‹ Les dettes publiques européennesChapitre 4 sur 47 · PR LISSE. O · texte numérisé non relu

PR LISSE. O

Depuis 1870, l'augmentation de la dette publique a été de 2.574.002.289 marcs 30 pfennigs, soit 3 milliards 217 millions 502.862 francs. Il est difficile de donner un état exact des divers emprunts émis depuis 1870, en raison des amortissements qui ont eu lieu, des remboursements qui ont été effectués par des prélèvements sur lindemnité de guerre, et en raison aussi des nombreuses conversions et consolidations qui ont été faites.

Il est utile de faire remarquer que, dans le total de la dette de l'État, est comprise celle des chemins de fer. Or, ces chemins de fer qui appartiennent au royaume de Prusse ont occasionné une dépense et représentent un capital de 3.657.911.620 marcs soit 4 milliards 572 millions 393.275 francs, ce qui réduit, en réalité, la dette publique proprement dite de la Prusse au chiffre nominal de 242 millions.

Les chemins de fer de l'État sont très répandus en Prusse. Les lignes en exploitation s'élevaient à la date du 29 mai 1884, à 22.246 kilomètres. Le réseau total est subdivisé en sept directions.Chacune est administrée par un président touchant 10.500 marcs soit 13.125 francs, et douze administrateurs qui reçoivent annuellement 4.200 à 6.000 marcs (5.250 francs à 7.500 fr.), L'excédent des recettes sur les dépenses est considérable, environ 100 millions de marcs, soit 125 millions de francs, alors que le service de la dette pubUque, comme on l'a vu plus haut, réclame seulement 220 millions de francs : c'est près de 6 fois moins qu'en France. Ces quelques chiffres, sans entrer dans de plus longs développements, prouvent combien est forte la situation financière de la Prusse. L'ensemble des impôts généraux et locaux est trois fois moins élevé en Prusse qu'en France (1).

(1) Depuis que ces lignes sont écrites, le gouvernement prussien vient d'offrir la conversion en obligations 3 1/2 0/0 Consolidées de l'Etat, aux porteurs des obligations ci-après de chemins de fer rachetés par l'Etat :

Circulation an 3 1 mars 48S6.

Obligationa 4 p. c. Altona-Kiel, If émission M. 1.3l90.0ûO

— 4 p. c. Magdebourg-Halberstadt, du 15 avril J861.... 6. 314.000

— 4 p. c. Berlin Potedam-Magdebourg lit. E 28.380.000

— 4 p. c. — — lit. F 5.919.000

— 4 1iîp. c. — — Ut. D 8.793.000

— 4 p. c. Breslau-Schweidnit2-Freiburg, lit. G 8.486.000

— 4 p. c. — — lit.} 5.Î18.000

— 4 p. c. Berlin-Gœlitt, /it. C 6.743.000

Total M. S6.455.0C0

Les porteurs conserveront la jouissance en 4 0/0 jusqu'au 1«' octobre 1887. L'acceptation de la conversion doit être notifiée avant le 30 octobre 1886.

On se trompe beaucoup, chez nous, sur le caractère des difficultés financières de nos voisins d'au delà des Vosges. Ces difficultés proviennent surtout d'une mauvaise assiette des impôts. Quand la Prusse voudra augmenter légèrement les droits sur les principales boissons de l'Allemagne, l'alcool et la bière, qui paient aujourd'hui des impôts minimes, elle accroîtra ses ressources dans des proportions énormes. Il est utile que ces faits soient connus dans notre pays oii des aperçus erronés, après avoir longtemps entretenu l'illusion sur les forces militaires de la Prusse, entretiennent encore aujourd'hui cette même illusion sur son état financier.

Page 1