‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 763 sur 816 · Cf. d'AnoBDBRO · texte numérisé non relu

Cf. d'AnoBDBRO

718 Arron du coTiGiis db viexxe

1123. Vienne, 23 décembre ltl4 (P. i. 4901 ad ?5«5 .

SICCART à HAGER

Marie-Louise, les portraits de Napoléon et les armoiries de ses roiCvres.

Avant d'aller le ii aa Palais à Vienne, Marie-Louise a tiré de son armoire deux portraits de Napoléon, dont elle a fait cadea-j à M** de Brignole qui les a emportés chez elle, les a embrassés en pleurant et en sanglotant même si fort que tout le monde l'a entendue. Puis elle a raconté la chose à Bausset qui s'est mis dans une rage telle qu'aucun domestique n'a osé entrer chez lui bien qu'il ait sonné plusieurs fois.

La gaieté et la bonne humeur de Marie-Louise ont été remarquées par tout le monde. Elle a donné Tordre de changer les armoiries de ses voitures.

Méneval écrit au baron Finot, préfet du Mont-Blanc, sous le cou^rt de Crages (?).

(A ce rapport était joint un chiffon insignifiant signé Thérèse et trouvé chez M** ds Brignole.)

1124. Vienne, 33 décembre 1814 (F. «. 4901 ad 3565».

GŒHAUSEN à HAGER

Fontanelli a recule 20 la visite de Tascher et de Battaglia(l) avec lesquels il a travaiUé et écrit une partie de la journée.

1125. Vienne, 23 décembre 1814 (F. 6. 4900 ad 3565).

à HAGER

La conspiration de Milan et les projets de Murât.

Guicciardi m'a parlé de la conspiration de Milan et de l'arrestation de Rasori qu'on croit être en correspondance avec

1. 11 s'agit là ou d'Antonio Battaglia, avocat au Conseil d*Etat (du royaume d'Italie, ou plus probablement du baron Bataille, aide de camp du prince Eugène.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 719

de hauts personnages à Naples. On se proposait de faire éclater une révolution, dès que Joachim viendrait soutenir par les armes la cause des Italiens et les aider à secouer le joug des Autrichiens.

Nouvelles relatives à l'oripanisation de la Suisse.

L'organisation de la Suisse avance (1). Le pacte fédéral, qui doit sanctionner la réunion des treize cantons, est fixé et les puissances sont d'accord sur ce point. Les Ligues Grises récupèrent la Valteline,Chiavenna et Bormio, que Bonaparte avaient jadis réunis à la Cisalpine.

1127. Vienne, 33 décembre 1814 (F. 6. 4901 ad 3585).

GCEHAUSEN à HAGER

Renseignements sur Veith, homme de confiance d'Hardenberg,

et ce que Ton a réussi à en tirer.

Hardenberg a à son service un nommé Veith, d'Ansbach un ancien soldat, agent secret depuis 1806, homme de confiance et garçon de chancellerie de Hardenberg et qui a 1.000 thalers d'appointements. Il a dit dernièrement à un de mes agents, qui a pu gagner* sa confiance en se faisant passer pour un an-» cien officier prussien, que la Prusse ne poussera pas à Textrême l'affaire de Saxe. « Nous ne sauvions, a-t-il dit, soutenir une nouvelle guerre, vu que l'Angleterre ne nous donne plus de subsidis. Nous demandons beaucoup, c'est fort naturel, mais nous sommes tout prêts à négocier et à en rabattre. »

On affirme d'autre part que Jordan aurait reconnu que la Prusse était poussée par la Russie, qu'on ne se dissimulait pas rinjustice à laquelle on était obligé de se prêter. Il a ajouté que tout s'arrangerait parce que la Prusse n'était pas en état de supporter une nouvelle guerre.

]. Cf. d'ÀMGBBBRO, 528-531 ; 537-539 ; 544-553, 560.

1128. Vienne, 33 décembre 1814 (F. 6. 4900 ad 3M5).

Ce qu'on a fait dire et entendu dire à Dalberg la reille.

Voici le résumé de tout ce que j*ai pu savoir hier par et chez Dalberg.

Talleyrand a, parait-il, combiné avec les Russes un nouveau partage du Grand-Duché de Varsovie entre la Russie, la Prusse et l'Autriche. La Wartha sera la frontière de la partie attribuée à la Prusse. Cet accord réglerait les questions de Saxe et de Pologne.

La réponse qu'Hardcnberg a faite à Metternich au sujet de

. la Saxe le 21 décembre (1) renvoie le prince à sa lettre du

22 octobre, dans laquelle 1* Autriche consentait à Tincorporation

de la Saxe à la Prusse, sous la condition d'attribuer au Roi de

Saxe un établissement sur le Rhin.

Metternich nous (à la France) a communiqué la réponse d'Hardenberg. Nous avons donné à Castlereagh, à Wrede, à Schulenburg, à Metternich, à Hardenberg un résumé de Tétat des affaires en même temps que nous avons porté à leur connaissance le projet du nouveau partage du Grand-Duché de Varsovie, grâce auquel on règle du même coup tout ce qui a • trait à la Saxe. Une commission du Congrès sera chargée de régler la question contradictoiremcnt avec la Prusse qui, après avoir reçu sa part dans le nouveau partage, n'aura plus aucun droit à l'obtention d'autres compensations.

Il parait de plus, toujours d'après le dire de Dalberg, qu*au moment même où la tension était le plus aiguë entre Hardenberg et Metternich, celui-ci lui aurait écrit une lettre particulière, dans laquelle il se laissait aller à de violentes attaques contre Alexandre (2). Hardenberg, comme il était aisé de le prévoir, s^empressa de porter de suite le billet à l'Empereur de Russie, qui lit aussitôt appeler Metternich, avec lequel il eut une scène encore plus orageuse que les précédentes (1). Il ré-

1. Il s'agit évidemment de la note d'Hardenberg datée du 16 décembre ei remise à Metternich le 20. Cf. d'AifGBBBRO, 531 et 1952-1961.

2. Cf. Talleyrand au Roi. Vienne, 15 décembre 1814, (Dépêche n»16(PAL- LAiN. Correspondance inédite, 181-182) et Gbmtz. Tagebûcher^ 339, lundi 12 décembre, « Grands orages politiques ».

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 721

suite de tout ceci, d'après ce que je viens d'apprendre, qu'on travaille plus vivement que jamais au remplacement de Metternich par Wessenberg. Ce dernier est du reste bien mieux que Mettemich au courant de ce qui se passe et de ce qui s'est passé au Congrès. Un pareil choix sera favorablement accueilli par toute l'Europe et les affaires marcheront mieux.

Dalberg s'est répandu en éloges sur le compte de Wessenberg.

Il m'a dit encore : « L'Empereur de Russie a la tête un peu à l'envers, le cerveau détraqué tout comme feu l'Empereur Paul. Il finira comme son père... »

1129. Vienne, 21 décembre (F. 6. 4901 ad 3505).

CAPO D'ISTRIA à STEIN {intercepta pris chez Stein).

Nous serons à une heure chez Votre Excellence. Ainsi je me conformerai à vos ordres et profite de cette occasion pour vous remettre, Monsieur le Baron, les papiers concernant la Constitution des villes libres de Cracovie et de Thorn.

1130. Vienne, 32 décembre 1814 (F. 6. 4901 ad 3565).

CASTLEREAGH à TALLEYRAND {intercepta) (en français)

(analyse).

Admission de la France à la commission de statistique.

Le prince a désiré — Castlereagh Ta appris par son frère Lord Stewart — que la France soit représentée à la Commission de Statistique. Il s'est fait un plaisir de transmettre ce désir à ses collègues qui se sont empressés d*y faire droit (1).

1. Cf. d'AifOBBBRO, 661-568. Instruction proposée par le Prince de Metternich pour les Plénipotentiaires de la commission de statistique, etc., etc., Vienne, 24 décembre et procès- verbal de la première séance de la commission de statistique le 24 décembre 1814.

1131 • Vienne, 33 décembre 1S14 (F. C. 4M1 ad 8M5).

STEIN à HARDENBERG {intercepta) (en françai»).

Communications et explications relatives à Tamopol.

Je VOUS envoie, cher prince, les détails sur Tamopol que la Russie cède à T Autriche. Celle-ci gagne par là : 1* la communication entre la Bukovine et la Galicie ; î*» im pays qui a de superbes pâturages pour les haras et troupeaux de bétail ; 3« le cours du Dniester ; 4» la sûreté pour Léopol (Lemberg), dont Tamopol n'est éloigné que'de sept heures ; 5* Tapprovisionnement de Léopol qui tire ses denrées du cercle de Tamopol.

N. B. — Avec les mémoires relatifs aux parties de la Galicie qui, d'après la décision prise dans la conférence du 24 février-S mars 1810, doivent être cédées définitivement à la Russie (1).

1182. Vienne, 31 décembre 1814 (F. 0.4901 ad S565).

ROSENCRANZ au Comte SCHIMMELMANN (à Copenhague) (sous couvert à Macke, à Hambourg) (intercepta) (en français).

La crise dure encore, mais tire à sa fin. Le roi de Wurtemberg est le seul

dont le départ soit fixé.

Je m'étais proposé de renvoyer Tun des courriers ce soir ; mais le Roi a trouvé bon de suspendre l'expédition jusqu'à demain ou après-demain. Comme il se trouverait donc que Votre Excellence resterait trop longtemps privée de nos nouvelles, j'ai cru de mon devoir de l'informer que la crise dans les négociations dure encore, mais qu'elle paraît effectivement s'approcher de son terme.

Après-demain, on fêtera le jour de naissance de l'Empereur de Russie. Le roi de Wurtemberg partira tout de suite après Noël. Mais jusqu'ici il n'y a encore rien de fixé quant au départ des autres souverains.

Le Roi se porte parfaitement bien.

J'ai l'honneur d'être, etc..

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