‹ Les Déterminations Pleurales: Au Cours du Mal de BrightChapitre 16 sur 59 · VER · texte numérisé non relu

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monies dont les microbes ont une virulence exagérée au cours des néphrites.

30 TYPE HYDROTHORAX.

Nous serons bref sur ce dernier type. L/hydrothorax est, en effet, le résultat d’un processus général dont l’action se fait sentir également sur toutes les séreuses et sur le tissu cellulaire sous-cutané. Le liquide qui en constitue l’épanchement ne contient pas de fibrine, pas d'éléments de défense, comme nous le verrons; c’est dire qu'il est absolument inerte, ne donnant aucun indice d’une modification quelconque du côté de la plèvre. L’autopsie est, d’ailleurs, confirmative de ce fait ; l'aspect de la séreuse n’a pas changé, il n'y a ni épaississement, ni fausses membranes, et c’est par l'étude de l’'épanchement que l’on peut surtout constater ces différences. Dans nos observations d’hydrothorax, nous en relevons une, le no IX, où l’autopsie montra un infarctus du poumon gauche. Malheureusement, la cytologie ne fut pas faite, et c'est la faible teneur de ce liquide en fibrine qui nous l’a fait ranger dans les hydropisies pures et simples de la plèvre.

Il. — L'épanchement

Les caractères de l'épanchement sont éminemment variables ; ils changent avec les allures, l’âge de la maladie ; nous verrons, dans la série des observations que nous avons reçueillies, la variété des

AE val liquides que l’on peut trouver dans les plèvres d'albuminuriques ; l’hydrothorax simple, le liquide séro-fibrineux, hémorrhagique, purulent sy sont rencontrés. Force nous sera, pour ne pas nous répéter trop souvent dans l’étude des caractères de l'épanchement, de les étudier chacun séparément; nous y ajouterons une dernière variété, nous ne l'avons jamais vue : l’épanchement chyliforme qu'on a pu mettre, dans certains cas, sur le compte d'un brightisme concomitant. Enfin, nous ne ferons que signaler en passant les recherchés sur les propriétés humorales et histologiques du liquide. Nous: renvoyons celles-ci à la fin de ce travail, à l'étude du séro-diagnostic et du cyto-diagnostic.

19 L'HYDROTHORAX

Nous venons de voir précédemment que les lésions de la séreuse étaient insignifiantes ou nulles dans cette variété d'épanchement; ce fait explique la facilité avec laquelle ilremplit la cavité pleurale; celle-ci n'étant le siège d'aucun processus néo-membraneux, le liquide peut fuser entre les deux feuillets sans rencontrer d'obstacles qui l'arrêtent ou le cloisonnent. La progression est ordinairement rapide, parallèle aux oscillations des autres hydropisies.

Les premières considérations montrent, à elles seules, quelle doit être la mobilité d’un liquide placé dans ces conditions. S'il est en quantité moyenne les changements d’attitude du malade produisent rapidement des modifications de la ligne dematité. En

PREQUES

petite quantité, au contraire ildevient difficile à percevoir, car il peut s’infiltrer dans le sinus costo-diaphragmatique dépourvu d’adhérence.

Le côté atteint n'a pas une importance bien considérable ; on en a fait, néanmoins, un caractère diagnostique : l’hydrothorax serait bilatéral, la pleurésie unilatérale.Il est bien certain que l’hydrothorax,chez un brigtique, n’a pas plus de raison d’être unilatéral que l’œdème des membres iuférieurs, mais il commence généralement par une cavité pleurale, et ce n’est qu'au cours de l'évolution de ce côté qu'il se produit dans l’autre. Sur nos 14 observations d’hydrothorax nous notons dans cinq cas seulement, la bilatéralité d'emblée ; ce caractère accompagne ordidinairement des formes à longue évolution.

Le chiffre de survie a varié de six semaines à neuf mois. Dans l'hydrothorax unilatéral nous trouvons cinq fois l’épanchement à gauche; dans un cas l’'épanchement, bilatéral d'abord, avait rétrocédé; on ne retrouvait plus de liquide que dans une plèvre, l’autre tapissée d’adhérences, suites probables d’une infection secondaire surajoutée.

La couleur du liquide retiré ne présente pas de particularités : il est incolore, clair et limpide ou citrin jaunâtre ; dans deux cas seulement il était séro-fibrineux £t l'examen cytologique décela dans ces cas, quelques lymphocytes. Deux de nos observations ont trait à des hydrothorax fortement colorés en rouge :il s'agissait d’artério-scléreux ; nous reviendrons sur ce faiten étudiant les épanchements hémorrhagiques de la plèvre au cours du mal de Bright.

La quantité est ordinairemeut considérable et la reproduction très rapide.

La coagulabilité est très faible; c'est même un caractère diagnostic que la pauvreté du dépôt après centrifugation : on cbtient un léger louche, parfois une simple tache opalescente au fond du tube.

Ce liquide enfin n’est pas visqueux ; ilest dépourvu de toute odeur, d’une densité bien inférieure à celle du plasma du sang ; alors que, pour le premier, elle oscille entre 1002 et 1005, pour le second elle atteint 10025 (Marcet) (1). La réaction, enfin ordinairement alcaline sur le vivant, devient acide après la mort.

Les caractères chimiques du liquide d’'hydrothorax ont été analysés depuis longtemps ; les travaux de Bequerel et Rodier, Andral (2) Méhu (3), Drivon Sée, Freriches, Robin y ontdécelé la présence de sels de phophates alcalins de chaux et de soude, du chlorure desodium, de l’urée, des urates, de la cholestérine, de la sérine, enfin de l’albumine plus abondante, d'après certains, dans l’ascite, l’'œdème méningé que dans l'hydrothorax et l'hydropéricarde. Les tableaux de Robin et de Méhu vont à l’encontre de cette donnée et formulent ainsi la teneur en albumine des principaux liquides hydropiques :

΃MENSERERSEETE JUA LT

ASCITE EE ne 8 à 20 Hydropéricarde....... 20 à 25 Hydrothorax RSS 30 à- 35

(1) Marcer. — Cité par Picot.

(2) ANDRAL. — Loc. citato.

(3) Meuv. — Arch. Gén., Méde. 1872

C’est donc l'hydrothorax qui en contiendrait le plus ;cetteabondanced’albumine qui n’estdépassé que dans l’hydrocèle, n’est pas expliquée. Lehman dans l’ascite a vu le taux de l’albumine s'élever avec le degré d'intensité de la compression vasculaire causale. D'autres influences peuvent, d’ailleurs agir sur. cette richesse en albumine et, plus l’hydrothorax est ancien, plus aussi contient-il d’albumine. Hoppe l'explique par une concentration du liquide et une persistance indéfinie de l’albumine extravasée.

Nous n'avons pas encore parlé de la fibrine qui manque ou se trouve à l’état de traces ; ceci estexpliqué par le peu d'intensité des phénomènes réactionnels des tissus et aune importance considérable sur la production des phénomènes d’osmose.

Nous n'avons que trois analyses complètes ie liquides d'hydrothorax ; nous y trouvons la confirmation des idées précédentes ; la prédominance de l’albumine, la densité basse, la très petite quantité de fibrine spnt autant de termes en faveur de la nature hydropique de ces épanchements. Dans nos autres observations la pauvreté en couleur, le peu de coagulabilité sont des signes de probabilité qui, joints aux autres moyens d'investigation, suffisent à caractériser l’hydrothorax.

Il est, enfin, un dernier caractère, celui-ci moins étudié et de date touté récente: c’est la toxicité de ce liquide. À côté de quelques rares travaux sur ce sujet, ceux de Castellino (1), Dumarest (2), Bous-

(1) Dumaresr. — Th. Lyon, 1897.

(2) Bousquer. — Th. Paris, 1899.

Do

quet (1) et Carrière (2), nous trouvons Îles expériences de M. P. Courmont (3) sur la toxicité des exsudats pathologiques des séreuses ; on n'avait cherché, avant lui, ce caractère que dans le sérum sanguin ou le liquide d’œdème. M. Courmont a expérimenté avec ces liquides toujours frais, dans les 48 heures, sur le lapin et le cobaye ; sur le lapin, pour la recherche de la toxicité apparente immédiate; sur le cobaye, pour la toxicité vraie. I] a employé le premier animal pour les liquides d'hydrothorax. L'’injection se faisait dans la veine de l'oreille,avec une vitesse de 4 cc. ; les quantités injectées ont varié entre 45 et go cc. etle coefficient de toxicité s’est maintenu entre 20 et 40 cc. par kilog. d'animal. De ses recherches l’auteur conclut que la toxicité des exsudats, surtout brightiques, est bien inférieure à celle du sérum sanguin (17 pour Dumarest). Ce sont les toxalbumines formées dans l'épanchement qui en font la toxicité.

20 ÉPANCHEMENT SÉRO-FIBRINEUX

Nous avons vu que la fibrine se rencontre parfois à des taux relativement assez élevés : 0.08, 0.10 dans des liquides d'hydrothorax ; on peut toujours admettre, pour l'expliquer, une infection secondaire.

(1) CasrEezzino. — Milan Wallardi, 1805, extr. de H. Morgagny 1895.

(2) Carrière, — Soc. biol., 1899.

(3) CourmonrT. — Arch. inter. de pharmacodyn etthérapie, 1Q00.

to L’épanchement, dans ces cas, est ordinairement unilatéral et d'évolution plus rapide que l'hydrothorax. La composition chimique ne diffère pas de celle des pleurésies séro-fibrineuses ordinaires; c’est leliquide clair, citrin, donnant toujours un coagulum par centrifugation, coagulum dans lequel on trouve des leucocytes, des hématies, des microbes. Au point de vue de sa composition chimique, les analyses nombreuses de Méhu ont donné la formule à peu près constante.

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En plus, on y rencontre des quantités variables d'urée, d'acide urique et de glycogène. Disons, enterminant, que, dans ces épanchements séro-fibrineux, les processus adhérentiels et pseudo-membraneux sont la règle et, par conséquent, peuvent donner à lépanchement des modes de répartition variables.

30 ÉPANCHEMENT HÉMORRHAGIQUE

Dieulafoy (1), dans son étude sur les pleurésies hémorrhagiques, les rangeen quatre catégories:

19 Pleurésies, très rares ou exceptionnelles : celles de la cirrhose et du mal de Bright.

(1) Diuraroy. — Gax.heb. de éMéd. et de Chir., 1885.

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