Feuerbach (Anselme von), Conseiller d'Etat bavarois
702 AUTOUR DU CONGRÈS DE VIEiNNE
dre une note des plus énergiques en réponse à celle de l'Autriche (1).
On parle beaucoup d'une notice dont Tauteur serait le colonel saxon von Miltitz (2).
1098. Vienne, 20 décembre 18U(F. 6. 5081 ad 3565).
Hapi»ort à IIAGER (en français).
Enlrelien d'un général avec La Harpe. Alexandre veut la paix. Les affaires semblent prendre une bonne tournure.
Le général Kl..., bien connu de vous, a causé ces jours-ci avec La Harpe. Il résulte de cet entretien que TEmpereur Alexandre veut absolument la paix et une paix durable dont ont besoin l'Europe et son empire, qu'il ne songe pas à agrandir. Après avoir déclaré que la Pologne ne saurait devenir une cause de conflit, La Harpe a ajouté qu'il en serait de même pour la Prusse et la question de la Saxe. 11 a glissé sur les affaires de la Suisse, mais a affirmé que toutes les affaires lui semblaient prendre une bonne tournure (3).
1099. Vienne, 20 décembre 1814 (F. 6. 5081 ad 3565).
Rapport à HAGER (en français).
Ce qu'on a dit à Fûrstcnslein à propos de la Saxo et de la Pologne.
Malczewski igourne son départ.
Le général Fûrstenstein (4) vient de m'affirmer qu'un haut
1. Note du prince de Ilardenberg à l'Empereur de Russie en date du 16 décembre 1814, remise le 20 et transmise le même jour par ce monarque à l'Empereur d'Autriche et par lord Castlereagh au prince de Mctternich(Cf. d'Angeberg (531-536) et lbidem)f 1860-1867. Note de Hardenberg à Metternich au sujet de la Pologne et de lu Saxe. Cf. Ibidem, 553-557. Mémoire présenté le 30 décembre à Metternich pour la réunion de la Saxe à la Prusse.
S. Cette brochure a pour titre : Uebersicht der VertcAltung des General GoBvernements der hoken Verbùndeten Mâchte im Kônigreich Sachsen vont Tff ten october tSIS bis znmS ten november 18ti.
3. Cf. Talleyrand au Hoi. Vienne, 30 décembre 1814 et 28 décembre 1814 (Dépêches n* 17 et 18) (Pallain, 189-192 et 197-204).
4. Probablement le comte do Fûrstonstein, l'ancien dignitaire de la cour dû Westphalie qui avait suivi Jérôme et l'ex-roine Catherine.
personnage (je crois qu'il s'agit du Vice-Roi) lui avait confié que TEmpereur lui avait déclaré que tout était tiré au clair avec la Russie, que le roi de Prusse se faisait tirer Toreille, qu'il avait été plus entêté, mais qu'on arriverait à lui faire entendre raison.
Le major Malczewski a remis son départ de quelques jours.
1100. Vienne, 20 décembre 1814 (F. 6. 5081 ad 3565).
Nota à H AGER (en français) .
Conversation avec RufTo, son opinion sur le Congrès, la politique de Mclternich, la Russie, TAutriche, la France et Louis VVIIl.
J'ai passé hier une demi-heure en tête à tête avec le commandeur Ruffo. 11 prévoit qu'il résultera peu de bien du Congrès. Il dit que Metternich a eu tort de vouloir s'éloigner de la France; que Louis XVIIl ne désirait rien plus que de se lier avec TAutriche et qu'il finira par y réussir (1) ; que l'Autriche avait tout à craindre de la Russie dont elle n'avait fait que raffermir les liens avec la Prusse, /'ennemie naturelle de l'Autriche et qui le deviendra bien davantage à cause de l'affaire de la Saxe.
Ruffo affirme que Louis XVIII n'a aucune idée de s'agran* dir et que tout aurait pris une autre tournure si on avait été d'accord avec lui dès l'ouverture du Congrès.
1101. Vienne, 22 décembre 1814 (F. 6. 5097 ad 3565).
H AGER à TEMPERE UR
Bordereau et rapport journalier du 22 décembre 1814.
Envoi de pièces interceptées parmi lesquelles à signaler : Stackelberg à Saint-Marsan (il fera partir le paquet pour de Maistre).
1. Cf. Commandant Wibl, Joachim Mnràt.roidt Naplet,LA dernière année de règne. Les négociations secrètes entre Paris et Vienne, Blacas et Bombelles (Tome 11, pages 250 et suivantes).
Noailles à Vera (1) (Reçu les deux notes et le Mémoire ; il s'en occupera).
Lisakewitch à Nesselrode (Copenhague 6 décembre). (Tout est flni et réglé en Norvège ; le Landtag est dissous et le prince royal est retourné h Stockholm.)
1102. Vienne, 20 décembre 1S14 (F. 6. 5097 ad 3565).
Anonyme à B... (à Bologne) (i/i/erce/>/a) (en français).
Solution probable et prochaine des alTaires de Saxe et de Pologne. Arrcutations à Milan à propos du complut de llasori, Latuada et autres.
Je reçois à la fois les deux lettres que vous m'avez adressées par M. Dieiïenbach. Rien de nouveau dans vos affaires. Il s'est encore élevé quelques nuages pour les aiFaires de Pologne et de Saxe, mais une explication vigoureuse de l'Angleterre, de l'Autriche et de la France réunies (2) a ramené quelque modération. Les négociations ont repris et nous res. pirons de nouveau dans nos espérances et nos promesses. On nous assure que, du 1*' au 5 janvier, nous aurons des résultats positifs. Quels que soient les résultats, vous serez le premier
instruit.
On parle d'arrestations à Milan et on confond le frère de L... dans le nombre (3). Je ne puis le croire. Le pauvre diable est incapable de se mêler de mauvaises affaires.
1. Vera, avocat, envoyé au Congrès par le Prince de Piombino, Ludovisi Buoncompagni, pour faire valoir ses droits sur PiombinoeL l'Ile d'Elbe.
2. Cf. d'ANORnBRO (p. 540-544.) Lettre du prince de Talleyrand au prince de Mettemich relative à la Saxe et Pallaim, Talleyrand au Roi. Dépêches n* 17 et 18. Vienne, 20 et 28 décembre 1814.
3. Pour le Complot militaire, cf. Commandant Wsil^ Joàchim Mnr^t. La dernière Année de règne. Tome 2, 49-108. Il s'agit-Ià du général Théodore Lechi, ancien commandant de la garde royale italienne et frère du général Joseph Lechi.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 705
1103. Vienne, 31 décembre 1814 (P. «. 5097 ad 3565).
Rapport à HAGER Tension des rapports et brouille entre Stein et Gagern .
Stein, qui était assez lié avec Gagera et venait assez souvent chez lui, lui bat froid et le salue à peine, quand il le rencontre dans l'escalier de la maison , dans laquelle ils habitent tous deux.
1104. Vienne, 31 décembre 1814 (F. 6. 5097 ad 3565).
Rapport à HAGER
Marie- Louise. Les visites qu'elle reçoit. Son séjour à Baden. Ses rapports avec le Roi de Prusse.
L'Impératrice Marie-Louise a reçu à dtner chez elle, à Toccasion de son jour de naissance, le 11, TEmpereur et Tlmpératrice de Russie. L^Empereur d'Autriche venu dans la journée n'y a pas diné.
Le Roi de Prusse vient moins fréquemment la voir, mais il lui écrit très souvent.
Marie-Louise a été à Baden du 12 au 14.
Rien d'intéressant à signaler jusqu'au 20, où elle est allée se promener à Breitenlee (1) avec M"* de Brignole et Neipperg et où à table on parla de la marche du Congrès, des efforts inutiles que font les Russes et les Prussiens pour faire tourner, comme ils le désirent, les affaires de Saxe et de Pologne.
Le Hoi de Prusse ne veut pas céder. La note d'Hardenberg sur la Saxe.
Le Roi de Prusse ne peut se décider à renoncer à la Saxe. Il dit qu'Hardenberg Ta poussé à Toccupation et qu^il gardera
1. Village situé dans le Marchfeld sur la rive gauche du Danube, à environ 4 kilomètres de Stadlau et à 14 ou 15 kilomètres de Vienne.
706 AUTOUH MJ CONGRÈS DE VIEN5E
le royaume malgré le changement d'avis de son Chancelier. La réponse de la Prusse à la noie de T Autriche du 10 est conçue en termes très secs.
1106. Yienno^Sl déoembre 1814 (F. «. 5097 ad 5565).
Rapport à HAGER
Le prince Eugène fait de longues visites le soir à Séraphine Lambert (qui loge au Rœmischer Kaiser).
1107. Vienne, 19 décembre 1814 (P. 6. 5097 ad 3565).
HEILMANN à son Père {intercepta).
A propos de la Valteline et de Neufch&tel. Rien n'est encore décidé. Il convient donc de n'ajouter foi à aucun des bruits qu'on répand.
1106. Vienne, 18 décembre 1814 (F. 6. 5097 ad 3565).
HOFSECRETiER SCHOSULAN à HAGER
Rapport sur la surveillance de Talleyrand du 14 au 17.
On fait remarquer que l'un de ses secrétaires, Challaye (1), a des relations suivies avec les rédacteurs de la Wiener Zeitung.
i. « Je mis auprès de lui (la Besnardière) MM. Challaye, Formond et Perrey^ jeunes tous trois et ayant en eux de quoi profiter des leçons qu'on devait puiser dans d'aussi grandes circonstances. «(Talleyrand, Afémoire», t. II, 207.)
l'ouverture du congrès. — LÀ SAXE ET LA POLOGNE 707 1109. Vienne, 21 décembre 1814 (F. 6. 5097 ad 3565).
HOFSECRET^R SCHOSULAN à HAGER (intercepU).
Papiers ramassés chez le conseiller de Légation prussien Piquot, relatifs aux Légations, à Marie-Louise et au prince Eugène.
19 décembre. Fava et Squarzoni sont très satisfaits de l'audience que leur a accordée TEmpereur (1). 11 leur a dit qu'il ne tenait les Légations qu'en dépôt^pour les consigner à celui qui serait désigné par le Congrès. Ils travaillent d'accord avec le cardinal Consalvi et croient que Marie-Louise n'ira pas à Parme, qui sera rendue à ses anciens maîtres. Le prince Eugène espère toujours avoir Bologne.
On attendait un courrier de Londres pour prendre une résolution. Eugène restera à Vienne jusqu'à ce que son sort soit décidé, même après le départ du roi de Bavière.
1110. Vienne, 19 décembre 1814 (F. 6. 5097 ad 3565).
HOFSECRETiER SCHOSULAN à HAGER {intercepta)
(en français).
Papiers pris chez le Conseiller de légation prussien Piquot.
AITaires allemandes. L'Espagne et la reine d'Etrurie. L'affluence des visiteurs à rile d'Elbe. Conversation de Napoléon avec un membre du parlement anglais.
Les conférences sur les affaires allemandes vont recommencer et on mettra sous les yeux du Comité un projet de Constitution nouvelle à donner à l'Allemagne (2).
L'Espagne soutiendra au Congrès les prétentions de Tinfante Marie-Louise (3) sur le grand-duché de Toscane. Cette affaire avait été mise en délibération dans une conférence tenue, il
1. Cf. pour les démarches et la mission de Fava et de Squarzoni à Vienne, P* J. RiNiBRi, Corrispondenza Inedilà dei càrdinàli Consàlvi e Paccà, 66-77- 103-183-395 et 435.
2. Cf. d'ANGBBBRo, 438. Le Comité des affaires d'Allemagne n'avait plus tenu de séances depuis le 16 novembre.
3. Cf. d'ÀNOBBBRa, 500. Quatrième protocole de la séance du 9 décembre des Plénipotentiaires des huit Puissances signataires du traité de Paris.
708 AUTOUB DU oosigrS' db
y a quelques jours, et on a invité la Russie et TAngleterre à nommer des commissaires chargés d'intervenir dans la discussion qui doit avoir lieu à ce propos entre TAutriche et TEspagne.
On attendait le 20 novembre le grand-duc de Toscane à Livourne.
Le nombre des curieux qui se rendent à Tiled* Elbe est prodigieux. Napoléon s'entretient presqu'avec tout le monde. Il a ou un long entretien avec un membre du parlement anglais, lui a beaucoup parlé de Tlmpératrice Joséphine, s'est plaint des ministres qui avaient géré ses finances et l'avaient cruellement trompé. Il lui a déclaré que ce qui l'affligeait le plus, c'était la défection du maréchal Marmont ; qu'il ne croyait pas que lu France pourrait rester dans l'état où elle était maintenant et (ju'il y avait apparence qu'une nouvelle révolution pourrait encore éclater.
1111. VicMinc, 2A décembre 1814 (F. 6. 5107 ad 3565).
IIAGKH il l'EMPEREUR
iiurdcrcuu et rapport journalier du 23 d<^ccmbrc 1814.
il lui signale entre autres les renseignements relatifs à Anstett à la Hussio et à la Prusse, et certaine des pièces interceptées lu veille.
1112. Vioune, 22 décembre 1814 (F. 6. 5106 od 3565).
GCliUAUSEN à II.VGER
Surveillanco de Marie-Louise.
AprC^s avoir ôlé à Vienne chez TEmpereur, Marie-Louise, à son retour ;\ Soluvnbrunn, est restée une demi-heure chez son lîls. EUo ixirlo daller passer la semaine du Jour de TAn à Baden pour éviter les visites.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 709
On parle du remplacement de Neipperg par le comte Bubna (1), ce qui serait fort pénible pour Marie-Louise qui se plaît beaucoup avec Neipperg.
Il paraît que Méneval continue à correspondre, mais sous une fausse adresse^avec le préfet du Mont-Blanc (2).
1113. Vienne, 32 décembre 1814 (F. 6. 5106 ad 3565).
Rapport à HAGER (en français).
Surveillance du ^and-duc de Bade et du prince héritier de Hesse-Darmstadt. Leurs menus plaisirs.
Le prince héritier de Hesse-Darmstadt et le grand-duc de Bade continuent à mener joyeuse vie, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre, à y souper gaiement, très souvent avec la fille au service de Gaertner. C'est toujours le chasseur qui est chargé de pourvoir aux menus plaisirs du prince de Hesse, qui fait souvent venir M^*' Lombard ou la soi-disant comtesse Waffénburg, autrement dit Lori Toussaint.
Eloge qu' Anstett fait du caractère de Stein . Conférence de Wrede avec Wessenberg, de Stein avec Hardenberg. Le dîner du 20 chez Stein.
Anstett fait un grand éloge du caractère de Stein, de sa franchise et de son courage à soutenir son opinion envers et contre tous. Il estime Thomme qui a osé dire à Alexandre :
!.. Bubna (Ferdinand, comte) (1768-1825), feld-maréchal lieutenant, avait fait la campagne de 1814 à l'armée autrichienne du Sud et commandait à ce moment les troupes autrichiennes qui occupaient le Piémont. C'est lui qui Cl parvenir à Vienne une lettre que Napoléon avait écrite le 11 mars de Lyon à Marie- Louis -^ et qu'un officier du ?• hussards porta sur son ordre à Bubna (Cf. Talleyrand, Mémoires, III-127. Talleyrand au Roi. Vienne, 28 mars 1815, soir). Commandant militaire en Lombardie (1818) il réprime le soulèvement piémontais de 1821. A propos des négociations de 1809, le duc de Broglie dit de lui, dans ses Souvenirs (T. I, p. 82) : « C'était sous l'aspect extérieur d'un militaire franc, ouvert, voire même un peu brutal, un esprit singulièrement fin, délié, rusé et plein de malice.