CRITIQUE ET RÉPONSE
La Question Congolaise n'a pas à se plaindre de Taccueil de la presse : il fut bienveillant, parfois flatteur. A l'étranger même, de grands organes, tels que le Times (i) et La Réforme sociale (2), ne lui ont pas marchandé l'éloge ; et elle fut citée avec honneur au Parlement anglais (3).
Prenant position dans une controverse ardente, attisée, chez quelques-uns, par un intérêt qui aveugle et passionne, nous ne pouvons pas être de l'avis de tout le monde, ni tout le monde de notre avis. La contradiction cependant fut peu bruyante et n'appelle aucune réponse, non plus que l'article courtois que nous opposa le rédacteur en chef de La Belgique maritime et coloniale (4). D'une divergence de principes, on envient naturellement
(i) Numéro du 3 mai i«)o6, p. 5.
(2) Numéro de septembre 1906, p. 464. Article signé G. Blondel.
(3) Par exemple, à la séance du 4 juillet 1906.
(4) UÈtat Indépe»daiU tt les Missions, numéro du 30 mai i</j^).
à certaines conclusions contraires. Au lecteur à prendre parti.
Mais il vaut la peine de nous arrêter à deux articulets anonymes de la même revue (i).
Us contestent, en effet, une estimation financière dont nous tenons à maintenir la valeur. Si ce n'est là qu'un point particulier et non essentiel, il a pourtant une importance que d'autres se sont plu à signaler au public; et nous ne voulons pas qu'une critique non relevée serve jamais d'arme pour s'en prendre abusivement au livre tout entier.
Par ailleurs, ces articles nous offrent des spécimens intéressants d'un certain genre ou style « congolais ».
Désireux de faire une vérification qui paraissait utile, rendu curieux par l'affectation du secret, encouragé par l'exemple du D^" Anton, nous avions cherché, avec les moyens dont nous disposions, à comparer les recettes réelles de l'État Indépendant aux prévisions budgétaires, les seules que l'on publie.
Notre résultat, expressément donné comme approximatif, confirma pour les deux dernières années les calculs du D'* Anton pour cinq années antérieures : les rentrées effectives sont notablement supérieures aux chiffres des budgets.
Cette conclusion obtint, dans la presse quotidienne ou périodique(2) un certain retentissement.
(i) statistiques Congolaises, mèoie numéro. Une lettre de P, Vermeersch, numéro du 4 juin 1906.
(2) Voyez notamment la brochure de M. Cattier, La Question Congolaise (extrait de la Revue de l'Université, mai-juin 1906).