TYPE" TUBERCULEUX
C'est un des plus fréquents: nous avons déjà signalé l'opinion de Lécorché et Talamon (1) qui veulent que ce soit la cause sinon constante, tout au moins la plus vulgaire des pleurésies brightiques. La pleurésie peut se voir au cours de la tuberculose aiguë; on trouve alors la plèvre congestionnée par places ; des filaments se forment, réunissant les deux feuillets de la séreuse et, aux points de jonction de ces deux feuillets, se trouvent des tubercules entourés de cellules géantes. Notre observation XXVI tirée du service de M. le professeur Courmont, présentée par lui avec Arloing (2) à la Société Médicale des Hôpitaux de Lyon, se rapporte à un cas de pleurésie chez un brightique, prise pendant la vie pour un hydrothorax d’origine rénale et reconnue à l’autopsie comme un cas de tuberculose aiguë de la plèvre. | La tuberculose pleurale chronique, comme nous l'avons vu, est plus fréquente ; là, nous pouvons rencontrer tous les types de réaction communs à la tuberculose, depuis la forme sèche ou succédant à une pleurésie avec épanchement, jusqu’à la pleurésie hémorrhagique ou purulente.
Dans les cas où il s’agit seulement de pleurésie sèche, le phénomène le plus frappant consiste dans
(1) LécorcHé. — Traité des mal. de reins, 1874. (2) Courmonr et ARLOING. — Société Méd. des hôpitaux de Lyon, 1902.
la soudure des deux feuillets, les adhérences du poumon et de la paroi costale avec la séreuse enflammée. Ces adhérences faciles à voir sont très minces ou épaisses ; leur résistance varie et c’est à leur niveau que l’on peut découvrir le plus facilement les tubercules. Leur évolution anatomique n'est pas toujours la même; elle peut en effet aboutir à la suppuration, à la résorption pure et simple ou à la transformation calcaire. Grancher (1) a montré la différence de ces lésions, au point de vue du bon fonctionnement du poumon, suivant qu'elles sont pleuro-viscérales et suivent les mouvements de l’organe ou pleuro-pariétales. L'évolution anatomique de cette forme est rapide et s2s lésions ont peu de tendance à regresser.
Plus fréquente, donnant d’ailleurs le plus souvent l'illusion d’un hydrothorax, est la pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse dans le mal de Bright: l'épanchement en est l'expression la plus caractéristique, nous y reviendrons. La plèvre dans ces cas contient des fausses membranes formant un tapis tomenteux, irrégulier, la couvrant dans son ensemble ou n’existant que par îlots. Ces fausses membranes peuvent tomber dans la cavité pleurale et former ces grumeaux, ces filaments que l’on trouve au sein du liquide. Toute la surface de la séreuse est couverte d’un enduit néomembraneux d'aspect bourgeonnant, très villeux, rougeâtre, épais de ra2m/m.C'est au sein de cet enduit que l’on trouve des granulations ou des
(2) GranCHER. — Mal. de l’app. respiratoire, 1900.