SCÈNE 11. t
m*avaîl battu parce que j'cîais rentré uu peu vent dessus vent dedans... {Riant plus fort,) Ne vou!ai(»nt-ils pas me forctr à monter sur un âne, mu tête du côté de sa queue.
JEANNE
J'espère bien que tu t'y es opposé !
MICHEL
Pardié ! Je leur ai dit : Si ça vous amuse, je veux bien y monter, mais ne m'y forcez pas, car alors... non. Te dire combien je riais pendant cette promenade ! ils chantaient, ils criaient : Sa femme l'a battu... moi, je chantais avec eux : Ma femme m'a battu... Ah î c'était bien drôle, va.
D'abord, comment avais-tu pu souffrir que maman ?...
MICHEL
N'aurait-il pas fallu lui rendre ? Mais regarde donc, ces mains, ces bras j quoique vieux, c'est du fer... Je l'aurais blessée au moins, tandis que ses petites mains étaient si mignonnes... comme les tiennes, quoi. Tiens laisse-moi baiser tes petites mains, ma fille...
JEANNE
Du tout. Je veux te gronder. Tu ris de toutes leurs plaisanteries, et ils finiront par te battre, eux. MICHEL, riant.
Non, non. Ils n'y joueront pas. Ils savent bien que le père Michel est bon, maisqu'il nefaudraitpas que... Ah! ça, petite fille, les eaux sont basses, l'ouvrage ne va pas. Dam, tu conçois, sitôt que ça baisse, on me remercie le premier! On a raison. J'ai commencé lard, je ne suis pas bien habile... Allons, iie fais pas ta petite moue, et cette main invisible qui m'envoie de l'argent sitôt que j'en manque?... tu me diras: Oui, mais celte
fois-ci... Bah! ne t'inquiète pas, on viendra. Tiens, pour me distraire, je va^ aller voirfaire Texercice, et...
Il remonte.
JEANNE, (1
Tu vas rester ici... (A part.) J'ai promis à M. Max...
MICHEL
Non, Jeanne, vois-tu, permcts-Ie mol.,. [Avec bonté.) Je veux y aller.
JEANNE, feignant de pleurer.
Tu veux! Tu dis ; Je veux, à ta petite fille, à présent!
MICHEL
Mais non, Jeanne. Je dis : Je veux ; c'est comme si je disais : Ah ! il fait chaud, je voudrais bien boire un cinquième! Mais te faire de la peine... Oh! allons, je m'en vas... (Il remonte.)
JEANNE, boudant.
C'est ça, partez, et votre fille qui avait h sortir, sera obligée de garder la maison. Elle pleurera, et...
MICHEL
Et ça fera déteindre ces jolis yeux-là. Eh bien! non, méchant enfant gâté ; sors, je resterai. JEANNE, l'embrassant.
Que tu es bon !