Banquier de l'Empereur Alexandre
P504. Vienne, 4 février 1815 (F. 2. «7.308 «d î)-
à HAGER (en français) (analyse).
Propos tenus et jugemeots portés sur Gentz chez la G
ssse Fuchs-Gallenberg, sur sa vénalité, On s'élonne tout
iculièrement des attentions et des égards que Neipperg a|
. On rappelle rjue c'est lui qui, moyennant 12.000 dao4
rédigé en 1800 le manifeste de la Prusse, Et la comtesse Pi
■joute que : « Cet homme vénal lui fait horreur. »
On insiste sur la singulière faiblesse de Metternicb à l'éj
Se Gentz, sur le rôle que le banquier Herz joue grâce à G
Mettemich, sur les parties de jeu qui ont lieu chez Gfi
k le 3 on a soulevé S. 000 florins (en monnaie de conveat
i Dalberg et oii il y avait en outre Schulenburg et Hard
Le roi de Prusse se plaint de ce que les gentilshon bttachés à son service lui ont fait la sourde oreille, bien Plusieurs reprises il leur ait marqué son désir de dîner , et le laissent dîner tout seul.
a&OS. Vienne, « février ISia {V. 1. 4B7.937 ad 1>.
HAGER à l'EMPERÉUR Bordereau et rapport journalier du 0 février.
1. Gbkti, T»gebachtr, 1, SSi. D'après lui, il aurait travaillt le t au • eipèdilion pour Bucareal. A la dal« du I". il parle d'une partie ds'
iapondont laquelle il s Iravaillf dam «on cabinet.
LA PÉRIODE [jC CRISE
G... à IIAGER
I reparle beaucoup du choix qu'on ferait à nouveau de pereur d'Autriche comme Empereur allemand. Lu Bavière ide se prononcent dans ce sens. La Prusse s'y oppose en it cpj'il n'y a nul besoin de créer cet Etat dans l'Etat. MU! Jordan, on m'a assuré qu'il n'y a Hen de décidé pour me. Wellington a, dit-on, apporté de nouvelles înstruc- I favorables â ce pays et sa venue serait la vraie cause de flioration sensible du change ces jours derniers. m Juifs jubilent de ce que Wellington a dtné ohex Herz odcinain de son arrivée.
ienile, S révrier 1815 (V. 2. 4n7.9n ad S),
SoTA à IIAGER (en franfaia).
L«B visées de !■ Rusiie sur la Cialicie.
t ntédecio Capellini, qui est tout autricliien dans le cœur, dit que les Russes de l'entourage d'Alexandre ne parlent t de reprendre & l'Autriche la Galicie qu'ils se croient sûrs récupéreravantpJU et se moquent des bruits et des paroles paix qu'on fait circuler.
, s février 18I5tP, î. (97.917 ad î|.
©© à IIAGER
iâ C9 qu'on racontait hier à la Cour avant et après la tkallitafel :
142 LES DESSOUS DU COïVGllâS DE VIENNE
L'Empereur de Russie est allé jeudi chez Schwarzenberg au bal d'enfants. D a eu Tair de s*j amuser beaucoup et a danse avec tous les enfants.
Castlereagh a été avairt-Tiier (le vendredi 3) chez le roi de Prusse et est resté plus de deux heures avec lui. Il avait eu avairt cela une oonversatioo presque aassi loagoe avec Hardenberg.
L'^Impératrice de Russie partira anssitèt après ranivversaire de naissance de l'Empereur d'Autriche, le 12 février, pour se rendre à Munich et KarlsTube, en oooftpagnie, dit-on, de son frère, le grand- duc. Cette princesse, dont rusicin est si maibeorense, ne dîne jamais ni avec rEmpereur, ni avec se<^ belles-sœurs, les grandcf^HluchesseB. Depuis -le départ de sa sœur, elle dîne le plus souvent avec son beau-frère, le rod de Bavière. On prétend qu'elle ne retournera pas à Samt-Péterv bourg. S'il en est réellement ainsi, ce fait canseca "uae profonde impression dans la capitale où l'inpératriae ^eat ivt^ populaire et très aimée.
Wellington, accompagné par lord Stewart, s'est présenta chez les souverains comme il Taurait fait s'il s'était agi à» simples particuliers, sans avoir demandé et par conséquent obtenu d'audience.
Wellington est très intime avec Talleyrand et cela suffit pour démontrer qu*il sera moins bien disposé en faveur de la Prusse et de la Russie que le faible et indolent Castlereagh.
Beauhamais est de plus en plusen faveur auprès d'Alexandre : « C'est, a-t-on dit à ce propos, qu'il j a an grand esprit de corps entre les coquins et les libertins. »
1509. Vienne. 5 février H^iS (F. S. 4«>:.917 ad 2).
NoT^ à HAGKH ;cn français).
Sur rAcAilémre d'Allii^n^ii M C«po d'I stria,
Actui^mir J^Af^inm. — J'^^i parl^ de cette Société à Capi» d'Istri*, Il m'A du quo lui on «>t,^il à présent le chef ; que les vovaifMr» «lUf^UiK ^n avaient conçu Tidoe; qae le nombre de« assiKnoîi mignionl^-iU lou$ los j.nirs ; qu^ils pirainnt deux de-
LA PâRIODK tiK CRISE .143
par an, que lui en était le dépositaire; fiu'îl avait déjà en is au (leU de 1.000 ducats d'or; que cet argent devait serit l'achat de livres et à des secours à donner aux étudiants ■s et le reste était destiné à faire des fouilles. Je lui ai dénié ce que les Turcs disaient et faisaient : < Ils ne disent .«mais si un jour ils ae rt^veillent, ils feront sauter quelques s et les autres se sauveront. Mais l'instruction se répandra peu :V peu la connaissance, et le pays pourra se relever. La toujours la même; elle ne respire que la liberté. grecs, il n'y a que ceux de l'ile des Princes vis-ài'de 'Constantînople, des misérables qui veulent s'enrichir pirrenir et finissent par étie décipités quand ils sont de- •us puisrants. Les autres Grecs, les monta^ards sont une
■ stitr« espèce de ^ens et c'est à l'instruction de ceux-ci
■ 'tond l'Académie d'Athènes. >
Vienne, 3-S février ISIS (F. î. *91.91T ad a). ■Gapo d'ISTItlA {littercepl»).
FroapccLus di: lit Soàklb dei Philomuio»^.
ïk Société des Philomuses d'Athènes formée sous les aus- «I d'Alexandre cherche à se procurer des prosélytes parmi i nvaots et demi-savants. Elle compte déjà parmi ses adliélUSlein, La Harpe, Capo d'Istria, Stackelberg.Ott,Jomini ammofTskr, Wolkonsky, Humbdldt, Ghîka, etc., etc... Les îétaires ont pour insigne un anneau d'or omé d'une t^te Ubou,
Vicun«, lOTtier'lRU iV. 1. t07.9i7 id i . 'SoTK k H.\GCR (en français).
Un mol lie Cspo d'IsLrin iui- Welliiigtoa,
Capo d'Istria m'a dit que Wellington a mal fait de venir Dnest pas de taille à ae mesurer avec Talleyraod : <s C'est, maréchal qni se fait sergent en se compromettant ^diplomatie qu'il ne connaît guère. »
1512. Vienne, 5 février 1815 (F. 2. 497.917 ad 2).
Nota à HAGER (en français).
Ce que lui a dit Capo d'I stria. L'affaire de la Saxe est terminée. Le t^H que Metternich fait à son Empereur. Sévère critique de la politique de Metternich et surtout de sa politique italienne.
Capo d'Istria a été chez moi hier. Il est entré d'abord dans les affaires et il m'a dit que dans huit jours les grandes questions seront arrangées ; que les Prussiens travaillaient à un office pour répondre au contre-projet de TAutriche et qu'on pouvait regarder l'affaire de la Saxe comme bâclée.
Il allait me parler de la Pologne, lorsqu'une troisième personne entra et il changea de discours. On parla du cours du change et des finances de l'Autriche.
Capo d'Istria commença derechef le procès de Metternich et déclara que s'il n'avait pas si mal mené sa barque, l'Autriche aurait donné une paix véritable à tout le monde. Le^ Grandes Puissances étaient avec elle. Elles regardaient l'Empereur François comme l'Agamemnon de la Coalition et auraient toujours eu la même confiance en lui. Elles le priaient de reprendre la Couronne Impériale d'Allemagne. Mais Metternich a tout gâté, et sans Tallejrand on n'aurait pas pu en sortir.
Il parla alors du manque de foi de Metternich, de son peu de jugement, de son inimitié ridicule contre les Bourbons, et en général de sa légèreté, faute de principes et de morale, de son entêtement en faveur de Tusurpateur Murât, de sa manière insensée de traiter l'Italie où il aurait fallu faire le contraire de ce qui a été fait lors de l'insurrection de Milan contre Beauharnais et l'entrée de Bellegarde.
François I" aurait dû se mettre la couronne d'Italie sur la tête,prendre l'armée d'Italie à son service en la conservant telle que Napoléon l'avait formée, supprimer le Sénat, car il était inutile, mais conserver tout le reste de l'organisation du royaume. Voulait-il rendre Modène à un archiduc? Soit! Ses Etats au pape ? Encore mieux I II aurait gardé le Milanais, le Vénitien, la Valteline et, quoique réduit à la grande moitié de ce qu'il était, le royaume d'Italie aurait suffi pour contenter les Italiens animés de l'esprit de la gloire nationale et la mai-
son d'Autriche aurait eu une telle influence sur les cœurs italiens qu'elle aurait été la vraie souveraine de toute l'Italie.
L'administration financière des Français était excellente ; il fallait la conserver. Le royaume aurait alors rapporté ce qu'il fallait à sesdépenses, au lieu qu'à présent il n'y suffit pas. Qu*a fait Mettemich? Tout le contraire ? Il a détruit le rovaume, déclaré la guerre à l'esprit national, dissous l'armée, semé le mécontentement partout. Les coquins, que l'Italie détestait, oQt été conservés en place, et les habitants, surchargés de logements militaires, que les Français n'avaient jamais pratiqués qu'avec les troupes de passage. Il veut allemaniser les Italiens et leur ôter toute nationalité.
Ils avaient un excellent tribunal d'appellation à Venise, ils l ont boideversé pour y fourrer une demi-douzaine d'Allemands qui ne savent même pas I9 langue. Ils ôtent le tribunal suprême à l'Italie. Ils veulent que tout soit subalterne et que l'on sente cela dans l'âme, de peur que l'Italie devienne quelque chose. Elle aurait été le soutien de l'Autriche ; elle se regardera à présent comme l'esclave. Si au moins on y protégeait le commerce, mais on fait tout pour le gêner et rien pour l'animer.
Il n'y a pas de doute qu'on reviendra sur plusieurs choses. Le gouvernement d'ici est dans le fond bon, juste et indulgent. L'empereur François a une réputation de bonté établie ; cela fait encore espérer quelque chose aux Italiens. Mais avec un ministre qui soutient des Murât et voudrait rétablir, s'il le pouvait, les Napoléon sur le trône de France, un ministre qui a fini par perdre la confiance de tous les cabinets de l'Europe, il faudra attendre longtemps, et les ressources pour l'Italie et le désarmement de l'Europe et le retour général, et par les faits, à l'ordre et à la tranquillité.
1513. Vienne, 5 février 1816 (F. 2. 497.917 ad 2).
Nota à HAGER (en français).
U princesse Bagration et Wellington. La conversation avec Metternich. >fm jugement surStcinet La Harpe. L'attitude nouvelle d'Alexandre avec elle Causes de la faveur de Czartoryski. Le mariage de la grande-duchesse uibennc et les sentiments du prince royal de Wurtemberg.
La princesse Bagration commença par me raconter comment
elle avait obtenu de Wellington à la Redoute masquée (l)k ruban de rôrdre de la Victoireque le duc portait à la boutojonière. Puis elle me dit' que Mettemich l'avait accompagnée ce soir là et lai avait dit que « la* haine d'Alexandre lui avait fait beaucoup de bien auprès des Français, que- cette haine lui avait rendu un bien grand service et qu^ii était bien loin de s'en plaindre >.
« Avouez, dit la princesse, qu*il vousa moins coûté d'abattxe Napoléon qu'il n'en coûte à présent à vous arranger sur ses dépouilles, j»
€ Et c'est pour cela que j'ai voulu le conserver, répondit Mettemich. Voilà la clef de ma politique. Je prévoyais tout cela et j'ai voulu pour cela le diminuer; mais le garder. »
Cet aveu est bien sincère et si les Bourbons lé savent,
et ils lé sauront certainement ou par Fontbrune ou. par d'autres (car la princesse ne sait pas se taire) — ils n'en aimeront pas davantage Mettemich, malgré le désir qu'a Louis XVIU, à ce que dit TAmbassade française, de se lier avec 1- Autricbe pour contre-balancer la ligne russo-prussienne du Nord(2).
La princesse, passant à d'autres^ m*a dit qu'elle détestait Stein et aimait La Harpe ; que le premier était un philanthrope par projet ; que le prince royal de Wurtembecg le souteiuiil avec la duchesse d'Oldenburg, mais que, quant à elle, elle ne le regardait que comme un intrigant et qu'elle ne s'était pas gênée pour dire au prince royal de Wurtemberg : « Vous voudriez faire de Stein le Directeur de FAllemagne et vous en être le général. »
Elle ajouta que La Harpe lui avait dit qu'on avait tort de ne pas parler raison à Alexandre, qu'il répondait de son cœur, mais qu'il fallait éclairer sa tête, car il voyait mal en plusieurs choses ; que lui, il lui avait parlé fort souvent et bien fort, mais qu'il ne lui parlait plus, de peur de toujours vouloir faire le Précepteur, le Gouverneur auprès de lui, qui n'était plus un enfant ; enfin que les Saxons auraient dû aborder euxmêmes Alexandre et avec oonfiaace et qu'ils auraient réussi.
La princesse me dit que, se fiant à ces propos de La Harpe, elle avait conseillé au duc de Cobourg de parler à TEmpereur, mais qu'il avait été reçu comme un chien, se repentait d'avoir