‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 758 sur 816 · Le Tugendbund · texte numérisé non relu

Le Tugendbund

2. Malczewski, major, officier d'ordonnance de Murât, l'un de ses serviteurs les plus fidèles et les plus dévoués.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 691

1075. Vienne, 16 décembre 1814 (F. 5. 4803 ad 3565).

GOLOVKINE au Baron de STEIN {intercepta). Billet ramassé chez Stein (1), chez lequel Golovkine dîna le 16 décembre.

Le Soussigné, toujours animé du désir d'entretenir les tapports d'amitié et de confiance qui ont si heureusement subside jusqu'ici entre Son Excellence et lui, accepte avec empressement le nouveau mode de rapprochement que Son Excellence vient de lui proposer et il s'en rendra l'intermédiaire auprès M. de Ratk (?) pour le lui faire adopter.

Le comte Golovkine voudrait bien se permettre quelques observations sur le soin que Monsieur le Baron prend de lui épargner un tête à tête avec lui ; mais il réserve cet article pour ses promenades au bord de la Lahn. C'est là que je veux aller en pèlerinage, comme les Indiens vont se baigner dans le Gange. J'espère que vous m'épargnerez la queue de vache. J'en ai déjà bien assez de celle du Diable que j'ai beau tizw; mais qui me fait aller où je ne voudrais pas être.

Recevez l'expression de tous mes hommages.

Golovkine.

1076. Vienne, 13 décembre 1814 (F. 5. 4803 ad 3565).

Rapport à HAGER

Les soupers du ^and-dac de Bade.

Le grand-duc de Bade soupe après le théâtre en compagnie du grand écuyer Geusau et de son médecin Schreckel avec une fille au service de Gaertner.

1. L'agent ajoule que ce billet trouvé par lui chez Stein a dû tomber de ia poche ou du bureau de Stein.

804 AL'TOUn DL' CONGRÈS DE VIENNE

S'il est vrai que les aCEedres du Congrès ne marchent que lentement, on n*en a pas moins lieu de croire que nous sommes & la veille de leur développement, bien que les séances des plénipotentiaires des puissances signataires du traité de Paris aient été rares, surtout dans ces derniers temps (1).

L'une des questions, étant traitée par des comités séparés, est déjà décidée, celle de Gênes (2) dont l'occupation provi- Mve a été accordée au Roi de Sardaigae. L'abolition de la lixitc des nègres (3) devait être un autre objet de discussion JtvsÈ comité séparé de Ministres, mais les divergences d'opinion entre les Plénipotentiaires d'Angleterre et ceux d'Espagne •i ée Portugal ont empêché sa formation, les premiers ayant voulu que toutes les Puissances signataire > du traité de Paris fassent admises à une négociation où, d'après le point de vue philanthropique dont ils partaient, il s'agissait de la cause de l'Humanité, et les derniers ayant prétendu exclure (sauf une indication et nommément de la Russie et de l'Autriche) qui ne possèdent pas de colonies, de cette transaction qu'ils ne considèrent que sous le côté mercantile.

D'un autre c6té, il s'est fait une réunion de Ministres pour 8*aocaper de ce qui a trait à la navigation du Rhin et de TEscaut (4) et pour l'établissement des péages sur les deux rivières.

Une commission de plus s*est, en exécution du traité de Paris, formée afin de fixer le rang voulu entre les couronnes et tout ce qui en dérive en fait de préséances, objet peu signifiant (sic) en lui-même, mais qui, faute d'être réglé, a eu souvent des conséquences fatales.

1. Les Huit s'étaient en effet réunis asseï rarement, puisqu'on n'avait tif né le 14 décembre que le sixième protocole.

3. Cf. d'A?(GBBBRG (501-505). Cinquième Protocole en date du 10 décembre. (51S-519). Conditions mises à la réunion de Gènes à la Sardaigne. (596). Adhén«n des Plénipotentiaires de Sardai^e, 17 décembre.

3. Cf. d'A!CGBBBRO (537). Séance du 14 décembre 1814. Ajournament de la question de l'abolition de la traite des nègres.

4. Cf. d'A:«OBDBRG (503). Cinquième Protocole de la séance du 10 décembre fltl4 ci (537) Sixième Protocole delà séance du 14 décembre 1814.

5. Cf. d'A!<OBBBRG (503). Cinquième Protocole de la séance du 10 décembre

l'ouverture du congrès. — LA SAXB ET LA POLOGNE 695 1082. Vienne, 19 décembre 1814 (F. 5. 5064 ad 3565).

HAGER à rEMPEREUR Bordereau et rapport journalier du 19 décembre 1814.

1033. Vienne, 18 décembre 1814 (F. 5. 5064 ad 3565).

e© à HAGER

L'Angleterre et la Saxe. La Bavière et Mayence. Wessenberg et Metternich. Alexandre et Eugène. M"' de Brignole. Menées prussiennes des dames Amstein et Eskeles.

L'Angleterre^ qui dans le principe consentait à la cession de la Saxe à la Prusse^ y est maintenant catégoriquement opposée.

Le gros point en litige entre la Prusse et la Bavière est Mayence.

Wessenberg a assez mal parlé de Metternich chez Fûrstenberg. Il a dit que Metternich aurait offert sa démission, mais que l'Empereur l'aurait refusée en disant ; < C'est là ce que font tous les Ministres. Lorsqu'ils ont bien embrouillé les affaires, ils demandent à s'en aller. »

Je rencontre maintenant souvent l'Empereur Alexandre se promenant, bras dessus bras dessous avec le prince Eugène.

M*' de Brignole a dit ces jours-ci : « J'ai souvent des nouvelles de l'île d'Elbe. Napoléon a fait arrêter les travaux d'aménagement et d'ameublement de sa résidence. »

M"* Arnstein et M"* Eskeles tiennent toutes sortes de propos scandaleux rien que pour préparer l'opinion en faveur de la Prusse. Elles déblatèrent contre la Censure qui fait imprimer dans la Wiener Zeitung et dans le Beobachter (\) des articles anglais relatifs à la Pologne et à la Saxe et permet la vente de la brochure : Sachsen und Preussen.

En un mot, ces dames sont scandaleusement prussiennes...

1. Cr. dans la Wiener Zeitung des 11 et 15 décembre, rapport des séances du Parlement e'. déclaration du chancelier de TEchiquier, et dans l'Oei terreichischer Beobachter du 5, les discours des lords Landsdowne et Grenville.

fi^ AITOUR bC C03SGBÊS DE VIE.\5E

1084. Vienne. 1& déoembre HI4 iF. 5. SMiad lM5t.

.... à HAGER Les dettes da pnnd-duc de Bade.

Le grand dac de Bade a des dettes partout à Vienne.

1085. Vienne. 1ï dècembre;i814<.F. 5.M6i ad 35«5U

GŒHALSEN à HAGER

Mécontentement et protestations des Bavarois.

Les Bavarois protestent contre le projet qui rendrait à Nuremberg et à Augsbourg leurs privilèges et leur statut de ville libre.

La Bavière continue de protester, comme le prouve une note à la Maison de Nassau (interceptée par le confident von L^urs) contre la cession à T Autriche de 1 Inn-Viertel.

1086. Vienne, 18 décembre 1814 \F. 5. 5061 ad 3M5).

Nota à HAGER (en français*.

Libéralités et gracieusetés faites par les Polonais à Anstett afin de le gagner à leur cause.

J^ai appris que pour gagner le conseiller d*Etat Anstett les Polonaisvontluifaciliterracquittement d'unedette deS.OOO roubles qu'il doit encore sur la terre de Kock, qui fait partie de la dot de sa femme, née Meissner, dont la plus grande partie est due à M"'*' Potocka (1), née Paris, (?), dont le frère est un

1. Peut-être bien la même que l'auteur des Mémoires. Ce serait dans ce cas la comtesse Alexandrine Potocka (1776 ou 1777-1867) née comtesse Anna Tyszkiewicz, mariée en 1S02 au comte Alexandre Potocki, pas en deuxième noce au colonel comte Wonzowicz. Elle était la lille du conte Louis Tyszkiewicz et de Constance Poniatowska.

patriote enragé. G*est donc ce Paris (?) qui payera cette sommeà sa sœur et lui-même eu sera dédommagé par les patriotes ►

1087. Vienne, 20 décembre 1814 (F. 5. 5075 ad 3565).

HAGER à TEMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 20 décembre.

Il lui signale le départ pour Graz, sans passeport ni autorisation, du comte Bethusj. Il en a informé le comte Bissingen^ gouverneur de cette ville.

1088. Vienne, 18-19 décembre 1814 (P. 5. 5074 ad 3565.

{Intercepta, cabinet noir).

Roi de Wurtenberg au feld- maréchal lieutenant Hadik. (II a transmis son affaire au ministre de la justice.)

Planta, secrétaire de Castlereagh, à Saint-Marsan. (Sans intérêt.)

1089. Vienne, 19 décembre 1814 (F. 5. 5075 ad 3565).

FREDDI à HAGER (en français).

Marie-Louise se croît sûre d'avoir Parme. M*** de Brignole se plaint de l'ouverture de ses lettres. Il a été mis en rapport avec Marialva.

J'ai passé la soirée chez le comte de San Vitale. Il m'a appris qu 'avant-hier, se trouvant au cercle chez l'Impératrice Marie- Louise, elle lui dit : « Je suis charmée de vous apprendre une bonne nouvelle. Nos affaires ont pris une très favorable tournure. Nous irons bientôt à Parme. >

Il me dit encore que M"* de Brignole s'était plainte à lui qu'on lui ouvrait toutes les lettres qu'elle reçoit.

Je suis heureux de vous annoncer que je viens d'être mis en rapport avec La Harpe par le marquis de Marialva, ministre de Portugal.

1030. Vienne, 19 décembre 1914 (P. 5. 5075 ad 3565).

Nota à HAGER (en français).

J^e roi de Wurtemberg et la question de la Saxe. Griefs des Prussiens contre Mettornich. L'attitude probable selon eux du roi de Wurtemberg en cas de guerre.

Il est hors de doute que le roi de Wurtemberg a dit à qui voulait l'entendre et afin qu'on le répète, qu'on avait à tort fait courir le bruit qu'il avait sur la Saxe une autre manière de voir que l'Autriche, tandis qu'il n'avait jamais songé à se détacher de l'Autriche. Preuve de cela : c En laissant son Plénipotentiaire au Congrès, il lui avait donné carte blanche et déclaré approuver d'avance tout ce que Sa Majesté Impériale et Royale apostolique jugerait bon de faire pour le bien et la paix de l'Allemagne. »

Les Prussiens jettent la pierre à Metternich, disant que le Congrès n*avance pas ; Que l'on ne peut ni s*entendre, ni prendre une résolution quelconque, parce que Metternich ne parle jamais clairement, ne dit jamais ce qu'il veut, ni ce qu'il accorde aux uns ou refuse aux autres ; Que pour cela la Prusse ne peut rien risquer et doit se tenir au parti qu'elle a pris de suivre les Russes. En dépit de ce que dit le roi de Wurtemberg, ils croient qu'en cas de rupture, à cause du mariage de son fils avec lu i^rando-duchesse d'Oldenburg, ce roi serait pour eux et non jx^ur T Autriche.

1091. Vienne. 1;? décembre 1>U \F. i. ad J«5 .

HArr.^KT à ll.\GKR

*« le» cjiu*e* de *o;*. c^rk^aaest d «tùl;ad«. 54ei:i, le priac? rcyal et le T\\i ^ X\'i*.r«eraNrrç.

Oa at^4r:n,\:t lc»us ce* dernier* temp» dans !es cerv:les antrivh:ens v:ue Ia crAnde^iacÎKvsse Csilhenae etiiî aniaoêe de senl:n^:U3i Ahik^ur^^-uî* îAvv^rjd^k* X TAutnÀe ei vpae rarchidnc

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 699

Palatin mettait à contribution Finfluence qu'elle exerce sur son frère. On allait jusqu'à dire que les effets de cette action se faisaient déjà sentir, que TEmpereur Alexandre n'était plus aussi chaud pour la Prusse et même qu'il avait offert le cercle de Tarnopol à notre Empereur. Ces belles espérances ne se sont pas réalisées et Thorizon s'assombrit de nouveau.

On prétend maintenant que le prince royal de Wurtemberg est complètement sous la coupe de Stein, qui se sert de son influence sur lui pour agir sur l'esprit de la grande-duchesse. En tout cas, ce qui est hors de doute, c'est que le prince a de fréquentes conversations avec Stein et que le roi, son père, ne s'est pas caché pour dire que son fils était tout acquis à la Prusse, mais que lui, tant qu'il vivrait, il resterait fidèle à l'Autriche.

1092. Berlin, 12 décembre 1814 (F. 5. 5075 ad 3565).

Anonyme (1) au Prince RADZIWILL {intercepta) (en français).

A propos de la proiest4ition du roi de Saxe. Difficulté de rarrangement. Hommage involontaire rendu par le roi de Saxe au roi de Prusse.

Les gazettes de Paris nous donnent des nouvelles dont nous ne savions rien ici ; d'abord une déclaration du roi de Saxe (2) qui est une folie. Elle contient de justes réclamations, mais elle passe un peu légèrement sur ses torts.

J'ai bien vivement désiré que tout cela s'arrange. Mais en prenant les choses de cette façon, on risque fort de rendre l'arrangement difficile. Au reste cette déclaration du roi de Saxe fait aussi Téloge de la manière de penser libérale de notre Roi (de Prusse). Car je crois que le roi de Saxe, retenu dans les Etats de Napoléon, n'aurait assurément pas osé s'en permettre autant. 11 rend donc sans le vouloir hommage à son cœur et à son caractère.

1. Cette lettre a probablemeat, presque certainement même, été écrite par la princesse Radziwill.

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