BRUXELLES LIBRAIRIE ALBERT DBWIT
Rue Royale, 33
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Auteur d'un livre sur la Question congolaise ^ nous ne pouvons nous dispenser de publier ce supplément.
Tout en rendant un hommage mérité à une bienfaisante et glorieuse création, notre ouvrage s'exprimait avec franchise sur des abus trop réels, constatés par une commission d'enquête, et cherchait à découvrir les sources d'un mal qui nuisait à l'une des plus belles entreprises de l'époque contemporaine. Nous arrivâmes à découvrir de la sorte, dans un ordre supérieur, la part trop mince faite à la force civilisatrice par excellence, l'influence chrétienne, dont les missionnaires sont les représentants attitrés et dévoués. Dans l'ordre économique ensuite, nous apparurent les effets regrettables d'une erreur sur l'appropriation du sol,
2 LES DESTINÉbS DU CONGO BELGE
puis d'un empressement, excusable mais excessif, pour donner à un État qui débutait les lois et la vie d'une société parvenue à Tâge mûr. Le système politique, enfin, se montra à notre regard vicié par une centralisation excessive et une confusion de pouvoirs tendant à établir un conflit perpétuel entre l'intérêt et le devoir.
Notre dessein était de plaider la cause d'une race déshéritée. Il nous fit souhaiter un plus franc concours donné aux missionnaires, une enquête foncière pour rétablir les indigènes dans leurs droits, une réforme judiciaire portant sur le nombre, l'indépendance et la procédure des magistrats, des divisions administratives permettant une sage décentralisation, une plus grande stabilité dans les emplois et une rémunération suffisante pour permettre une meilleure sélection du personnel. Enfin, des exigences fiscales plus modérées devaient se combiner, selon nous, avec la députation de fonctionnaires spécialement et exclusivement chargés du recouvrement des impôts. Au point de vue purement humanitaire, notamment dans l'espoir de faciliter ainsi le recrutement de fonctionnaires et' de magistrats d'élite, nous désirions hâter l'heure où le Congo serait réuni à la patrie belge.
C'étaient là les vœux principaux, d'ordre immédiatement pratique, que nous croyions avoir à for-
muler, lors de la publication de notre ouvrage. Mais, depuis ce temps-là, plusieurs mois sont écoulés.
Si le temps a modifié la situation, c'est notre devoir d'en avertir le public.
Des réformes sont décrétées : ne faut-il pas les faire connaître, les apprécier?
On annonce une grande discussion parlementaire qui aura le Congo pour objet : il convient de contribuer selon ses moyens à préparer le peuple belge à la comprendre, à la suivre, à s'y intéresser.
Nous devons un complément d'information aux lecteurs qui ont daigné nous consulter avec confiance. Il se peut même que la publication de ce supplément leur paraisse tardive : un séjour à l'étranger, de pressantes occupations nous ont imposé des délais.
Nous devons persévérer jusqu'au bout dans la défense d'une race malheureuse.
Et nous devons répondre à une critique.
C'est même par là que nous commencerons.
HOOYEH WAR
Collection
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