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SEPTIÈME PÉRIODE

LE BETOim 1 U FDI PENDAIIT L'EMTIES U.TCI.

I» Apollonius de Tkyane (—3+96). le contemporun et, sa £re de quelques philosophes, te glorieux rival de Jésus-Christ, fut le grand promoteur de la révolution morale qui s'opéra dam k monde païen vers les temps de Néron et de Vespaeien. Il dooiia le Ion àla reliffion et à la philosophie des quatre derniers ûMes du polythéisme. Il vivait ^ns un âge où, par l'indomptable puissance de l'instinct d'unité, l'esprit humain revenait de lui-uidaie au vrai Dieu^ qui gouverne avec justice et bonté l'humiiùté. Mais, comme [râur constater authentiquement l'infirmité de li raison, la matière conserva son éternité en vertu de l'axiome qae de rien rien ne peut naître. Cependant, pour concilier ce monothéisme avec la multitude des vieilles divinités, on les fit avec PUlon les vassales du Dieu suprême, pla(«nt ainsi entre celui-a et l'homme une foule innombrable de génies, da démons médiateun. Cette démonologie, contre laquelle saint Augustin polémise trèslonguement dans sa Cité de Dieu, semble formée de deus éléments distincts : Hésiode avait fourni les &mes glorifiées d£s hommes des deux premiers âges, et l'Onent les anges. Avec c« génies, qu'Apulée disait avoir les passions àes hommes, et a'élre ni sages comme les philosophes, ni heureux comme les dieuxl^JT on expliquait les fables immorales de l'orthodoxie, en Iciur attribuant tous les délits des dieux d'Homère. En méma temps, oo répudiait non-seulement le matérialisme d'Epicure et le puthéisme de Zenon avec » morale indépendante, mais le déisaK même d'Aristote. Platon redevint en grande faveur, et l'on tes- . suscita, en le transformant, le pythagorisme qui, par ses symboles, ses secrets et son mysticisme, répondait i l'esprit d'an siècle avide de l'inconnu. Apollonius de Tbyane, qui perunnifie ce siècle, voulut en être le Pytbagore et prétéodit eu réformer b

nligion et le culte. Dans son ardeur à découTiir des vérités Dounlles, il se fit Initier aux mystères de l'antique Orphée et h ceux d'Escnlape. A cette époque, en effet, Esculape, le grand médecio de lliujn&nilé malade, voyait les foules se précipiter dans ses temples et vers ses autels. L'humanité appelait donc de ses vœux le Tni Sauveur qui déjà avait fait son œuvre de rédemption eo Jodée. Cependant, l'oracle de Delphes, longtemps abandomié, étiii de nouveau assiégé par des foules de dévots avides de révélitioDS divines, et déjà s'introduisait à Rome le culte de Mitbras,

Îii devait, par ses sacri^ces sanglants, apaiser cet antique besoin expiation que Platon n'avait pu comprendre.

A cette même date, l'humanité était pour la première fois ea Europe agitée par le désir confus d'entrer en relation immédiate irec Dieu. Tandis qu'à l'insu du monde puen Dieu répondait i Klte aspiration en épanchant de son Esprit à Jénualem, le jour de la PentecAle, sur les premiers chrétiens, les nations païennes, dus leur ignorance des desseins miséricordieux de l'Etemel, eurent recours à la ma^e et à la théurgie. Le monde grec, qui mit déjà emprunté à l'Orient les mystères de Mithras et la doctrine des génies, reçut en outre de lui l'art des évocations avec de nombreuses pratiques divinatoires. Apollonius sanctionna de fïulorité de son nom cette coupable tentative de briser les barlières imposées de Dieu à l'homme et de forcer l'entrée du monde inri^ble. Après lui le néoplatonisme en vint à se persuader qu« b théurgie était la seule voie qui conduise à la vérité. On ne sait fïilleurs quel changement se fit alors dans l'&me de l'homme on dans le monde des esprits; mais les apparitions des dieiu se multiplient d'une manière surprenante à dater du deuxième siècle, comme on peut le voir dans les biographies des topkittet (par Philostrate) et celle d'Aristide, de Sniyme {né I29J. Toutefois, cee iberrations de l'imagination, du cœur et de la raison n'exercèrent point une influence funeste sur la morale des philosophes de ce dernier fige, ainsi que le prouve entre autres Plutarque.

2» Plutarque (30-120) fut un historien de premier rang dans un temps où l'histoire était à ce point dégénérée qu'elle ne se distinguât plus du panégyrique qui ment pour flatter, et du romwi qui invente pour plaire (1). Biographe et pieux moraliste, il est on Xénophon H, comme Polybe était un second Thucydide et, u n l'on veut, Ephore un Hérodote second.

Hl LMdm, Da ta vrait ««u» d'Art» ruiruln.

Plutarque est de tous les moralistes grecs celui qui a du oxut humain la connaissance la plus complète, parce qu'il est le seul qui ait goûté les paisibles joies de la rie domestique. La Grèce de son temps n'est plus celle de Périclès ni celle de Héoandre: l'adora est déserte, le règne de la courtisane a passé et l'épouse n'est plus reléguée dans le gynécée comme un être d'une race inférieure. L'homme semble s'être lassé de ces folles amours qui marquent les siècles de déclin et de luxe, et comme sous le joug de Rome, dans la cité asservie, le patriotisme aurait été un crime, les cœurs, se trouvant vides, se sont ouverts aux douces affections de père et d'époux. La femme est devenue l'amie de l'homme. La famille, que l'Etat républicain absorbait et écrasait, s'est émancipée, tout en maintenant dans son sein l'esclavage. Elle a conquis dans la société la place qui lui revenait de droit Elle est » prête à recevoir le nouvel esprit de vie (Ij » que répandra des cieux sur elle l'Evangile.

Modeste magistrat dans une petite ville de province, homme de bien et de foi, Plutarque fut dans ses écrits comme dans sa rie constamment occupé du bien de ses concitoyens. <t La morale fiit son génie, > et sa morale est moins celle de telle ou telle école philosophique que du sens commun. Elle est toute pratique; chacun peut s'y appliquer, et les moindres progrès trouvent en Plutarque un regard d'encouragement. L'esprit de Socrate vit ea lui. n n'est point un professeur de morale, promenant de ville en ville de beaux morceaux d'éloquence. L'amour des &œes fait de lui un conseiller plein de sollicitude, un vrai directeur des consciences. Aussi sa vie lui semblait « comme un livre bien écrit où l'on trouve à peine une rature (3). v Quelques jours avant sa mort, il rêva qu'il montait au ciel, conduit par Mercure (3). L'immortalité de l'&me était pour lui plus qu'un dogme, c'était une source abondante de consolations.

Ses croyances religieuses ne forment pas un système lié. Elles n'en sont pas pour cela moins intimes et moins ^ncères. De tous les philosophes grecs il est celui qui a le mieux distingué le Dieu caché, et le Dieu qui s'est fait connaître par la formation du taoaàe. Non-seulement son Dieu gouverne le monde par sa providence; mais, comme celui de Socrate et de Sophocle, il se révèle aia hommes par des signes, par des songes, par des oracles^ tout pv j

(I) Srted. ri* ta JfMVl* 4« HM»^at, UM, p. <«. tu Uttn 4 Tlmti4m.: - m trimM. p. i.

tÙDliërement par celui de Delphes dont Plutarque était l'un déi prêtres. Sa pïélé était douce, confiante, aimable. 11 aimait les antiques fêtes de son peuple, parce qu'il était certain qu'elles étaient agréables à la Kvinité toujours prête à exaucer les prières de ses adorateurs. Elle communiquait avec les hommes par ces génies médiateurs qu'avait imaginés l'humanité au moment où le seul nai Médiateur réconciliait sur la croix le monde avec Dieu.

Plutarque est un homme du passé et non de l'avenir. 11 admira l'ire républicaine de sa nation, mais sans se permettre d'en rêver le retour. 11 n'attend pas davantage, comme le faisait Zenon, un monde nouveau où les Barbares seraient les frères des Hellènes. Les étrangers trouvent en lui peu de sympathie. Les Romains eux-mêmes, à l'en croire, devraient leurs succès, non comme Alexandre, à leurs talents, mais à la Fortune. Les Juifs excitent son sourire, et l'Eglise chrétienne, quil voyait pourtant se propager autour de lui, a si peu éveillé son attention qu'il n'y fait pas la moindre allusion.

Nous ne pouvons donc nous attendre à trouver dans ses innombrables traités d'abondants matériaux pour l'histoire de l'humadté. Ces opuscules traitent la plupart des questions de morale ; d'autres, de philosophie et de physique, et quelques-uns contienneat de précieux renseignements sur Delphes et les oracles, sur la Grèce et Rome, sur l'Egypte. Un se\û intéresse directement l'historiosophie; c'est celui des Délai» de la justice divine, qui faisait l'admiration de Joseph de Maistre, et qui est, avec le Premier AUibiade, le plus biblique des écrits de l'antiquité cla»- «que.

Dans cet écrit, Plutarque cherche, non, avec Job, pourquoi les bons sont parfois malheureux et la vertu n'est pas toujours récompensée, mais pourquoi le vice n'est pas toujours puni. Voici les réponses qu'il fait à celte question, tout en se défendant de pénétrer trop curieusement les secrets conseils de la Providence : q) Keu punit lentement, d'abord, pour nous apprendre à ne pas châtier dans l'efiervescence de la passion et, surtout, pour laisser aux coupables le temps de s'amender, b) Il ne faut d'ailleurs pas oublier que le coupable portant en lui-même les instruments de son supplice, le chftttment commence avec la faute, et que la mesure du temps est autre pour Dieu que pour l'homme, c) Enfin, Dieu, qui s'est servi de méchants comme de bourreaux pour exécuter les arrêts de sa justice, brise les bourreaux à leur tour. i\ S11 arrive que la Providence laisse mourir le coupable et pu-

jtii de aa$ foutes ses eafants, le proUèjoe devient plus dîfBùle, et l'on est tenté âe mettre en doute la bonté et U jU£tice de Dieu. JUais, quand il y a hérédité des maladies morales et physiques, comment n'y aurait-i) pas aussi hérédité des récompenses et des châtiments? e) Puis, les Ames des pères assistent du monde invisible avec une vive douleur aux souffrances de leur postérité, et ces souffrances sont pour les enfants eux-mêmes un salutaire avertissement. »

Le traité des Délais est suivi d'un dialogue iur tlnmorlaliU de rame qui le complète. Nous pourrions citer encore ici les écrits où Plutarque, comme Platon, combat les athées et les superstitieux (ces derniers avec plus de rudesse que les premiers), et oii il défend le Dieu vivant et sa providence contre les stoïciens et les épicuriens,

Plutarque est moraliste jusque dans ses Vies parallèles des Sommes illustres de la Grèce et de Rome, « J'écris des vies, non des histoires, • dit-il lui-même (1)... « C'est en vue d'autrui qui) m'advint d'écrire la biographie des hommes illustres, et voici que j'y ai pris goût pour moi-même. Leur histoire est comme un miroir oii je m'efforce de régler ma conduite, tant mal que bien, sur VimBge de leurs vertus. 11 me semble que j'entre en communian de vie avec chacun d'eux, quand, leur donnant tour h tour l'hos-

Ïiitaltté à mon foyer, je contemple la grandeur et la beauté de eur ftœe à travei-s leurs actions (3). o C'est ainsi que Plutarque fait de l'histoire une leçon de morale pour lui-même et pour autrui. Dans ses traités, il compte plus sur U puissance de l'exemple que sur celle des exhortations. Dans ses études historiques, il néglige les destinées des nations pour raconter celles des individus. Les talents des hommes illustres l'intéressent moins que leurs vertus et leurs vices ; les événements extérieurs de leur vie, que les ti'aits cachés de leur caractère; le jeu des partis dans le sénat ou sur la place publique, que le jeu des passions dans les âmes. Par ses écrits biographiques, par son honnêteté, par sa piété, par sa simplicité qui n'est point dépourvue de gritce, Plutarque est bien réellement le Xénophon des derniers siècles de la Grèce, et l'historiosophe doit apprendre de lui à reoonnallre dans les vies des hommes illustres la double action de la liberté humaine et de la divine justice.

30 Nous renvoyons au Livre de l'Eglise primitive le peu qu0

MusavoiMidire da méoplatenûme qm & Tét4^ eoitànlAUà «Mtienne et ne peut m comprendre saas Bon adTersaire.

Mais avtnt de quitter la Grèce palsaoe, rappekHU en (p)el([a«s moU ie» derniera hiitorieos.

4° Zei demieri kisioriem. — Le deuxième siècle de l'ère chré* tienne a produit Arrien et Appien, aies pliu so^e* et les plus védiques des historiens après Polybe, les plus grecs après Hérodote et Thucydide {!).»

Arrien, de Nicomédie, élève et ami d'Epictète et stoïcien trèsfervent, homme d'Etat et général distingué, excellent géographe, s'est proposé dans tous ses écrits Xénophon pour modèle. Son Bistoire d'Alexandre est une imitfttion b^heureuse de la Retraite des Dix-Mille.

Appien, d'Al£xandrid, juricconsulte «t intendant du tffairee domestiques des empereurs, a compoié en im iQle umple et limpide et arec de boniWB sourcea une Bittotrt, fort ertlmée, d« Rome, qui est en mâme temps une collection des chroniques de tous les peuples qu'avait soumis la ville de Mors. \a pensée de Dieu «tt presque eatièrement ^wente de œt ouvrage, et l'on y lAercbarail m vain de profondes vues philosophiques.

D'Ap)»en on descend « Dion Caseius. Petit^âis de Dion ChryiMtooM, il ffit sénateur, préteur et consul sous Commode et les Sévères. Il a traité comme Appien toute l'histoire de Rome, et l'a lait en rhéteur plutôt encore qu'en historien. E»prit médiocre et façonné au régime de l'empire, pauvre imitateur de Thucydide, grand faiseur de harftogue» et de portraits, juge indécis des bomraes et des choses, ami du merveilleuK; garant peu sOr pour les siècles paués, mais témoin précieux pour les événenwntt cooteiapiMaim(3).

Hérodien a raconté en témoin véridique et bien reweigiié la fie de» empereurs, de Commode à Goi-dieolII> C'est un narrateur et no peintre et non un historien politique; ua écrivain judicieux et honnête, dont le style est clair, simple, agréable- Une dit pts lin mot des chrétiens et de leurs persécutions.

Le dernier historien grec du monde romain, c'est Zotime (3). Polybe avut raconté «veo «Imiraticm la grandeur i

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Rofn« : Zonme décrit, U douleur dins l'Ime, la décadence rt h diuta imminente de cet empire qu'on avût cru étemel. « Prospère ausai longtemps qu'elle adora Jupiter Caintolio, Rome périt pour avoir abandonné son Dieu et adopté celui des chrétiens, i Le livre de Zozime est un réquisitoire contre la religion nouveUa; s^ot Augustin y réptmdra avec son ami Orose.

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