‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 762 sur 816 · à HAGER (en français · texte numérisé non relu

à HAGER (en français

Les espérances des Polonais encouragées par les procédés du grand-duc Constantin, mais contredites par les velléités de concession d'Alexandre .

Le comte de Skarbek me dit que les lettres nouvellement arrivées de Varsovie annoncent qu'au milieu d'une fluctuation de diverses opinions la majorité est toujours soutenue par Tespoir de voir enfin couronnés les souhaits des patriotes. Cet espoir esl soutenu tant par les procédés du grand-duc, qui en tout ce qu'il fait agit dans Pesprit des patriotes, que par les différentes ordonnances du gouvernement provisoire et des règlements qui s'accordent moins avec leur possession momentanée qu'ils ne visent à un gouvernement stable et affermi. On y règle pour l'avenir la manière du recrutement et des prestations ; le Ministère de toutes les branches est mis en nouvelle activité ; on procède à la liquidation de la dette publique et les places vacantes des employés, qui s'étaient absentés à l'entrée des troupes russes, doivent être incessamment conférées.

Les espérances que continuent à avoir les patriotes polonais ne s'accordent cependant guère avec ce que j'ai appris hier par des personnes de l'Ambassade Russe. On m'y a dit que l'Empereur de Russie était définitivement décidé à ne plus soutenir les prétentions de la Prusse sur la Saxe et à se départir lui-même des siennes sur tout le duché de Varsovie. Il aurait dit à ses Ministres : « Je pourrais bien, comme l'a fait Napoléon j décider l'affaire en faisant marcher 500.000 hommes; mais comme je ne suis pas ici pour la guerre, mais pour consolider la tranquillité de l'Europe, j'abandonne mes préten-

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 71$

tions et veux me contenter d'une indemnisation par une partie du Duché. >

Les Polonais, qui ont appris cette même nouvelle, ont peine à y ajouter foi et Skarbek, ea parlant de cette circonstance, me dit que cela ne peut s'accorder avec ce qu'on écrit de Varsovie, où Ton assure que l'Empereur Alexandre doit être proclamé et couronné Roi de Pologne dans le courant de février...

1119. Vienne, 22 décembre 1814 (F. 0. 510e ad 3565).

0 0 à HAGER (en français).

Les nouveaux feld-marèchaux autrichiens. Le prince d'Orange et Tarchiduchesse Léopoldine. Le changement d'attitude de lord Castlereagb et de l'Angleterre. L'Autriche. Gonsalviet les Légations. Le Concordat avec l'Allemagne. Les Médiatisés et la Prusse.

On a dit hier chez Sidnej Smith, où il y a tous les mercredis deux fois plus de monde que ne peut en contenir Tappartement, que le Prince Régent d'Angleterre, le duc d'York (1) et le prince d'Orange ont été faits feld-maréchaux autrichiens ; qu'on a donné au prince d'Orange le régiment Hohenlohe (2) et que ce prince allait épouser l'archiduchesse Léopoldine (3).

Le colonel comte Latour (4) m'a dit hier : « Je sais de façon positive que lord Castlereagh est dans le plus grand embarras. Arrivé à Vienne avec Tordre de laisser la Prusse annexer la Saxe pourvu qu'on consente à arrondir le Hanovre, il a, il y a peu de temps, reçu, évidemment sous la pression de l'Opposition, des instructions diamétralement opposées et lui pres-

1. York et Albany (Frédéric, duc d') (1769-1837), frère du Princç Régent, celui-là môme qui commanda en 1793 les troupes anglaises qui opérèrent de concert avec le priuce de Cobourg. Nommé en 1811 par le Prince-Régent feld-maréchal et commandant en chef de l'armée de terre, il fut, après la morl ds la princesse Charlotte en 1817, proclamé héritier présomptif de la couronne.

2. Ce régiment est aujourd'hui le 26* régiment d'infanterie hongroise Schreibcr.

3. L'archiduchesse Léopoldine épousa un peu plus tard l'Empereur du Brésil Don Pedro et le prince d'Orange, la grande-duchesse Anna Pavlovna, sœur de l'Empereur Alexandre.

4. Attaché à la personne et au service du prince royal de Wurtemberg pendant son séjour à Vienne,

7i6 jj.TOCB se ayxMÈs dc têe^se

crxTaat df: s'opposer à tout prix à b cessoa de la Sixe â la ProMe. Lord Castlereagh s*e^ cooformé aax ordres quH a reçus, et c*e«t la ce qui arrête la marche da Coozrès.

Le comte Antonelli me raconta que l'Emperenr d'Autriche a réponda au cardinal ConsalTi^ qu'il n'arait pas élevé de prétentions sur les Légations, mais que d'autre part on avait fait valoir que le retour des Légations au Saint-Siège fan semblait douteux.

KIdt, Tûrkheim, Gagem, Plessen (Itse plaignent vivement des idées ultramontaines émises par Consalvi et soutenues par rAutricfae à propos du Concordat avec l'Allemagne.

L animosité des Médiatisés contre la Prusse ne diminue pas et tous ces Princes récbment le rétablissement de l'En^pire german2r|ue et la restitution de la couronne impériale à TEmpereur d*Autricbe.

1120. Vienne, 21 décembre 1^14 (F. 6. 51M ad 3»U;.

ROI de PRL'SSP: au Général Lieutenant V. KIRKMTZ .?i (l.

(k Berlin; analyse^ intercepU .

Le Roi est entièrement rétabli, mais il a des craintes pour Tavenir. En lui accordant sa mise à la retraite, le Roi ajoute : « Je suis, Dieu Merci, entièrement rétabli. Mais les grandes afrairf:s n'avancent que bien lentement. PourN-u seulement que tout finisse bien, on n'aura pas le droit de se plaindre. >

1121. Vienne. 22 décembre 1«U (F. 6. 5106 ad 3505i.

LINDEN au ROI de WURTEMBERG (in/erce^/a>

(fraf^ment d'un chiffon).

L'Autriche, sur le point de rompre avec la Prusse et la Russie^ a le plus grand intérêt à s'assurer le concours des forces

1. Plessen (Léopjld, baron de),MLai8tre d*Etal et plénipotentiaire de Meck- Icmboiirg-Schcwrin.

2. Je n'ai p-i trouver trace d'un généra! de ce nom. Peut-être t'agit-il là du général de Minkwilz.

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de toute rAllemagne, ou au moins des états de... et cela le plus tôt possible.

1122. Vienne, 22 décembre 1814 (F. 6. 4901 ad 3565)

HAGER à TEMPEREUR (Bordereau et rapport journalier du 24 décembre 1814).

Liste des intercepta des 22 et 23 décembre.

En outre de ceux qu'il a paru intéressant de reproduire plus loin, les uns in-extenso, les autres en résumé, Hager appelait l'attention de TEmpereur sur :

1* Deux billets de Stein, l'un à Capo d'Istria, l'autre à Klûber.

2» Une note de Craufurd (1) à Canning (sir Stratford) (l'invitant à faire remettre à une date postérieure au 1% février la réunion primitivement fixée au 5 janvier, parce que le Comité des affaires suisses n'aura pas terminé son travail avant cette date. Mais il ne faut pas qu'on s'inquiète pour cela).

3* Hacke à Bernstorif (envoi de la copie d'une lettre conGdentielle du prince de Metternich au prince de Hardenberg en date de Vienne le 22 octobre 1814) (2).

4* Addington à Canning (Deux envois de pièces relatives au Valais et au Tessin).

1. 11 s'ag^it ici de Quintin Craufurd, délégpué à ce moment à Paris pour fixer avec le g^ouvernement français le mode de paiement des arrérages de rente perpétuelle ou de rentes viagères dus aux créanciers anglais. Le même qui transmit lé 29 avril 1815 à lord Gastlereagh une curieuse lettre de M** de Staël en date du 23.

Né en 1743, mort en 1819, venu à Paris en 1780, très dévoué à la famille royale il prit une part active à la préparation de la fuite à Varenne et de toutes les tentatives d'évasion. Rentré à Paris en 1792, il en repartit après le 10 août et n'y revint qu'après la paix d'Amiens et grâce à ses relations avec Talleyrand il fut le seul Anglais autorisé à y rester (Cf. Mémoire» de M'^* du Hàusset et Mémoires de M"' de Mottevitle), « Un Anglais, dit de lui FRéDÂRic Masson à Xàpoléon et ia famille. X, p. 321 et suivantes, qui avait fait fortune au service de la Compagnie des Indes, mari d'une ancienne danseuse qui prétendait que ses enfants étaient les fils d'un duc de Wurtemberg.... grand collectionneur de tableaux et de meubles rares qu'on vendit en 1820 après sa mort. Il acheta pour 800.000 francs l'hôtel de Pauline Borghèse, y compris les meubles qu'il mit à part pour 300.000 francs. Peu de temps après l'hôtel, aujourd'hui l'Ambassade d'Angleterre, fut acheté le 14 octobre 1814 par le duc de Wellington pour le gouvernement anglais.

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