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représentant le passé lui firent-ils voir la méme résistance, le même esprit d'obstination.
punis dans un juste châtiment ? Il y a longtemps que le grand Fénelon a été jugé. Mais il est certain, qu'il y avait entre les deux frères plus d’un trait de ressemblance, Tous deux poussaient le dévouement religieux jusqu'à l’abnégation d'eux-mêmes ; tous deux avaient beaucoup de fermeté de caractère et l'amour de la justice, mais l’un apportait en tout la franchise d’un ancien mihtaire, l’autre tempérait tout par une grande douceur : le premier semblait chercher la lutte, le second l'acceptait et y mettait toute la puissance de son génie, : Si leur disgrâce fut commune, quoiqu'’elle ne fut pas également éclatante, on peut dire, en changeant le mot de d’Aguesseau, que chez tous deux l'esprit fut complice du cœur.
Je crois avoir rempli la promesse faite au commencement de ce travail, et avoir mis le lecteur en état de se prononcersur des événements qui mirent aux prises deux anciens amis. Quoique nous vivions dans une société si éloigné, par son esprit et sa législation de la société du 17e siècle, nous n’en sommes pas moins obligé, pour être justes, d'en apprécier 28 hommes et les choses d’après les idées de
‘époque qui les a produits. Quand il s'agit d'hommes comme MM. de Frontenac et de Fé-
nelon, il est toujours facile de reconnaître mê-
me au milieu de certains défauts,la noblesse du caractère et la droiture des intentions. Ces deux hommes étaient faits pour s’estimer et
ils durent réellement regretter leur malheureuse querelle.
Ici s'arrête ma tâche. Je me suis efforcé
d'être exact avant tout; mais Je regrette vivement que des circonstances imprévues m’aent obligé de livrer ces articles lambeau par lambeau, et en même temps qu'elles ne m'aient pas permis d'être plus court.
J'ai dit dès le début que le commandeur Viger avait tranché depuis longtemps, pour nous, la question de l'identité des deux Fénelon ; muis je dois à sa mémoire de dire qu'il avait songé à traiter cette question assez longuenent : d’autres travaux sans doute l'en ont détourné : ce qui est d'autant plus facheux qu'il y aurait certainement appurté la surabondance de preuves et l'exactitude scrupuleuse que tout le monde lui connaissait. Voici à quelle occasion il avait formé ce projet. Un membre de la société historique de New-York, avait lu (1), sous le titre Fénelon chez les [ro-
(1) Sdécembre 1848. Ce mémoire fut publié dans le Litterary World du 23 déc. 1848.
quois, un mémoire où il concluait à l’identité probable du missionnaire avec l'archevêque, et cela toujours en s'appuyant de l'autorité du cardinal Bausset. D’autres membres (1) voulurent changer la probabilité en certitude. Le Pilot de Montréal (2) avait même attiré l'attention de ses lecteurs sur ces recherches. On reclama aussitôt dans ce journal contre des assertions qui n'étaient propres qu'à propager une grave erreur historique. ‘‘ Cette question intéressante, disait-on, est maiïntenant étudiée à fond par celui qui a si justement été appelé le Bénédictin du Canada. Le résultat de ses recherches sera bientôt publié.”
Je suis heureux de m'être acquitté pour lui de cette promesse solennelle,
(1) Entre autres M. Bartlett, secrétaire correspondant, dans la réunion du 2 janvier 1840.
(2) No du 15 janvier 1849.