence et peut-être avec un peu de mépris sur les menaces des ministres de France.

Au reste le duc de Campochiaro et le prince Cariati sont aussi bien traités que les deux ministres de Sicile, Ruffo et Serracapriola.

Le roi de Naples (1), quoique depuis longtemps hors de toute relation avec Napoléon, paraît vivement désirer que ce voisin incommode soit déplacé de son séjour actuel, non parce qu'il le croit dangereux, mais pour faire cesser les soupçons et les commérages auxquels sa proximité de Naples fournit toujours matière. Ce vœu est partagé par plusieurs Puissances, et il n'est pas impossible que tôt ou tard on s'occupe de quelque projet qui ferait transporter Napoléon dans un autre pays. On a eu vaguement l'idée de le conduire en Angleterre ou plutôt en Ecosse, mais rien n'est décidé à cet égard (2).

Le roi de Prusse ayant fait à l'Impératrice Marie-Louise plusieurs visites, cela a occasionné dans le public le bruit ridicule qu'il avait le projet de l'épouser, chose dont il n'a jamais été question.

Un mariage plus probable est celui de la grande-duchesse Catherine avec le prince royal de Wurtemberg (3). Ce mariage ne serait pas un événement indifférent. Il pourrait même avoir tôt ou tard une influence majeure sur le sort de l'Europe. La grande-duchesse Catherine est peut-être la seule personne au monde qui puisse exercer une certaine pression sur l'esprit de son frère l'Empereur Alexandre. 11 lui parle souvent et l'initie dans tous ses secrets.

D'un autre côté, le prince royal de Wurtemberg est unhomme extrêmement distingué par son esprit^ ses talents militaires^ sa bravoure, ses exploits dans la dernière campagne. Mais ces qualités mêmes ne le rendent que plus dangereux,

1. Toute cette partie de la dépêche jusqu'à la fin a été publiée par Klinkowstrœm.

2. On trouve ici dans le texte allemand deux phrases, l'une démentant l'envoi du général Koller & l'Ile d'Elbe, l'autre relative au genre de vie que Marie-Louise mène à Schœnbrunn.

3. Il manque ici 5 à 6 phrases qu'on trouvera dans Klinkowstrœm (p. 473) relatives au projet de mariage de la grande-duchesse avec l'Archiduc Charles, aux causes qui en ont empêché la réalisation et à Torigine du nouveau projet.

puisqu'il est en même temps d*un caractère peu fait pour inspirer la confiance, profondément ambitieux, inquiet, intrigant et vindicatif. Il s*en faut de beaucoup que la grande-duchesse soit douce et calme. Ces deux grands personnages, réunis et profitant de leur crédit auprès de TEmpereur Alexandre, pourraient un jour imaginer bien des entreprises et contribuer à bien des bouleversements (1).

1054. Vienne, 16 décembre 1814 (F. 5. 4800 ad 3565).

HAGER à rEMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 16 décembre 1814.

Intercepta pris chez Nesselrode, Stackelberg, le roi de Wurtemberg, Dalberg, Noailles et La Tour du Pin.

Intercepta (cabinet noir) nombreux mais peu intéressants, sauf peut-être ceux de Goltz à Hardenberg et de Boutinieff à Nesselrode, écrits avec un chiffre nouveau dont on n'a pas encore la clef.

1055. Vienne, 15 décembre 1814 (F. 5. 4800 ad 3565).

Note à HAGER (en français).

Note sur Aldini, Fontanelli, Guicciardi, Zucchi, Razoumoffsky, La Harpe. La Saxe, la Polog^ne, la Valteline. Les espérances du prince Eugène et les affaires de Suisse.

Aldini qui a, parait-il, été reçu par Sa Majesté, afûrme que l'Empereur lui aurait dit que pour la Pologne et la Saxe on s'était arrangé.

Le général Fontanelli (2) vient d'arriver à Vienne sur le conseil de Bellegarde.

Le comte Guicciardi, qui s'est prononcé en faveur de la cession de la Valteline à l'Autriche, a été élevé à Vienne, sait l'allemand, a été pendant cinq ans du temps des Français ministre

1. 11 manque enfin un dernier paragraphe tout entier consacré aux réceptions mondaines et à la mort du prince de Li^e.

3. Fontanelli (Achille) (1775-1838), général de division, ministre delà Guerre du royaume d'Italie de 1811 A 1814.

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de la Police et tout le monde s'est loué de sa modération et de sa douceur.

Il parait que Fontanelli ignore pourquoi on Ta appelé à Vienne et désire uniquement reprendre du service.

Le général Zucchi (1) se plaint du commandement qu'on lui a donné en Silésie et le prince Eugène, quoique mécontent des lenteurs du Congrès, espère toujours avoir Bologne et compte sur la protection d'Alexandre.

RazoumofTsky et La Harpe sont actuellement brouillés et leur dissentiment a été causé par des divergences de vues sur les affaires de Suisse.

1056. Vienne, 15 décembre 1814 (F. 5. 4800 ad 3565).

.... àHAGER

Le Roi de Saxe, ses chances de retour dans ses Etats. Emprunt qu'il a gagé sur ses bijoux.

Chez Schulenburg, on ne doute plus du retour du Roi de Saxe dans ses Etats (2).

Le Roi a, dit-on, engagé à Hambourg et à Amsterdam ses bijoux estimés 12 millions de thalers pour venir en aide aux plus nécessiteux de ses sujets.

De tous côtés on me confirme cependant l'exactitude des déclarations faites par le Roi de Prusse qui continue à être soutenu par Alexandre.

1057. Vienne, 15 décembre 1814 (F. 6. 4800 ad 3565).

Nota à HAGER

Le mariage de la grande-duchesse Catherine avec le prince royal de Wurtemberg semble décidé. Les craintes de guerre.

On reparle du mariage de la grande-duchesse Catherine,

1. Zucchi (Charles, baron) (1777-186 ), général de division, gouverneur de Mantoue pendant la campagne de 1813-1814. Cf. pour plus de détails sur la vie de Zucchi, les Mémoires dn général Càrlo Zucchi publiés par Nicom&db BiANCHi et Commandant Wbil, le prince Eugène et Murât.

2. Cf. d'ANGBBBRG, p. 505-510. Note du prince de Metternich, adressée le 10 décembre 1814 au prince de Hardenberg « ... se refusant à Tincorporation entière de la Saxe à la Prusse ».

880 ACTixi bc œyGàts le ticscœ

duchesse d'Oldenborg, arec le prince roval de Wurtembeigi dont on la dit très éprise. La chose est parait-il décidée, mais doit encore rester secrète.

Koziowski parait croire que l'attitude résolue de TAngleterre amènera fatalement la guerre.

Il parle do départ prochain d'Alexandre.

1058. Sjûnt-Pétenbourf , 9-21 norembre (F. 5. 4«00 ad 3565).

WINTZINGERODE au ROI de WURTEMBERG (inlercepU)

(en français (sous couvert Linden).

Le dîner Litta. le comte de N<>^Ies eS le maigre. L'Empereur Alexandre renonce i son voyage d'Italie i cause de la Pol'^fne et de la Saxe. Brait de départ de Tallerrand. La protestation des princes allemands. L'attitude de la noblesse viennoise.

Le comte Litta ( 1 ) a donné on grand dîner à 1* Ambassadeur de France, auquel le Chargé d'Affaires de Prusse assista ; mais ceux de Portugal, d'Espagne et d'Amérique n'étaient pas invités. On observa que l'Ambassadeur de France ne mangeait pas du tout ; mais il calma les inquiétudes que cette abstinence commençait à donner sur sa santé en rappelant que c'était un vendredi et que le dîner était gras. On se demanda à l'oreille si M. de Xoailles, chambellan de Napoléon, avait été aussi scrupuleux à faire maigre que le comte de Xoailles, ambassadeur de Louis XVIIl, et on donna raison au vieil adage que les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

D'après les dernières nouvelles de Vienne, le départ de l'Empereur devait avoir lieu aujourd'hui, mais Sa Majesté parait avoir renoncé au voyage d'Italie. Ce changement, sans donner précisément des inquiétudes sur la conservation de la paix, diminue cependant la confiance avec laquelle on avait commencé à y compter, d'autant plus que des lettres particulières parlent de graves malentendus, qui, malgré l'assertion du contraire donnée dans une lettre de l'Empereur à l'Impératrice Mère, doivent s'être élevés entre autres à l'égard de la Pologne et de la Saxe. On ajoute même que M. de Talleyrand doit avoir quitté

1, Le beau- père de la princesse fia^alion.

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Vienne et que tous les souverains allemands ont refusé de reconnaître le dépouillement du Roi de Saxe.

La dernière partie de ces nouvelles parait moins authentique que la première. Au moins compte-t-on de nouveau positivement sur le retour de l'Empereur pour Noël. Les lettres particidières de Vienne se plaignent de ce que la noblesse viennoise, si sèche et non moins orgueilleuse que celle de Russie, n'ait rien fait du tout pour contribuer à Téclat de cette capitale et que plusieurs des plus grands seigneurs se soient même retirés dans leurs terres. La jalousie que doit inspirer le rôle brillant de M. de Metternich sert à expliquer cette conduite.

1059. Stuttgart, 4 décembre 1814 (F 5. 4800 ad 3565).

JOUFFROY (1) au ROI de PRUSSE (intercepta) en français).

Pologne et Saxe. Causes de l'intérêt plus vif en Bavière qu'on Wurtemberg qu'on porte à la cause du Roi de Saxe. Le Wurtemberg et les affaires allemandes. Causes du revirement de Topinîon publique en Wurtemberg en faveur de la Prusse.

On est toujours ici dans Tattente des grands événements, savoir du résultat des négociations de Vienne. C'est le sort de la Pologne et de la Saxe qui fixe particulièrement Tattention générale. Quoique rien ne transpire sur les négociations, on ne laisse pas que de se perdre en mille conjectures. On observe ici que le roi de Saxe y inspire un intérêt moins vif qu'à Munich, où le ministère, toujours jaloux de la grandeur de la monarchie Prussienne, ne verrait pas de bon œil la ruine d'une Maison attachée à celle du roi de Bavière par le lien de la plus intime parenté. Aussi les Gazettes bavaroises prennent-elles vivement le parti du roi de Saxe. On croit généralement que son sort est intimement lié à celui de la Pologne.

Les affaires d'Allemagne paraissent intéresser davantage la nation Souabe que la Bavaroise. Les Bavarois, quelque mécontents qu'ils soient du ministre de Montgelas, sont attachés à leur Souverain. Ils ne sentent pas autant la nécessité d'un changement de la Constitution de T Allemagne que les Souabes

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