‹ Les destinées du Congo BelgeChapitre 17 sur 20 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Un ministre anglais, Sir Edward Grey, chargé du portefeuille des Affaires étrangères, félicitait récemment (i) la Belgique des préoccupations qu'elle manifestait au sujet de la situation et de l'avenir de TÉtat Indépendant. Heureux de cet éveil d'intérêt, il en souhaitait la durée et l'accroissement, et il y voyait pour l'Angleterre un motif de surseoir à toute mesure qui pourrait nous ôter l'envie de veiller nous-mêmes aux réformes administratives que réclamait la situation du Congo belge.

« Après tout, disait-il, les réformes de PÉtat du Congo regardent en premier lieu la Belgique .. Mon avis est d'attendre et de voir ce que produira l'automne... Mais nous n'attendrons pas indéfiniment. »

(i) Discours prononcé, le 5 juillet 1906, à la Chambre des Communes.

C'est sur ces paroles applaudies que prit fin la. discussion.

Elles montrent l'attention qui se concentre actuellement sur notre petit pays en Angleterre,, et, ne craignons pas de l'ajouter, dans toute l'Europe et l'Amérique du Nord. Combien notre réputation est engagée dans le langage et plus encore dans la conduite que nous saurons tenir I

D'autre part, le bien d'un vaste territoire réclame à tout le moins l'exécution immédiate et constante des réformes décrétées; et cette exécution suppose que la Belgique suive d'un œil vigilant tout ce qui se passe dans l'Afrique centrale.

Ces pages supplémentaires, aussi bien (jue notre livre, tendent à obtenir de tous ceux qui en sont capables, l'action dont la nécessité se montre aussi impérieuse.

De pareilles instances nous exposent, sans doute, à contrarier des intérêts, plus encore à déranger, à troubler une paisible tranquillité. Et l'on sait, si l'homme est avide de repos! Mais nous avons la confiance de nous adresser à des concitoyens assez droits pour reconnaître les sacrifices à faire, assez généreux pour préférer à toutes choses le devoir.

Qui nous fera un grief de n'avoir pas douté de la patrie, de n'avoir pas reconnu à la prospérité, qui amollit les caractères, la puissance d'entamer notre âme nationale, d'avoir pensé que la Belgique gardait fier au cœur le souci de continuer sesgloires, ses nobles traditions?

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