FAMILLE DE SALIGNAC-FÉNELON
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La maison de Salignac ou Salagnac prenait son nom de la terre de Salagnac, située à deux lieux de Sarlat. Cette terre était la première des châtellenies de Périgord, et elle fut érigée en baronie en 1460,
Une suite de titres originaux et authen-.
tiques depuis 1260, constate l'ancienneté de cette maison, dont l’origine se perd dans l’obscurité des temps les plus reculés.
On voit un Bozon de Salagnac, élu archevêque de Bordeaux en 1296, stipulant dans un acte de famille de 1276, avec Aimeri de Salagnac, son parent,
Un second Bozon de Salagnac fut évêque de Comminge en 1300.
Cette maison donna encore un archevêque à l'Eglise de Bordeaux, en 1361, en la per-
‘ (1) Extrait de l’Æéstoire de Fénelon, par le cardinal de Bausset.
sonne d'Ælie de Salagnac, qui avait été auparavant évêque de Sarlat. :
Le Gallia Christiana, en faisant mention de ces deux archevêques de Bordeaux, dit du premier : Æx vetustà et nobili baronum de Salignaco in Petrocoriis oriundus. Et du second : ic archiepiscopus cognominabatur de Salignac, quae gens in pago Petrocoriensi est antiquissima et nobilissima. .…
On sait assez que les savants éditeurs du Gallia Christiana, aus. versés dans la connaissance des monuments de l’histoire que .dans ceux de l'antiquité ecclésiastique, n’étaient pas accoutumés à dégrader l’estimable exactitude de leurs recherches par des adulations banales.
Les mêmes auteurs rapportent dans la chronologie des évêques de Sarlat, une suite des six évêques de Sarlat du nom de Salignac, dont trois de la branche de Lamothe-Fénelon, qui occupèrent ce siège à différents intervalles, jusqu’à François de Salignac de Lamothe-Fénelon, oncle de l'archevêque de Cambrai.
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Dans ces temps reculés, on était assez dans l'usage de n'élever aux grandes dignités ceclésiastiques que les familles les plus considérables.
Cette maison a joui du même éclat dans lu profession des armes.
Les historiens de France mettent au nom-
bre des seigneurs qui, sur la fin du règne de
Charles VI, soutinrent le: parti du dauphin, depuis Charles VIT, au-delà de la Loire, Raymond de Salagnac, seigneur de Lamothe- Fénelon, sénéchal de Quercy et de Périgord, et lieutenant-général du gouvernement de Guyenne,
Son fils, Antoine de Salignac, fut gouverneur de Périgord et de Limosin, pour Jean d’Albret, roi de Navarre.
Le fils aîné d'Antoine de Salignac épousa N. de Tailleyrand, de la maison des princes de Chalais. il n’en eut que deux filles, dont l’une fut mariée avec N. de Talleyrand, prince de Chalais, son cousin germain ; et l’autre, avec François d’Aydie, vicomte de Riberac.
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La terre de Salagnac passa dans la maison de Gontaut-Biron, par le mariage de l’héritière de la branche aînée du nom de Salagnac, avec un Gontaut-Biron. L'une des clauses du contrat portait que les enfants qui naîtraient de ce mariage prendraient le nom et les armes de Salagnac, avec ceux de Gontaut.
Henri IV eut pour gouverneur dans sa jeunesse Géraud de Salignac.
La branche cadette de Salignac-Lamothe-
Fénelon, dont était l'archevêque de Cambrai, a produit des hommes non moins recommandables par leurs talents et leurs services.
Bertrand de Salignac de Lamothe-Fénelon, .
arrière-srand-oncle de l'archevêque de Cambrai, se distingua de bonne heure dans la carrière militaire, et courut se jeter avec une foule de jeunes seigneurs dans la ville de Metz, au moment où Charles-Quint se disposait à en faire le siège. Il a même laissé un journal manuscrit des événements mémorables de ce siège ; journal qui a été consulté et
suivi par les auteurs qui en ont écrit le récit.
Aiïnsi son nom se trouve associé, en qualité d'écrivain et de militaire, à la gloire d’un événement célèbre dans notre histoire, et dont le résultat, si honorable à la France, si funeste à Charles-Quint, avertit ce monarque que le terme de ses prospérités était arrivé, et qu'il était temps pour lui de se retirer de la scène du monde.
Ce même Bertrand de Salignac résida longtemps en Angleterre, en qualité d’ambassadeur de France auprès de la reine Élizabeth.
Il fut compris dans la première promotion des chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit, au moment de son institution. Il avait négocié le mariage du duc d’'Alençon,frère d'Henri III, avec la reine d'Angleterre. Lorsqu'à cette occasion, la Cour de France envoya à Londres une ambassade solennelle, qui eut un prince du sang pour chef, Bertrand de Salignac fut du nombre des seigneurs qui composèrent l'ambassade et qui signèrent, le 11 juin 1581, le contrat de mariage du prince et de la reine.
Après la conclusion de la paix de Vervins,
Henri IV nomma Bertrand de Salignac son
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ambassadeur à la cour d’Espagne. Il mourut à Bordeaux, en 1599, étant en route pour se rendre à sa destination.
Jean de Salignac, neveu de celui dont on vient de parler, se jeta, après la perte de la bataille de Coutras, dans la ville de Sarlat,que les troupes du vicomte de Turenne étaient venues attaquer ; il la défendit avec tant de valeur que le siège fut levé. La ville de Sarlat était dans l’usage, jusque dans ces derniers temps, de célébrer l'anniversaire d’un événement qui l'avait préservée de tous les désastres trop communs dans les guerres civiles.
On faisait toujours entrer dans le sermon qui se prononçait le jour de cette fête, l'éloge de la maison de Fénelon, pour attester personnellement la reconnaissance des habitants de la ville de Sarlat. Ce même Jean de Salignac perdit glorieusement la vie au siège de la ville de Dôme, qu'il était venu remettre sous l’obéissance du Roi,
Les nombreuses alliances que la maison de Fénelon avait contractées avec les plus an-
ciennes maisons du royaume, prouvent la
considération dont elle jouissait. Il suffira de rappeler celles qui sont entrées directement dans sa descendance, ou qui se sont alliées à elle dans un temps où les convenances d’opinions s’opposaient encore aux mésalliances.
Parmi ces noms antiques, on compte ceux de Talleyrand-Chalais, de la Trémouille, de Gronts--t-Biron, de Durfort,de Pierre Buffière, Descars, Daydie, d'Estaing, de Caumont, de la Roche-Aymon, de Gourdon, de Cardaillae, de Montausier, de Crussol, de Thémines,d’Aubusson, d'Humières, de Ruffec, de Lanta, d’Esparbès, d’Ebrard-Saint-Sulpice, de Montberon, de Montmorency-Laval.
En rappeiant les titres qui honorèrent les ancêtres de l’archevêque de Cambrai, nous savons parfaitement qu'ils ne peuvent rien ajouter à sa gloire personnelle, Mais nous obéissons au sentiment qui a porté les écrivains de tous les pays, ceux même de la Grèce et de Rome dans les temps de la république, à s'arrêter avec une cspèce de complaisaner sur l’origine et la naissance des personnages
célèbres de leur histoire. Cet usage n'est point
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un préjugé, comme on pourrait affecter de le
croire ; mais :l tient à un sentiment raisonnable, qui porte à avertir les descendants d’un homme illustre ou vertueux, qu'ils ont contracté envers la patrie et envers eux-mêmes des obligations encore plus sacrées.