LES MEMES, JEANNE
JEANNE, entrant par la droite, (i) Eh bien ! d'où vient ce bruil? vous m'avez réveillée en sursaut.
MICHEL, vivement j avec regret.
Quoi! tu dormais?
BATISTE, avec intérêt.
Est-ce que vous étiez réellement malade ?
Oui, je dormais; et c'est d'autant plus maldem'avoir réveillée, que je faisais un léve charmant,
TOUS
Et lequel ?
JEANNE
Est-ce que je peux rêver à autre chose qu'à ces deux anges gardiens qui veillent, Tun sur vous, M. Batiste Paulre, sur toi, petit père ?
TOUS
Eh bien ?
JEANNE
Je connais le vôtre, M. Batiste.
BATISTE
Oh! nommez-le, M"« Jeanne.
JEANNE
C'est un bon et brave homme qui avait une femme que vous avez empêchée d'aMer mourir à l'hôpital, et qui par SCS beaux services, considéré comme il le mérite, usait de son influence auprès de ses supérieurs pour solliciter, M. Batiste, non pour lui, mais pour vous.
(1) Max, Batiste, Jeanne, Michel.
MICHEL, vivement»
Tu n'es qu'une petite bavarde. Qui t'a dit?..,
Ce n'est pas moi.
JEANNE
Non, pcre; mais j'étais 15.
BATISTE
Quoi ! c'est vous, père Michel, qui... Et j'allais... (Il jette sa casquette par terre.) et i^-dWàis te brouiller avec lui! Animal!
MICHEL, riant.
Et de trois fois aujourd'hui que ta casquette.,. Eh bien ! oui, là, c'était moi. T'en voilà bien plus avancé h présent.
BATISTE
Sans doute, car je saurai qui aimer, qui respecter...
MICHEL, SOMpîVaW^
Tu es bien heureux; moi, je voudrais savoir qui je dois bénir.
JEANNE, p7'enant la main de Batiste,
Un jeune et brave ouvrier que vous avez sauvé de la mauvaise route, et qui pour vous remercier vousvouait le fruit de ses économies, de ses veilles, car toatcequ*il avait à la caisse d'épargne y a passé. Un ouvrier qui se faisait remercier ce matin, parce qu'on lui refusait cent francs d'avance qu'il vt)ulait vous apporter.
BATISTE
Que c'est bête, M^'e Jeanne, d'aller d ire... (/?c^a7'(^a«^ Max.) Mais qui est-ce qui vous a dit?. .
MAX
Ce n'est pas moi, M. Batiste.