LE PASSÉ ET L'AVENIR
Diverses causes y ont mis obstacle. Il est bon de les signaler pour qu'on ne s'imagine pas qu'au cas d'une irruption des États-Unis dans l'Amérique du Sud, le Brésil serait en mesure et en position de contrebalancer cette domination.
Le Brésil, dès le moment de son affranchissement, s'est trouvé en possession d'un territoire immense, hors de proportion avec le chiffre de la population , avec le degré de civilisation, avec l'importance commerciale et maritime du pays. Disséminer ses forces sur un espace aussi considérable, eût été impolitique de la part d'un gouvernement fraîchement investi de son autorité et de son droit d'action. Le gouvernement brésilien s'occupa, au contraire, de se concentrer, et reporta toute son activité sur la partie de son territoire qui lui offrait immédiatement le plus de chances de développement et de prospérité.
L'avantage que les Étals-Unis ont eu sur le Brésil, fut (ju'ilsse constituèrent sur un territoire resserré, et relativement très-peuplé. De plus, l'action gouvernementale n'avait pas besoin, par la nature même de ses institutions communales, éminemment développées dans les colonies anglaises, de se faire sentir sur toute l'étendue du sol. Autant donc les Etat-Unis étaient portés à s'éparpiller, — ils avaient même intérêt à le faire, — autant le Brésil était tenu à se concentrer, en quelque sorte, sur un point. Là, en effet, était sa force à venir; et naturellement ce fut sur cette partie de son sol comprise entre le cap Saint-Boch et Rio-Janeiro, et surtout sur la côte, que l'émigration se porta, que la population s'accrut, que le commerce se développa ; parce
que là s'était réfugiée toute l'action. Le reste fut, sinon complètement abandonné, du moins négligé.
Cette grande étendue de territoire échu en partage au Brésil n'avait pas manqué de susciter autour de cet empire des craintes et des jalousies, tant on redoutait la prépondérance qu'elle lui donnerait. En sorte que le Brésil se trouva longtemps aux prises avec la diplomatie européenne, qui le harcelait et l'inquiétait. .
La politique anglaise fut la première à se mettre en avant. L'Angleterre ne redoutait rien des empiétements du Brésil au-delà des régions de l'Amazone, tant de ce côté l'étendue du territoire est vaste et même embarrassante, en courant de l'est à l'ouest, de l'extrémité du cap Saint- Koch à la rivière Javary, sur les confins de l'Equateur et du Pérou. Mais le Brésil porta plus tard sérieusement ombrage à l'Angleterre par rapport au Paraguay, à l'Uruguay et à Buénos-Ayres.
Sur ce point, l'empire brésilien se rétrécit considérablement et paraît gêné par les pays voisins, dont ne le sépare aucune limite naturelle. Et enfin là se fait sentir cette active influence dont Rio-Janeiro est le centre.
On comprend, alors, comment la force du Brésil est nulle, par le fait, dans le nord, et pourquoi elle s'exerce
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tout enlière dans le sud. En sorle que le Brésil ne serait d'aucun secours efficace pour protéger matériellement , contre un envahissement des Etats-Unis, ni Venezuela, ni la Nouvelle -Grenade, ni l'Equateur, ni le Pérou. Et les Américains de l'Union seraient déjà les maîtres de ces pays, et menaceraient les frontières nord et ouest du Brésil lui-même, avant que les vaisseaux de ce dernier eussent doublé le cap Horn pour entrer dans le Pacifique, ou que ses armées eussent traversé l'immense territoire qui le sépare de ces États.
Ceux-ci n'ont donc rien à attendre du Brésil. Voilà pourquoi leur salut est, à mon sens, d'abord dans l'organisation des cinq républiques de l'Amérique centrale en une puissance formant avant-garde pour eux, puis dans leur propre énergie et dans leurs propres ressources.
Mais ce à quoi il faut prendre garde, c'est que si le Brésil est impuissant au nord, il est redoutable au sud.
A cet égard, le dernier mot de sa politique n'est pas encore dit. Que viennent à se réaliser des événements que surveille son ambition, et cette prépondérance qu'il n'exerce pas aujourd'hui d'une manière absolue sur les affaires do l'Amérique, il l'acquerra avec non moins d'autorité que les États-Unis.
C'est ainsi que le Brésil a joué dans les troubles intérieurs de la République Argentine et dans la lutte entre Buénos-Ayres et Montevideo, un rôle important, habilement préparé de longue main.
Quel est donc le but que poursuit le Brésil?
Il est facile à entrevoir.
La République orientale de l'Uruguay est un des théâtres où se sont le plus souvent produites les passions politiques qui annihilent la sève native d'un pays; et par sa position avantageuse le port de Montevideo est, depuis longtemps, l'objet d'ardentes convoitises.
Sous le prétexte très-avouable de protéger l'Uruguay contre Buénos-Ayres et de le pacifier, le Brésil a posé le pied sur le sol de l'Uruguay, et a mis la main dans ses affaires intérieures. Or, il est certain que l'Uruguay, en en appelant au Brésil, a contracté une dette envers cet empire, qui, tôt ou tard, la lui fera payer. L'Uruguay est à enregistrer de nouveau sur le livre des conquêtes du Brésil.
Il en est de même du Paraguay et de tous les territoires enclavés actuellement entre les limites de l'empire et la rive gauche du Farana et du Paraguay, qui, à sa jonction avec le premier, forme comme une ligne droite qui semble une frontière naturelle.
Le Brésil, nous ne le mettons pas en doute, éprouvera des difficultés diplomatiques à réaliser ce vœu de son ambition, car il n'a pas encore l'audace des États-Unis ; mais il ferait bon marché, au besoin, d'une partie de son territoire nord, pour s'assurer la conquête de ces pays du sud dont la
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possession ajouterait vérilablement à son importance maritime et commerciale.
Atout prendre, sera-ce un mal?
Montevideo est un rival gênant pour le porl de Buénos- Ayres, et la République Argentine regardera toujours l'Uruguay d'un œil d'envie. Ce dernier est malheureusement arrivé à tout son développement; il lui est impossible de s'étendre, à moins d'envahir le territoire de Buénos-Ayres. Entre les deux républiques exclusivement, le sort d'une lutte ne sérail pas long à se décider. Eh bienl non-seulement l'Uruguay n'est pas en position d'attaquer; mais pour se défendre, il est obligé d'avoir recours au Brésil. Le Brésil, je le répèle, tirera un bon prix de ses services.
Voilà, en effet, deux pays riches de sol et bien dotés par la nature, mais qui seront toujours bouleversés par les discordes civiles et par des guerres de rivalité, tant que l'un des deux sera livré à sa propre faiblesse.
Mais n'est-il pas à craindre que le Brésil, maître de l'Uruguay, du Paraguay et de toute la rive gauche du Parana, ne songe à passer le fleuve, et ne se trouve si près de la Plata qu'il ne médite de la traverser aussi?
Là est le danger, car c'est ce point de l'Amérique du Sud que couve toute l'ambition du Brésil. Il ne s'inquiétera pas, quant à présent, de la Bolivie, par exemple ; mais il convoitera Buénos-Ayres.
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Si les républiques du nord et du nord-ouest de rAniérique méridionale ont à se défier des États-Unis, celles du sud et du sud-ouest ont à se tenir en garde contre le Brésil impuissant à défendre les premiers, mais très-capable d'agir contre les seconds.
La République Argentine est, en partie, séparée de l'Atlantique par le Brésil, et du Pacifique par le Chili ; ses ports et ses villes importantes sont sur les grands fleuves :
Buénos-Ayres sur la Plata, qui le met en communication avec l'Atlantique ;
Santa-Fé sur le Parana.
On comprend qu'établi sur les rives gauches de ces fleuves, le Brésil en sera toujours le dominateur, et qu'il pèsera sur Buénos-Ayres, — déjà trop affaibli par des luîtes intestines, — de toute la supériorité que donnent à une nation maritime des communications directes avec les mers, — ces grandes routes du monde entier.
Mais tous les Etats américains, aussi bien que les puissances européennes, sont intéressés à ne point laisser le Brésil, non plus que les États-Unis, franchir cerlniiies limites.
Pour les uns c'est une question d'existence, pour les autres une question de pondération politique; pour Ions
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uiio queslion de débouchés commerciaux, de dioils de navigation, de relations internationales.
Autant donc il serait à souliaiter, à un point de vue général, que les petites républiques de l'Amérique centrale se groupassent dans une forte union pour arrêter l'invasion des idées et les conquêtes effectives des Américains du Nord, autant il serait désirable que, de leur côté, les républiques actuelles de l'Amérique méridionale comprissent bien qu'elles sont les unes menacées par les États- Unis, les autres par le Brésil.
Ces pays, sur le bon sens desquels il faut compter un peu, devront se persuader tôt ou tard, et mieux vaut que ce soit tôt, et le plus tôt possible, que c'est par une organisation définitive de leurs gouvernements, — par la stabilité de leurs institutions, — par le calme politique et par la haine des révolutions, — qu'ils parviendront à rétablir leurs forces, — à développer l'agriculture, — à étendre le commerce, — à encourager le travail, — toutes choses, et les seules, par lesquelles grandissent les États. Et, ce qui est particulier aux contrées du Nouveau-Monde, ces conditions essentielles de prospérité ne sont dues qu'à l'introduction plus ou moins considérable d'immigrants, laborieux chercheurs de fortune. Tant que ces pays présenteront, au contraire, le triste spectacle de déchirements intérieurs, d'instabilité dans les institutions politiques, nonseulement ils resteront stationnaires, — mais ils rétrograderont, — et tourneront le dos à la civilisation.
De même que la paix des Étals appelle le travail, l'agitation séduit les agitateurs. Aussi, au lieu d'émigranls labo-
rieux, ce seront les fauteurs de révolutions que suppure la vieille Europe, qui iront camper dans les villes et dans les champs de l'Amérique. Or, plus le nombre en grossira, plus il sera difficile aux contrées qu'ils auront envahies — et qui en comptent déjà trop, — de retrouver, aux lueurs tardives de la paix, le chemin du progrès et de la réhabilitation sociale.
Le moyen donc, pour ces nations de l'Amérique méridionale, si riches d'avenir, d'échapper à cette extrémité de décadence qui les menace, si elles continuent à se laisser déchirer par les révolutions, est d'abord de rompre avec les révolutions, et de perpétuer cette ère de calme et de paix que quelques-unes ont conquise récemment, et dont elles doivent ressentir déjà les grands bienfaits.
Elles ont sous les yeux l'exemple de deux peuples qui n'ont grandi que parla :
Les États-Unis dans le nord.
Le Brésil dans le sud.
Elles doivent également renoncer à ce système fatal d'hostilité des unes envers les autres. Elles ne deviendront fortes et puissantes qu'à la condition de se respecter mutuellement, et en tâchant que les plus faibles et les moins bien partagées, — géographiquement parlant, — s'unissent
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aux plus favorisées. L'orgueil de la nationalité exclusive, poussé trop loin, devient un orgueil insensé, quand, au lieu d'aider un peuple et un pays à grandir, il les rapetisse l'un et l'autre.
Tout seconde cette union et cette unité : les mêmes mœurs, la même religion, la même langue, la même origine, les mêmes traditions.
Tous ces peuples sont enfants du même sol.
L'amour de l'indépendance les a séparés.
Mais il ne faudrait pas non plus qu'un autre orgueil les égarât, — l'orgueil de la trop grande puissance dans leur union. — On peut encore leur poser comme exemple les deux pays que j'ai cités déjà : — les États-Unis et le Brésil.
Les Etats-Unis sont arrivés au rang de nation indépendante, avec un territoire limité; ce qui leur a permis d'abord de réprimer plus facilement et plus promptement les troubles qui ont agité les extrémités du sol, et le cœur même du pays. Et c'est quand ils ont été définitivement constitués qu'ils ont songé à s'étendre, en apportant sur chaque coin de terre nouveau qu'ils ajoutaient à leurs conquêtes, celte semence de force et de prospérité qui a tant fructifié.
Le Brésil, au contraire, comme je l'ai expliqué déjà, a débuté, pour ainsi dire, avec une étendue de territoire disproportionnée. Il a dû chercher un point d'appui sur luimême pour établir l'équilibre qui lui manquait. Il s'est concentré sur une portion minime de son propre sol, s'en rapportant, pour le reste, à l'avenir et aux bonnes chances.
Les Etals de l'Amérique, déjà si affaiblis, ne devraient
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songer, en s'iinissant, qu'à se fondre dans des conditions qui donneraient, — aux uns la population qui leur manque, — aux autres des comn^unica tiens avec les mers, — à ceuxci un degré plus avancé de civilisation , — à ceux-là plus de respect pour l'autorité.
En jetant les yeux sur la carte, nous nous demandons si par exemple l'union en un seul et même Etal de Venezuela et de la Nouvelle-Grenade, ne serait par logique?
Si l'Equateur, le Pérou et la Bolivie réunis ne formeraient pas une puissance complète, la Bolivie, — privée de tout port sur la mer, et tributaire du Pérou ?
Si le Chili et Buenos- Ayres , en se fondant, ne doubleraient pas leur importance, — le premier en donnant ses ports du Pacifique, le second ses beaux cours d'eau qui mènent droit à l'Atlantique?
Et si enfin par leurs extrémités, qui louchent à la Patagonie, ils n'introduiraient pas un peu la vie et la civilisation dans ce dernier pays, que j'oserai appeler le bas morceau du globe?
Quelques-uns de ces Etats que je viens de citer s'épuisent isolément par toutes les causes que j'ai énumérées tant de fois dans ce chapitre. Qu'ils se relèvent donc par tous les moyens que l'intelligence de leurs habitants, la fertilité de
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leur sol, leur admirable situation géographique mettent à leur portée I
Ces pays sont-ils bien faits pour rester en république et pour prospérer sous une telle forme de gouvernement? Question délicate, je le sais, et qui, si je la posais d'une manière absolue, soulèverait peut-être l'idée, de ma part, d'un retour à l'ancienne domination espagnole.
Loin de moi une pareille pensée !
L'indépendance de ces peuples est acquise et bien acquise. — Ils sont aujourd'hui les maîtres de leur destinée, et personne ne pourrait songer au rétablissement, à leur égard, — ni du système colonial, — ni du système bâtard des vice-royautés.
Quand ils auront ramené l'unité dans leur sein, — quand ils auront reconnu et constaté l'impuissance d'une forme sociale antipathique à leurs antécédents, — à leurs mœurs actuelles, — à leurs traditions, — sans aucun doute ils examineront si la vérité n'est pas pour eux dans rétablissement de la FORME MONARCHIQUE, qui consolidera leur existence.
C'est un avenir nouveau dont les Etats de l'Amérique méridionale ont le secret entre les mains. — Leur intérêt doit les guider, et trente ou quarante ans d'épreuves ont dû suffisamment les éclairer sur ce point.
38 LES DEUX AMÉUIQUES.
XXÏ.
Rn m'atlachant, corn mo on l'a vu, à séparer enliôrement les intérêts politiques de l'Amérique du Sud de ceux des Etals-Unis du Nord, je ne suis nullement inspiré par l'arrière-pensée de provoquer aucune intervention, aucune influence étrangère dans la conduite des affaires de ces pays. J'ai pour principe qu'on doit laisser chaque peuple maître absolu de son sort, et libre de s'arrangera sa guise; en tant que l'harmonie politique du monde n'en sera pas troublée, et que la place de personne ne sera menacée.
Mais ce principe n'exclut pas le droit d'examiner si, dans la sphère môme des idées essentiellement commerciales, telles ou telles institutions conviennent bien réellement à tous les peuples; et si, en portant pour les uns la civilisation à un haut degré do puissance, elles ne l'ont pas retardée considérablement chez les autres.
Dans cet examen, la politique des Américains du Nord joue un grand rôle.
Mais je ne voudrais pas qu'on se méprît sur ma pensée.
Si, quand je parle du peuple américain, un sentiment doit me dominer, c'est celui de la gratitude d'abord, et, en quelques points, de l'admiration. J'ai vécu aux Etats- Unis, j'ai beaucoup écrit sur ce pays. Il n'est pas une
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ligne que je ine repente d'avoir écrite, et qui ne soit l'expression sincère de la profonde impression qu'ont produite sur moi ce pays, ce peuple, et ces institutions, — difficiles et même impossibles partout ailleurs, mais parfaitement adaptées aux populations de l'Union.
Je pousserai l'hypothèse jusqu'à admettre que les Américains du Nord puissent convertir avec fruit à la pratique sage de leurs idées tous les peuples et tous les pays sur lesquels ils exerceront une influence directe. Je demanderai alors si dans l'intérêt d'un principe il convient à la politique du monde entier de laisser grandir démesurément, au profit de ce principe, une nation déjà si puissante, et de lui livrer la domination exclusive d'une moitié du globe?
N'est-ce pas au détriment de l'autre moitié que s'exercerait celte omnipotence?
Quand donc je dis que le salut des autres Etats de l'Amérique est en dehors de la forme gouvernementale qu'ils ont empruntée aux Américains du Nord, je ne nie pas que ceux-ci puissent leur en inculquer la pratique raisonnable ; mais je soutiens que c'est précisément là ce qu'il faut craindre dans l'intérêt de la pondération des forces politiques et de l'influence individuellede toutes les puissances du monde.
Donc, du moment où ces peuples ne peuvent, en persistant dans l'application fatale pour eux d'une forme gouvernementale qui ne les empêchera de déchoir, qu'en appelant les Américains du Nord à leur secours, je souliens que l'inlérêl des nations continentales est de sou-
hailer qu'ils cherchent leur salut dans un autre principe.
Ces pays de l'Amérique sont la plus riche mine que la France puisse exploiter.
Ils nous offriront d'autant plus de ressources qu'ils seront plus fortement constitués, politiquement parlant; et ils ne nous en offriront encore qu'autant qu'ils jouiront de leur pleine indépendance. Car annexés à l'Union du Nord, ils échappent nécessairement à l'influence des autres nations, leurs marchés se ferment à nos produits, — l'industrie des Etats-Unis s'en empare naturellement, — et la prépondérance politique de l'Union défie la coalition du vieux monde tout entier.
Les conséquences d'un pareil état de choses sont trop palpables pour qu'il soit bien utile d'y insister.