ACTE III, SCENE m
DUMONT
Quelle urbanité ! comme il plie sous son bonheur !
HAUTINVAL.
Quelles persécutions, bon Dieu ! me laissera-t-on respirer ? Dites-moi par où j'ai mérité ce débordement d'éloges et de faveurs qui de toutes parts fondent sur moi ?
DUMONT
Quand il n'y aurait que cet écrit sur \ Ambition , que l'on vous attribue....
HAUT IN VAL, souriant modestement.
Qu'est-ce que c'est que cet écrit "?
DUMO NT.
Vous le savez fort bien.
HAUT IN VAL, de même. ^
Sur l'ambition , dites-vous ?
DU MONT
Oui , monsieur, le sujet a dû vous inspirer.
HAUTIN VAL.
Monsieur , je ne sais ce que vous voulez dire.
DUMONT , à part.
J'enrage! à son air satisfait, on croirait le contraire.
HAUT INVAL.
Un écrit politique ! à moi n'appartient tant de gloire.
DUMONT
Et pourquoi, s'il n'est pas de vous, lorsqu'on en faisait tantôt l'éloge , devant vous , vous a-t-on vu rougir ?... Eh ! tenez, encore ! ( à part. ) C'est être diablement modeste !
HAU TINVAL.
Je vous répète que je n'en suis pas l'auteur.
sa LES DEUX CANDIDATS,
DU MO NT
Il faut donc que ce soit mon neveu, car il rougit aussi.
m"** d'alban.
Monsieur ! serait-il vrai ?
Oui, madame.
HAUTINVAL, à part.
Comment , morbleu !
DUMONT, à son neveu.
Et pourquoi n'avouerais-tu pas un livre qui te fait le plus grand honneur, et qui vient d'être envoyé gratis à plusieurs de nos amis ?
DERCY.
Est-il possible, mon oncle ! serait-ce vous ?...
Non , j'en donne ma parole. J'ignore même quelle est l'honnête personne à qui ton libraire et toi vous avez cette obligation ; mais, je l'avoue, en songeant à l'effet que produit ton ouvrage, aux vérités utiles qu'il lenferme, je ne puis m'empêcher de regretter qu'il ne soit pas répandu : oui , je suis certain que , plus connu, cet écrit assurait ta nomination.
D E R C Y , regardant M"" d'AlLan.
Et moi, je sens le tort que peut me faire dans un esprit droit, ami de la franchise, non l'ouvrage en luimême, mais cette affectation à le répandre dans un pareil moment. Faut-il qu'on puisse me soupçonner de cette démarche , quand je n'ai aucun moyen de prouver que j'y suis étranger !
\CTE m, SCENE IV. 59