‹ Les dettes publiques européennesChapitre 19 sur 47 · ETATS ALLEMANDS DIVERS · texte numérisé non relu

ETATS ALLEMANDS DIVERS

. Voici également, à la date du 1"" janvier 1886, le total auquel s'élevait la dette de 18 États allemands. Cette dette était de 268.219.538 francs. Elle se décompose ainsi qu'il suit :

Francs,

Alsace-Lorraine 23.610.499

Brème (45,362,500 marcs) 56.703.125

Brunswick (29.855,031 m.) 37.318.788

Grand duché de Hesse (28,418,030 m.). 35.522.537

Lippe (972,907 m.} 1.216.133

Lubeck (15,473,920 m. i 19.342.400

Meklembourg (17,385,400 m.) 21.731.750

Oldenbourg (37,660,623 m,) 47.075.778

Reuss (1,937.191 m.) 2.421.488

Saxe Altenbourg (5,709,710 m.) 7.131.187

Saxe-Cobourg (1 ,365,988 m . ) 1 . 707 . 485

A reportei\ . . 235.781 . 170

Report.... 253.781.170

Saxe-Meningen (2,091,940 m.) 2.614.925

Saxe-Weiraar — »

Schaumbourg Lippe (600,000 m.) 750.000

Schwazbourg-Reidolstadl (2,582,808 m) 3 . 228. 500

— Sonderhausen (3,924,855) 4.906.068

Waldeck (2,351,100 m.) 2.938.875

Total 268.219.538

A la Bourse du 31 mai 1886, la rente italienne a atteint et dépassé le prix de 100 fr. Dans le cours de cette même année, le plus haut prix atteint a été 102 fr. 50 ; au 31 décembre 1886, le dernier cours a été 101 fr. 95. L'année 1886 comptera dans les annales financières de l'Italie. Elle marque les progrès accomplis par le crédit de ce jeune royaume que la France a contribué à fonder, qu'elle a toujours soutenu de son influence politique, du sang de ses enfants, de ses capitaux.

L'Italie, depuis quinze ans, a fait des progrès économiques considérables. Son crédit se rattachait d'une manière étroite à l'abolition du cours forcé, inauguré en 1866, par M. Scialoja. Depuis 1881, le cours forcé n'existe plus. La reprise des paiements en espèces a eu lieu: les budgets italiens, qui se soldaient par un déficit de 446 millions en 1862, se soldent, depuis plusieurs années, par des excédents. De lourds impôts ont été abolis ou modifiés ; des travaux utiles ont été accomplis. Le Ministre des Finances, qui a contribué, en grande partie, à réaliser ces heureux changements, peut maintenant jeter un coup-d'œil sur le passé, en se rappelant toutes les péripéties des finances Italiennes depuis la fondation de ce jeune royaume. L'Italie est sortie de ce que nous appelons : « l'ère des déficits » et elle est en pleine prospérité.

La rente italienne 5 0/0, réduite à 4,34 0/0 par limpôt de 13,20 0/0 qui frappe les valeurs mobilières en Italie, se compose de 3 emprunts : le l*"" au capital nominal de 714 millions a été

émis, en France par MM. de Rothschild frères, en juillet 1861 à 70 fr. 50.

Le second, au capital nominal de 700 millions, a été également émis, en France, par MM. de Rothschild frères, en mars 1873, à 71 fr.

Le troisième, au capital nominal de 729.745.000 lires, autorisé par la loi du 7 avril 1881 pour l'abolition du cours forcé, a été émis à Londres par MM. Baring frères et MM. G. I. Hambro, pour 365 millions de lires en juillet 1881 à 90 0/0, et pour le surplus soit 364.745.000 lires, en mai 1882, à 88 0/0. Le capital nominal de la dette publique d'Italie s'élevait :

Au 31 décembre 1884 à . . . . 9.938.032.224 lires 11

Au 31 décembre 1885 à . . . . 9.992.581.218 15

Aux dettes susdites, il faut ajouter celles qui sont directement administrées par la direction générale du Trésor et qui sont les suivantes :

1* Dettes perpétuelles :

Dette perpétuelle 5 0/0 au nom des corps moraux en Sicile.

Dette perpétuelle 5 0/0 au nom des communes de Sicile.

Rente 3 0/0 assignée aux créanciers dits légaux des provinces napolitaines.

2° Dettes remboursables :

Emprunt anglais 30/0 du 8 mars 1855.

Emprunt contracté en 1886 par l'ex-dûc de Lucques, 4 0/0.

Annuité 3 0/0 due à la G« des chemins de fer Sud-Autrichiens.

Le capital nominal de ces dettes était :

Au 31 décembre 1884 de lires 1 .147.161 .295 22

Au 31 — 1885 de — 1.139.349.620 97

Au total, la dette publique du royaume d'Italie s'élevait donc en capital nominal :

Au 31 décembre 1884 à lires 11.085.223.519 33

Au31 — 1885à — 11.131.930.849 12

La somme d'intérêts que réclame annuellement le service de la dette publique s'èléve à lires .... 532.753.685 31 En voici le détail :

Lires.

1» Intérêts des dettes consol. et perpét. ' 441.517.531 50 2° — — remboursables... 64.380.674 98

3» Araort. des dettes remboursables . . . 26.855.478 83

Total 532,753.685 31

ITALIE. 2o

Il faut remarquer que les sommes attribuées au service des dettes remboursables diminuent, d'année en année, par le fait de l'extinction graduelle des dettes elles-mêmes.

Les divers emprunts ont été contractés en rentes 5 0/0 et 3 0/0.

A la date du l"janvier 1886, les rentes italiennes 5 0 0 et 3 0/0 consolidées étaient réparties entre les catégories d'inscriptions suivantes ;

Rentes nominatives

— au porteur

— mixtes.

Titres provisoires nominatifs

Titres provisoires au porteur . •

Totaux

Le capital nominal de la dette publique s'élevait :

Au 31 décembre 1870 à lires 7.999.322.777 56

Au31 — 1885àlires 11.131.930.849 12

De 1870 à 1885, l'augmentation de la dette a donc été de 3.132.608.071 lires 56.

Il est fait face au service de la dette publique avec les ressources ordinaires du budget. Aucune dette, actuellement, n'est hypothéquée ou garantie sur un chapitre spécial du budget des recettes, ou autrement.

Les divers emprunts en rentes ont été contractés par souscriptions publiques ou par ventes, à prix ferme ou à commission, à des banques ou à des institutions de crédit tant dans le royaume qu'à l'étranger.

Pendant l'exercice financier du 1»' juillet 1884 au 30 juin 1885, il a été payé net, en rentes :

A l'étranger: lires 103.611.752 98

En Italie : lires 379.505.214 91

Total : lires 483.116.967 89

A ces renseignements officiels que nous devons à l'extrême obligeance de M. Novelli, directeur général du Trésor d'Italie, et de M. Luigi Bodio, directeur général de la statistique du royaume, nous ajouterons le relevé des plus hauts et des plus bas cours cotés à Paris, sur la rente italienne, depuis 1861.

De 1861 à 1869 inclus, le plus bas cours coté a été de 35 fr. 90, en 1866, au moment de la guerre Austro-Prussienne. Pendant cette même période, le plus haut cours a été de 76 fr., coté en

En 1867, pendant l'année qui suivit l'annexion de la Yénétie à l'Italie, le 5 0/0 Italien cotait au plus haut 56 fr. 80 et au plus bas 43 fr. 20. Avant la guerre, en 1870, il s'élevait à 60 fr. 90, gagnant difficilement 4 fr. en 4 années : pendant cette môme année 1870, il tombait à 42 fr. 50.

En 1872, alors que l'Italie possédait Rome, l'Italien montait à 71 fr. 05. Ce cours fut bientôt perdu : nous ne le retrouvons à la cote qu'en 1875. Depuis lors, la hausse a été presque continue. On cote 89 fr. 20 en 1881. Au mois d'avril 1881, l'Italien atteint 91 fr. 90. Les incidents relatifs aux affaires Tunisiennes le font retomber à 88 fr. 40. En 1882, le cours de 85 fr. esteffleuré : depuis cette époque, le mouvement de hausse s'est accentué d'année en année.

Ainsi : de 1870 à 1880, le plus bas cours coté a été de 42 fr. 50 en 1870 et le plus haut de 89 fr. 20 en 1880.

De 1881 à 1886, le plus bas cours a été de 85 fr. en 1882; les plus hauts cours ont été atteints en 1886.

Faisons remarquer encore, en terminant, que la rente italienne 5 0/0 qui a été émise en France et à l'étranger, et qui, à son origine, se trouvait presque en totalité, dans le portefeuille des capitalistes français, appartient aujourd'hui, en majeure partie, aux rentiers italiens.

Sur 483.116.967 fr. 89 de rentes payées du l^-^ juillet 1884 au 30 juin 1885, il avait été payé en Italie, 379.503.214 fr. 91, et, à l'étranger, 103.611.752 fr. 98.

Les paiements de la rente italienne, à l'échéance des coupons du premier semestre 1886, se sont élevés à 62.696.048 fr.90: dont 51.616.049fr.30àParis,7.951.797fr. 98àLondreset3.126.241fr.62 à Berlin.

De plus, sur les places de Bâle, Zurich et Breslau, ont été payés 79.174 27 : ainsi, le montant total de la Rente italienne payée à l'étranger a été de 62.775.223 fr. 19. Dans le second semestre de 1885, ces paiements n'ont été que

de 59.821.812 fr. 93; ainsi, pendant une période de six mois, il est sorti de la Rente italienne pour 2.953.410 fr. 36.

Il convient de remarquer la diminution de la Rente sur la place de Berlin.

En effet, tandis qu'au 31 décembre 1885 on a payé sur ce marché 6.400.119 fr. 58 pour la Rente échue, au 31 juin 1886 ces paiements n'ont été que de 3.138.241 fr. 62.

Un même phénomène s'est produit à Bâle, Zurich et Breslau, où les paiements de 140.099 fr. 29 sont descendus à 79.174 fr. 28.

A Paris et à Londres, au contraire, on constate une augmentation.

La place de Paris qui, à la fin de 1885, possédait des titres pour une rente de 46.380.290 fr.91,en avait au 30 juin 1886 pour 51.616.049 fr. 39, Berlin de 6.400.119 fr. 58 au 31 décembre 188o, en avait fin juin 1886, 7 millions 951.757 fr. 90.

D'après le montant de la rente italienne inscrite au Grand Livre, il résulte des données ci-dessus que 28 0 0 environ de cette rente est placée à l'étranger, soit un peu plus du tiers de la rente totale.

Ce fait a une grande importance ; il prouve que l'épargne du pays a pris une sérieuse extension, et que l'Italie, qui empruntait naguère à l'étranger sur le pied de 5 1/2 et de 5 0,0 tend maintenant à placer chez elle les titres de rentes de ses emprunts.

De la répartition des rentes Italiennes en Italie et à V étranger.

Pour établir approximativement dans quelles proportions les dettes publiques de l'Etat, et spécialement le Consolidé 5 0/0, sont réparties, à l'intérieur du royaume et à l'étranger, en prenant pour base les comptes de caisse de la décade 1875-1884, il faut se rapporter au Tableau synoptique ci-après, que nous devons à l'obligeance de M. Perozzo, secrétaire général du Ministère des finances d'Italie. On trouvera inscrit dans cet important travail :

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