‹ Les dessous du Congrés de VienneChapitre 85 sur 171 · Mg^r de la Fare · texte numérisé non relu

Mg^r de la Fare

3. Le duc de Bourbon était le 26 mars à Fontenay et alla de là aux :^d>!>^ d'OIonne où il s'embarqua pour Santander (Cf. Houssayb, 18f5, 40J).

DU GOLFE JOUAN A l'aCTE FINAL DU CONGRÈS 475

rand, mon frère Alexis, M. de Poix, Marmont, Damas, etc., etc.

Les trois grandes erreurs, dont Napoléon nourrit les Français, sont :

i® Que Marie-Louise arrive ;

2* Que le Roi est parti pour TAngleterre )

3* Que le Congrès traite avec lui.

Il y a une grande division dans le Conseil ; Savary et Davout ne croient pas qu'il y ait pour Napoléon d'autres moyens pour se soutenir que la violence et le sang répandu. Je laisse à votre jugement de décider quel est le parti qu'il prendra.

J'espère bien que vous ne portez plus de violettes. C'est ici une fleur que l'on a en horreur et son titre d^humble n'a pu la garantir de la haine publique. Vous n'en serez pas étonnée, lorsque vous apprendrez que c'est le symbole de Bonaparte et le signe de ralliement.

M. le duc d'Orléans est exilé. On l'a envoyé à Hellevoetsluis. (La lettre se termine par une anecdote sur l'évasion de Fouché à l'aide d'une plaque de cheminée tournante.)

2219. Bruxelles, 10 avril 1815 (F. 2. 502.1791 ad 2).

Anonyme à la Comtesse de PÉRIGORD [Intercepta).

Critiques sur la conduite du comte d'Artois. Eloges décernés au comte Edmond de Périgord.

M. le comte d'Artois n'a pas eu honte, il y a quelques jours, d'aller à un bal qu'on a donné ici au Roi et d'y passer quelques heures comme si de rien n'était. 11 a une manière de traiter tout ceci avec ironie. Récrivez- moi donc, ma chérie 1

Vous savez que M. de Périgord s'est conduit à merveille. 11 a donné sa démission de tout malgré les belles offres que Napoléon lui a faites. Il n'attend qu'un moment favorable pour venir ici«

Z2Z\}. ISbiis lieu) (1), 10 avril INIS IK. 3. S0:.l'»1 ad *).

Une anonyme ù TALLIÎYRAND [InlercepU] (Snus couvert à lii comlesae Edmond de Périgord).

Rien de ce qui eil aiTtvi ne le leriit psssé si Tilleyraod avail tU i Pvui Dangers de la missioti donnie i La Tour du fia. Les aoltÙM de Vioto I Rohao. L'abb« de Montesquiou au Val.

Puisque vous ne m'aimez plus... Vous allez me demaDdd pourquoi je commence ainsi. Mais c'est une vériW que jeu bien aise de vous dire alin que vous sachiez que je ne siiÎJp si sotte que vous le croyiez quand je vous écrivais : < îm va nta/... Il s'agit bien de la Sase. Il faut que Hî. deJd leyranii revienne. »

Vous disiez à cela, chansons, propos de femmes, caquelsdi faubourg Saint-Germnin, et vous ne pensiez pas que celle, qi vous disait cela, est une femme qui est homme et qui mépris les caquets bien plus que vous. Si vous aviez été à Pans,Doa y serions encore, et le Roi aussi. Mais enlin cela est fini*! il ne faut pas récriminer.

Ce qui m'afflige c'est que vous n'avez pas su que j'ïttrti* été sensible de recevoir un mot de vous quand vous me causez la plus sensible peine en donnant à M. de La Tonrd* Pin (2) une mission qui peut être très périlleuse et que tous a croyez pas pouvoir me l'expliquer d'une manière quelconque ni me rassurer. Je n'oubliera! pas cela et c'est une peÏM' çrande pour moi au milieu de toutes celles que j'éprouTeoT vous reconnaître si complètement indifférenl.

Je savais que vous l'étiez pour beaucoup de monde; ov je m'étais sottement mise bois de la foule et vous m'y UU rentrer. Je n'aime pas Ji compter sur l'amitié de ceux quîa'i n'ont plus pour moi.

Vous nous avez envoyé Victor d« Rohan (3) qui ne W dit que des sottises et qui peint les étrangers comme venu

I- Probablemenl de Bruielloa, où l'auleur de celle leltre, qui eat mlM bUMerneiil M" de Lu Tour du PÎd, tlail * ce momeat.

I. Cr, Jaucouft & Tallej'rand, Gand, t aoùl tJADCotiHT, Corrtipoii4tMl < Ttllejirtnd. p. I4t): ■■ On ooui a appris que voua aviei naro/é La Toar i >on icendre aux Bouilks (t Marseille). M-* de La Tour du Pin, <f^ ' axollet, %'ea Mt mise dans un violent tmoi. • LCf> iAOoaani, Cornipondanee, n° Ml.

bU GOLFE JOUAN

■manger les petits enfants. C'est tout juste le contraire qu'il l£audrait dire. Charlotte (1) était un peu plus avisée que cela.

P.-S. Vous serez bien aise de savoir que le funeste abbé de iMootesqaiou est au Val où il prend de la tisane.

le k MUNSTER (Inlerceplai (Analyse).

(Soua couvert à Talleyrand).

Violente diatribe contre la mansuétude et le libéralisme s Puissances. < Ce n'est pas à l'Ile d'Elbe, mais à Botanjry qu'il aurait fallu envoyer Napoléon dès qu'on sût qu'il

B («commençait ses intrigues. »

Conseils sur ce qu'il convient de (aire au cours de la cam-

I pagne qui se prépare.

ELISA (2) n 1 McNlearsB na

Les nouvelles de France sont meilleures. Tous les Français (n'ont pas trahi le roi. Maïs l'humanité n'aura de repos que l^oand on aura anéanti le monstre el saborde de brigands. K

t. Charlotte de Rohaa, la fammo du duc d 'Eaghiea. • La priacesse Ciuirtotla 'mU la baronae du Moktet (ifemoiref, page i^) est gaie el trti groaiB.

n'eit pa9 jolie, elle n'a rieadodislins"' °^ n'a d'iatèrctsunt que l'imprc n pleine d« aaulé et de bieaveiltaaca de «a physionomie. • 1. Qeche (Bliflibelh-Charlotle. baronne dei (ITSl-ISaj , nje , ivur de la duchesse do Courlandr, épc le divorça en lT7fl ElU- perdît l'aun^e si up en Allemagne et en Italie. Trèsliteat [4rMlrM de ton t*smps, entre autres avoc Scliilli g pluiiean ouvrages.

II avril lïli (F. 1. a02.1T9I ad 2]

478 LE9 DESSOUS DU COKGBËâ DE VTENtiE

seulement tu avais emmené avec toi tes petîts-cotaïUsl Ji tremble de les savoir au pouvoir de ce tyran altéré de saog.

L'esprit qui règae ici est excellent . Les volontaires acconreol en masse.

2223. Vienne, 15 avril IMIS (F. 3. SOS.ITM ad )}.

JAUCOURT à TALLEYRAND [Intercepla) k Vienne le 17 v

Celte dépêche (qui se trouve in extmso pages 2(13-267, la Correspondance df Jancoiirt avec Talleyrand) a été re piéc par la Cabinet Noir en partie seulement et porte la ool suivante :

« Nota : A cause du manque de temps, on a d& renonci à copier le reste de la dépêche, »

La copie, prise par le Cabinet noir, s'arrête à la phrase se termine par ces mots : « Vous aurei fait, mon cher a en honneur et en conscience, la plus belle chose gui puisse faire entre nations civilisées. »

2224. Vienae, IB avril IBIS (F. 3. 501.1101 ad 1).

JOMINI à Bon frère (à Payorne) (InlercepU).

AtTaires de famille et d'argent. Instructions relatives & sommes h placer au nom de sa femme et du sien.

222&. VicDiie, n août l«lï(l''. a. 503.];91 ad 2).

M-SOUFFLOT à la Comtesse de MONTESQUK)U{l](/fltoi Koavetlo» du roi de Rome. Sa tristes9« d'être privée d<!M*>do

Madame, Je TOUS demande pardon de n'avoir pas eu l'hooiMar il«i donner de meilleures nouvelles du Prince,

DU GOLFB JOUAN À l'aCTE FINAL DU CONGRÈS 479

Je VOUS assure qu'il n'y a pas de ma faute. Ce matin sa première pensée a été de vous appeler et son chagrin de ne pas vous voir revenir a été plus vif qu'hier. K veut qu'on écrive à sa chère maman Montesquiou qu'il s'ennuie de ne pas la voir et qu'il vous attend avec la plus grande impatience. Il a très bien appris ses leçons pour vous faire plaisir. Il se porte très bien. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour le distraire et souvent cela perce nos cœurs; car nous sommes toutes fort soui&antes de cœur et de corps ; mais il nous est impossible de nous occuper de nous.

Vous remplissez, Madame, toutes nos pensées, et nous errons dans ces chambres comme des corps sans âme. Votre fauteuil, votre table sont rangés comme si vous étiez près de nous. Personne de nous n'oserait s'asseoir à cette place que nous respecterons toujours jusqu'au moment que nous appelons de tous nos vœux.

Agréez, Madame, l'hommage de tous les sentiments de respect avec lesquels j'ai l'honneur d'être. Madame,

Votre très humble et très obéissante servante.

SOUFPLOT.

2226. Vienne, S9 «vril 1815 (F. 3. 602.1814 ad S).

HAGER à TEMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 20 avril.

Il lui soumet des remarques et des objections au sujet du désir exprimé par Campochiaro qui voudrait pouvoir rester à Vienne comme simple partiouher ; il les base surtout sur le fait que le duc a été ministre de la police de Murât.

(L'Empereur d'Autriche lui retourne ce rapport à la date du 26 en passant outre à ces observations.)

2227. Vienne, 18 avril 1815 (F. 2. 502.1814 ad 2).

FREDDl à HAGER (Rapport de chez le Nonce) (en français).

Le Pape aurait dû envoyer Consalvi à Naples. On se serait alora entendu

avec Murat.

Evangelisti, secrétaire de Consalvi^ m*a dit hier que le Pape, au lieu d'envoyer le cardinal Consalvià Vienne, aurait mieux fait de l'envoyer à Naples où on se serait alors entendu avec Murat.

Nota à HAGER (en français).

Les efTorls de Campochiaro pour rester à Vienne. Impression qu'on a de la sincérité de ses déclamations.

Campochiaro affecte d'être désolé de la conduite de son roi. Il jure qu'il ne s'y était jamais attendu et déclare qu'il a donné sa démission, qu'il n'acceptera plus aucun emploi sous un tel gouvernement et qu'il désire vivre ici en homme privé.

Le comte de la Garde (1), que je vois toujours chez M*^* Zielinska, m'a averti que Campochiaro est im fourbe consommé et que toutes ses déclamations et invectives contre le roi de Naples ne sont que des ruses pour se faciliter les moyens d'obtenir la permission de prolonger son séjour à Vienne atin de faire l'espion.

En parlant de oe comte de la Garde, je ne puis passer soii> silence que M. GrifGth m'avait confié que la police trouvait des difficultés à permettre au comte de restera Vienne. Quoique bien éloigné d'anticiper indiscrètement sur les raisons des hauts ordres, je crois pourtant de mon devoir de communiquer à Votre Excellence mes observations pour le cas si ce comte était soupçonné comme anti-royaliste. Je le vois presque tous les jours et comme Français il était lobjet de mes observations, mais je puis assurer sur mon honneur que jusqu*à ce moment je n'ai rien remarqué qui pourrait jeter sur lui Tombre d'un soupçon.

2229. Vienne, 17 avril 1815 (F. 2. 502.1814 ad 2).

.... à HAGER

Hèglement des affaires de Bavière. On lui demande ainsi qu'au Wurtemberg^

d'accéder au traité du 27 mars.

On continue à travailler au Congrès et les affaires de Bavière sont pour ainsi dire terminées. La Bavière aura. Hanau. La Bavière et le Wurtemberg ont été invitées à accéder au traité signé par les Puissances le 25 mars (1).

2230. Vienne, 18 avril 1815 (F. 2. 502.1814 ad 2).

©© à HAGER

Un mot et un jugement de Thugut. La nouvelle explosion du Jacobinisme.

Comme on parlait ces jours derniers du grand nombre des Légations impériales et royales, le baron Thugut a dit : « Quand j'ai quitté le Ministère en 1801, je laissai presque tous les postes vacants. La plupart d'entre eux sont inutiles. On ne les a créés et on ne les pourvoit que pour obliger des gens, des familles et se faire des créatures. Le prince de Trauttmansdorff, auquel je remis le portefeuille, a été à ce moment fort aise de pouvoir caser le comte de Stadion, le comte Eltz, le comte Kaunitz, le comte Clément Metternich, etc., etc. Il est certain que depuis 1802 le prince de Metternich a fait du chemin et a eu du bonheur. Reste à savoir ce que Tavenir lui réserve et ce qui résultera de la guerre qu'on va commencer. »

Les Jacobins recommencent à donner Tassant à la vieille Europe. D'après eux, la monarchie autrichienne est un ramassis de nationalités diverses, un assemblage d'administrations provinciales de pays hétérogènes.

Ces pays, ces nationalités, bien que n'étant pas encore arrivés au degré voulu pour accepter et adopter les idées jacobines, n'exigent pas moins une surveillance attentive qui doit avoir pour objet de les protéger contre l'introduction et la diffusion

1. Tuaité d'Alliance entre la Grande-Bretagne, l'Autriche, la Prusse et la Hussie renouvelant et complétant les engagements du traité de Chaumont Cf. article VIL.

482 LES DESSOCS DU CONGIiÈS DE VIErOE

de ces théories. Nos armées envoyées k l'étranger soûl exposées à la contagion, et les armées étrangères en traver notre pays peuvent y jeter des germes dangereux. Toutes armées, qui entrent en France, sont surtout exposées à i contaminées. Voilà ce que j'entends répéter de tous côtés et tous côtés aussi on espère que le gouvernement ne né^lîgl pas les mesures de précaution et de rigueur.

SCHCELL (1} à HARDENBERG (Inlercepla) («n françii^

Je crois utilede vousfaire connaître que MM, de SerselBi son, attachés à l'ambassade de France à VieoQe, sont iirri ce soir munis de passeports autrichiens et d'un ordVe dnpri de Metternich leur permettant de se rendre à SlrnsboB Comme ils ne pourraient voyager en France avec ces p ports, ils doivent élre munis d'autres pièces ou dépAcies^ assurent leur voyage ?(■ Paris.

Je viens de lire une lettre interceptée de MéneTsl, écrits 2ff mars, à son épouse dans laquelle il parle d'une pioddi réunion à Paris, comme d'une chose assurée.

1. Scboell lUaxinûlisD-Samsau-Krédirici aé aa nSBdius U prtnUpH Naasau-Saarbrûck, morC A Pans en tSU rev^ixliqua ea 17X9 le M boarTCoisie que «es «neutres aTaient eu à Strayboyirg où an h qai •uhitïtul du procureur général de ta Coorcmae li lUtoodil ann ^bI^IiI DieLncb,. loriqu il fui envoyé au tribuDol révolutionnaire. Lungtemptl Uiir dos graniBi oiBUunj d'imprimerie de Dectcr à Vosrn et 1 liOt, aairMJé des frères Levrault i Paris, il intra on t*li dans ladiphaulia ■«nne. Cnuseiller de «ont «u cabinet di) roi do PruMa il rcaU à t» qualité d'aliaché i l'ambassade de Pruase juaqi rtl« d'Elbe. Appelé à Vienne par Ilardenberg il se trmrra i Html manl où Sujbet. qui j com mandait, se dîapusait i faire p«B>ar «c* •OUB les drapeaui de Napoléna. M ne quitta Slr«»fconrB mm loraf tITIp «fl roi d«niliveraenl ritlOa * rBi — - -

DU OÛLFE JOUAN À l'àCTE HISAL DU CONGRÈS 483

2232. Bruxellas, 8 avrU 1815 (F. 2. 503.1814 ad 2).

FALCK (l) à SPAEN (Intercepta) (en français).

L'arrestation de Reinhard par les Prussiens à Liège. La saisie sur lui du traité du 3 janvier. L'attitude des généraux prussiens et l'envoi du courrier de WeUington.

M. Reinhard (2), directeur des Chancelleries aux Affaires ËtraDgères de France, émigré avec Louis XVIII, a été arrêté par les Prussiens à Liège qu'il traversait pour se rendre dans- une petite propriété qu'il possède près de Cologne. C'est, deTaveu de tous les partis, Thomme le moins dangereux et le moins digne d'être arrêté. Mais le hasard a fait découvrir dans ses papiers le traité du 3^ janvier (*^). Je ne sais comment cette découverte sera prise à Vienne, où ses papiers- ont été envoyés. En attendant^ les journaux prussiens ont déjà saisi Toccasion de faire sentir qu'ils étaient profondément blessés. J'ai lieu de croire que c'est seulement à ce sujet q^ue lord Wellington a envoyé son courrier et qu'il convient d'avoir une explication franche et immédiate.

1. Falek.( Antoine Reinhold), né à Utrechten 1766, d'abord avocat à Amstesdam, secrétaire d'Ambassade à Madrid (1802), rentré dans sa patrie en 1806, refusa d'abord de servir sous le roi Louis, mais devint en f80» secrétaire gé. nfraT da ministère de la Marina et des Colonies. Capitaine d'inie eompagnie de grenadiers di3 la Garde nationale en 1813, puis peu après secrétaire général du Gouvernement provisoire formé aussitôt après le départ des Français, et Secrétaire d'Etat! dès le retour du prince d'Orange, iV occupa ces fonctions jusqu'en 1818 ot» il se chargea du portefeuille de Tlnsipuotion Publi<fae,du Commerce et des Colonies. Après avoir pris une part considérable aux négociations relatives à la séparation de la Belgique, il prit sa retraite en 1832.

2. Reihnard (Charles-Frèdëric, bftron) (17dl-18a7), entré dans la diplomatie comme premier secrétaire à Londres en 1791 où il connut Talleyrand, paftsé À Naples en 1793, chef de division du Département des Relations extérieures en 1794, Ministre plénipotentiaire pour les ville? hanséatiques (1795), (mis en foscaneen 1798. successeur de Tallcyrand au Ministère des Relations extérieures en 1799. Ministre en Suède en 1800, à Milan (1801'),en Saxe (1802), en Moldavie en 1805, puis en Westphalie j us qu'en 1813, il entra au conseil d'Etat en 1815, fut ensuite >ffîni8tre près de la Confédération Germanique (]'81 5- 1H29), ministre à Dresde sous le gouvernement de Juillet et Pair de France en 1832. Talleyrand prononça son éloge à l'Académie des Sciences moralds et politiques.

î. Traité secret d'alliance défensive conclu entre l'Autriche, la Grande- Bretagne et la France contre la Russie et la Pi'ussc.

2233. Graz, 14 avril 1815 (F. 2. 502.1814 ad 2).

Comtesse de HARTZ (1) à son mari (/n^ercep^a). (Sous l'adresse de Pierre Garnier) (Sous couvert à Sousserat à Trieste et à Damian à Laybach).

Réponse favorable du roi de Wurtemberg. Elle attend les passeports |K)tr Naples qu'on lui a promis. Heureuse et impatiente de partir. Elle est encore très faible. Nouvelles de son fils.

Je t'écris dans la joie de mon cœur, mon bien-aimé Pifi. Enfin la réponse du roi de Wurtemberg est arrivée et son contenu m'est favorable. J*espère donc obtenir, dans très peu de jours, les passeports que Ton m'a promis pour Naples et pouvoir aller te rejoindre. L'idée de te revoir bientôt compense les chagrins auxquels j'ai été exposée depuis ton départ. Ils ont été cruels, mais je n'y penserai plus dès que je serai réunie à toi. Tu ne peux te figurer le bonheur que j éprouve à cette pensée. J'espère que tu le partageras.

Je compte faire le voyage par terre; mais nos bagages, nos chevaux, je les ferai aller par mer. Je ne pourrai cependant me mettre en route que dans cinq ou six jours. Ma santé, quoique meilleure, a besoin de beaucoup de ménagements, de repos. La secousse que je viens d'éprouver m'a presque mise à deux pas de la mort. Il m'en reste une faiblesse extrême, mais qui se dissipera. Il fant seulement prendre garde que les accidents ne se répètent.

Notre petit (2) se porte à merveille. II fait l'admiration de tout le monde.

Adieu, cher ami, je ne rêve qu'au moment de me mettre en route. Je t'enverrai un courrier pour t'annoncer mon départ.

J'espère qu'on ne me refusera pas cette permission. Jet'em* brasse un million de fois.

Mon petit Papatschisch,je t'aime de tout mon cœur.

(N.-B.) écrit de la main d'im enfant).

Tu reconnaîtras la petite main qui t'a écrit je pense. As-tu bien reçu mes lettres des 30, 31, 2, 4, 7, et 11 ?

1. Catlierine de Wurtemberg, ex-reine de Westphalie. Celte lettre -'■' figure pas parmi celles publiées au tome VU des Mémoires et Correspo-idancet du roi Jérôme et de U reine Catherine,

2. Le prince Jérôme-Napoléon né le H août 1814, mort le IS mai 1817 A l<i villa del Gastello, à Quinto près de Florence.

DU GOLFE JOUAN A l'aCTE FINAL DU CONGRÈS 485

2234. Vienne, 18 avril 1815 (F. 2 502.1814 ad 2).

Comte de GOLTZ à sa femme (à Stuttgart) {Intercepta)

(en allemand).

Son renvoi prochain auprès de Louis XVIIl et au quartier-général de Wellington. Raisons pour lesquelles Napoléon ne pourra tenir longtemps.

Je pense être renvoyé sous peu auprès de Louis XVIII. 11 y a eu à ce propos antagonisme entre civils et militaires qui voulaient me renvoyer auprès de Blûcher, tandis que les diplomates ne voulaient pas me lâcher en pareil moment. Aujourd'hui, il me semble certain qu'on me renverra auprès du Roi en me donnant en même temps les fonctions de Ministre militaire au grand quartier général de Wellington, où je me rendrai de temps en temps.

Tout cela ne durera, du reste, pas longtemps, parce que Bo* naparte ne dispose que d une armée peu nombreuse et que la nation pourrait bien se débarrasser de lui d'une façon ou d'une autre quand elle verra qu'elle lui doit d'avoir toute TËurope sur les bras.

2235. Vienne, 18 avril 1815 (F. 3. 502.1814 ad 2).

Baron de GAYL (1) à la Comtesse de HARTZ (à Graz).

{Intercepta) (en français).

Impossibilité à cause des événements d'oblenir des passeports pour Naples. Les demandes d'Elisa. Commission* faite à Wintzingerode pour être transmise au Roi.

J'ai reçu tous les ordres de Votre Majesté du 15 et me suis rendu ce matin chez le prince de Metternich qui, ayant des conférences^ a remis son audience à demain. J'ai déjà rendu compte à Votre Majesté, en date du 15, de ce que le prince de Metternich m^a déclaré et combien malheureusement la rupture avec la Cour de Naples a changé les dispositions de celle de Vienne (2).

1. Mandataire et fondé de pouvoirs de Jérôme qui l'avait envoyé peu de temps auparavant à Paris.

2. Celte lettre ne figure pas, elle non plus, parmi celles publiées au t. VII des Mémoires et Correspondance du roi Jérôme et de là reine Catherine.

J*ai vu Âldini, par lequel la princesse Elisa a fait remettre des lettres au prince de Metternich pour l'empereur François et l'impératrice Marie-Louise. Elle demande la permission de se rendre en France. La réponse a été négative. Elle se déplaît beaucoup à firûnn et désire pouvoir habiter Baden ou Laxenburg. Aldiniy craignant qu'on n'acquiesce pas à cette demande, va lui conseiller de demander Tautorisation d'aller prendre les eaux de Garlsbad ou de Teplitz.

Conformément aux ordres de Votre Majesté, j'ai fait connaître au comte Wintzingerode que Votre Majesté, très sensible aux intentions du Roi, Son père, ne ponvait cependant en aucun cas se fixer en Wurtemberg^ vn que les intentions du Roi, son époux, étaient très positives, pour que Votre Majesté allât le rejoindre ou. en cas de refus de la oonr de Vienne, restit dans les Etats de l'empereur François.

2286. Vienne, 21 avril t815 F. !L 503.1836 ad 2).

HAGKR à l'EMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 21 avril.

Outre les Intercepta pris chez ou destinés à Stackelberg, Humboldt, Clancarty, Dalberg, Nesselrode, Stein, Palmella, Rechberg, Boyen, Noailles, on avait saisi un courrier anglais contenant des lettres de Liéven (Cf. plus loin) et des paquets adressés par Castlereagh à Cathcart, Tallejrajtid et PalniBlla.

2237. Vienne, 18 avril 1815 (F. 2. 501.1836 ad 2 .

Rapport à HAGER Départ de Radziwill.

Le prince Radziwill est parti le 18 à 9 heures du matin pour Berlin.

DU GOLFE iPOUÀN A l'àCTE FlIUii DU CONGRÈS 487

2238. Vienne, 17 avril 1815 (F. 3. 502.1835 ad 2).

.... à HAGER (en français).

Riglemoni des qoesiiOQB de •délimitation austro-bavaroise. GoDcaasioos territoriales faites par le roi de Sardaigpne au canton de Genève.

Les affaires de Bavière ont été terminées dans la conférence du 10 (1).

La Bavière cède à l' Autriche le Hausruckviertel, nnn-Viertel, quelques bailliages du pajs de Salzbourg, soit xm total de 288.854 habitants. Elle acquiert en retour de Bade 137.«U4,de Darmstadt 1:25.340, du Wurtemberg 95.549, de Hanau 46.000 le bailliage de Redwltz ^5.000, la principauté d'Isenburg, 43.000, celle de Fulda 20.881, plus la jeversibilité du Palaftinat, soit un total de 471.154 habitants.

Le comité des Huit a obtenu du roi de Sardaigne quelques districts de la Savoie pour agrandir le caaton de Genève let vient de Tannoncer à la Diète de Zurich (2).

Le général autrichien Stelgenlesch a été envoyé en Suisse avec une commission militaire.

2299. Londres, 4 avril 1815 (F. 2. «02.1636 ad 2).

LIEVEN à NESSELRODE {IrUercepùt) (en français).

L attitude de Napoléon à T'égard de TAngleterre. La coimnission eoitfii&e à Crairfavd.'Goacessiom que Napoléon est prêt à faire. Refus de Oastkoneagh. Renvoi de Douvres d'un courrier «Bvoyé par l'Empereur à La Chfttre. Les résolutions et le mémoire de Casliereagph. L'Angleterre réglera sa conduRe sur ce ne de ses alliés.

J'ai mis la plus grande attention à recueillir tout ee qui, à *a suite de la révolution survenue en France, pouvait parvenir

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