A VIENNE
Appelé en 1803, sur la recommandation du favori de Victor- Emmanuel I*', le comte Cordero de Roburent, premier écuyer du Roi, a recueillir, non pas en qualité de Secrétaire d*État,mais avec le titre de Reggente (Directeur) de la Secrétairerie d'État, la succession de Chalembert, qui venait de mourir, Rossi avait déjà à ce moment donné plus d'une preuve de son savoir-faire et de son habileté.
Dès 1794, Castelalfieri l'avait chaudement recommandé au comte d'Hauteville : « C'est, lui écrivait*il, un homme de réel mérite qui jouit ici (à Vienne) de l'estime de tous, et ce qui le prouve surtout, c'est que son mariage n'a pas rencontré l'ombre d'opposition de la part de la famille de très ancienne noblesse à laquelle appartient sa femme. Tous ses nouveaux parents ont au contraire pour lui la plus vive affection, et cependant il n'y a parmi eux que des personnages d'illustre naissance et investis des plus haules charges. Sa femme [née comtesse Hardegg] n'est, il est vrai, ni jeune, ai belle, mais très intelligente, très aimable et pleine d'esprit. »
Rien ne prouvait mieux les mérites de Rossi et l'importance de la place qu'il avait su se faire à Vienne que le fait que, non seulement il n'avait pas de fortune, mais que son extérieur était loin d'être séduisant et que de plusle diplomatesarde était d'assez humble origine. Aussi l'impression, qu'il produisait au premier abord, était-elle loin de prévenir en sa faveur. On en jugera par ces Ugnes que la reine Marie-Thérèse adressait, le 19 décembre 1803, à son beau-frère, le duc de Genevois, le futur roi Charles- Félix,
aussitôt après avoir vu Rossi, lorsqu'il fit à Rome sa première apparition à la cour du Roi : « Nous avons ici le chevalier Rossi avec sa femme, qui est de grande naissance et le prit par amour ; et je ne puis le concevoir galant, car il est horrible et a Tair étique et flegmatique à mourir. Je ne le vis qu'à la première présentation, et comme il arriva le même jour avec la fièvre, il fallut renvoyer bien vite se coucher, de sorte que je n'en puis rien dire; mais il passe pour un brave homme. Madame a de Tesprit, beaucoup de mérite et un ton excellent, étant très bonne mère de famille sans prétentions. >
La reine ne tarda pas à atténuer la sévérité de ce premier jugement et à apprécier Rossi à sa juste valeur* Il lui parut bientôt moins horrible, peut-être aussi parce qu*élevé à la vieille école de la diplomatie piémontaise, il lui prouva bientôt qu*il était un des rares diplomates de son temps à la hauteur des missions qu*il était appelé à remplir, du poste élevé qu'on venait de lui confier.
(Cf. Pbrrbro, / Reali di S&voia nelVEsiglio^ p. 237-239).
(à la Page 137, pièce 173)
MALASPINA (Louis, de la branche de Pavie des Marquis de Sannazzaro et Scaldesola) (1754-1835).
Décurion de Pavie, il reçut en 1779 du roi de Sardaigne l'investiture de la moitié du fief de Sannazzaro, puis à Textinction de la branche à laquelle appartenaient ses cousins, Tinvestiture en 1790 de l'autre moitié. Administrateur en 1785 de VOsped&le Maggiore de Pavie, en 1787 des biens appartenant aux religieux et aux œuvres pies de la province de Pavie, chambellan en 1792, délégué royal de l'Université en 1795, dépossédé de ses fiefs en 1797, émigré à Vienne en 1798, rentré à Pavie en 1814, û fit la même année partie de la députation envoyée à l'Empereur d'Autriche. Elu en 1814 député à la Congrégation centrale pour la province de Pavie^ il reçut à ce moment la croix de chevalier de la Couronne de fer et fit partie en 1817 de la députation envoyée à
François P' pour le complimenter à l'occasion de son mariage avec la princesse Caroline de Bavière.
Le Marquis M alaspina était un littérateur de quelque valeur, un grand protecteur des arts, un collectionneur d'antiquité et un passionné voyageur.
(LiTTA. Famiglie celebri d'Italia. Famiglia. Malaspina. Tom. XX.)