EMPIRE D'ALLEMAGNE
La dette allemande portant intérêt, de l'empire d'Allemagne, s'élevait le 31 décembre 1885 à 426.941.000 marcs soit 526 millions 958,664 fr. 50.
Le paiement des intérêts exige, pour l'année 1885-1886 (du 1°^ avril 85 à fin mars 86), 16.400.000 marcs ou 20.145.800 francs. On n'a rien amorti jusqu'à ce jour.
Les emprunts ont été émis en 4 0/0.
La dette de l'ancienne confédération du Nord, conformément à la loi du 21 juillet 1870, pour se procurer les moyens de faire la guerre à la France, s'est constituée par un emprunt à 5 0/0 fin 1870 du montant de 267.069.900 marcs, et fin 1871, par un emprunt du montant de 341.319.900 marcs. Cette dette devait être remboursée le 1"" janvier 1873; cependant il restait encore, au 31 décembre 1885, une somme de 23 millions 400.000 marcs à amortir. Cette somme n'est pas comprise , dans la dette de 426.941.900 marcs indiquée plus haut.
Le premier emprunt de l'empire d'Allemagne fut émis en 1877. Depuis ce temps, le montant des émissions s'est accru dans les proportions suivantes :
Au 31 mars 1878 il s'élevait à 72 millions de marcs.
Il n'existe pas de gages spéciaux pour les emprunts de l'empire.
En 1870, l'emprunt de la Confédération a été émis, en grande partie, par souscription publique, et, en moindre partie, le solde a été vendu par des maisons de banque.
L'émission des emprunts d'État se fait presque exclusivement par ventes à des banquiers, et par souscriptions publiques opérées par l'intermédiaire de la banque impériale et de la Société maritime royale de Prusse.
Les renseignements qui précèdent se rapportent aux dettes de l'empire allemand, c'est-à-dire de la réunion des États confédérés, mais pas à celles de ces États en particulier.
Pour terminer ce chapitre sur les dettes publiques de la Prusse et de l'Allemagne, nous indiquerons, dans le tableau suivant, les cours approximatifs auxquels se négociaient, au 15 juillet 1886, et au 15 décembre quelques fonds d'État prussien et allemands.
15 juillet. 15 décembre.
Emprunt aUemand 4 0/0 105 90 105 75
- Prussien 3 1/2 0/0 103 40 10120
— à primes 3 1/2 0/0 142 » 145 »
3 1/2 0/0 Brunswick 101 80 100 y>
3 1/2 0/0 Francfort 101 10 100 »
4 0/0 Hessois 103 50 102 90
4 0/0 Darmstadt 105 50 105 »
4 0/0 Nassau 103 50 102 50
3 0/0 Saxon 99 25 97 25
3 1/2 0/0 Badois 99 60 100 »
4 0/0 Bavarois 105 i> 104 80
Ainsi l'Allemagne entière voit ses rentes 3 1/2 0/0 cotées audessus de 100 et ses rentes 3 0/0 atteindre bientôt ce cours de 100 ; c'est-à-dire que le crédit de ces divers pays est tel qu'ils pourraient emprunter à environ 3 0/0.
Il n'est pas nécessaire de faire remarquer quelle augmentation de force et d'autorité donnent à l'Allemagne entière la puissance de son crédit, les hauts cours de ses fonds publics et de ceux des États confédérés.
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans dire quelques mots du budget de l'Empire allemand. Ce budget s'élève, pour l'exercice 1886-1887, en recettes et en dépenses, à M. 750.946.865; soit 938 millions 683,358 fr. 25, à savoir :
Dépenses permanentes M. 631.345.194
— passagères 119.601.691
Recettes. 750.946.885
Ce dernier chiffre comprend le produit d'un emprunt de M. 72,100,000 à 3 1/2 p. 0/0, que le Chancelier propose de contracter, et représente, par conséquent, le déficit qu'accuse le budget. Dans ces chiffres ne sont pas compris les budgets particuliers des 26 États qui composent l'Empire, ni les budgets particuliers des communes urbaines et rurales. Le budget de 1886-1887, par comparaison à l'exercice précédent, accuse une augmentation de dépenses de près de 120 millions, soit environ 15 0/0. La marine, notamment, comporte une augmentation de 8 1/2 millions.
Le système de comptabilité budgétaire des Allemands est moins compliqué que le nôtre. Nous écrivons, nous, d'un côté, la totalité des dépenses, et, de l'autre côté, la totalité des recettes, pour certains services publics. Ainsi, pour les Tabacs, les Postes et Télégraphes, les Chemins de fer de VEtat, nous inscrivons, d'une part, ce que coûtent ces divers services, et, d'autre part, les produits qu'ils donnent. La comptabilité allemande est plus expéditive et pratique. Pour les services dont nous parlons, les Allemands n'écrivent que la différence nette entre les recettes et les dépenses. Ainsi, le budget de l'Empire allemand ne porte aucune somme en dépenses pour les postes et télégraphes, mais seulement une somme en recettes. Cette recette nette s'est élevée en 1884-1885 à 25.712.193 marcs. Les dépenses avaient été de 134.230.807 marcs et les recettes brutes de 159.943.000 marcs.
Si nous appliquions chez nous le même système, plusieurs centaines de millions disparaîtraient de notre budget qui ne comprendrait plus que le résultat net et réel des opérations. Pour les postes et télégraphes et pour les tabacs seulement, nous aurions ainsi plus de 200 millions à retrancher de notre budget.
Faisons remarquer aussi qu'en môme temps que le budget de l'Empire d'Allemagne supporte, pour 1886-1887, une aug-
mentation de dépenses de 120 millions, les recettes subissent une moins-value fort importante, conséquence de la crise qui pèse sur toute l'Europe. L'exercice 1885-1886 présente, sur les sucres, une moins-value de 40 0/0, et de 30 0/0 environ sur les tabacs. Nous nous plaignons de la diminution de nos recettes budgétaires. Elles sont, on en conviendra, de faible importance quand on les compare à celles qui se produisent en Allemagne sur les sucres et sur les tabacs. Pendant l'année 1885. les recettes totales sur les tabacs ont été, chez nous, de 374 millions 418.000 fr. Or, pendant le premier semestre de 1886, les recettes se sont élevées à 181 millions 201.000 fr., ce qui donnerait, pour l'année entière, 362 1/2 millions en^iron, soit 12 millions de moins. Que représentent ces 12 millions sur l'ensemble d'une recette s'élevant à 374 millions ? A peine 3 0/0. Or, en Allemagne, la moins-value constatée a été de 30 0/0. Sans doute, a le mal de l'un ne guérit pas celui de l'autre », comme dit un vieux dicton; mais il n'est pas bon, non plus, d'exagérer les maux dont on souffre, de voir tout en noir et de se plaindre sans cesse.
Les chiffres que nous venons de donner sur la Prusse et sur l'Allemagne sont extraits, en grande partie, des documents et des notes que nous a communiqués avec tant d'obligeance M. le D"" Becker, directeur du bureau de statistique de l'Empire d'Allemagne, et M. Em. Blenck, conseiller intime et directeur du bureau de statistique du royaume de Prusse. Nous leur en exprimons ici toute notre gratitude.
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